jeudi 31 décembre 2009

Randonnée au-dessus d’Ushuaïa

 Le temps n'est pas aussi beau qu'hier. Les nuages sont plus bas mais il ne pleut pas et il n'y a pas de vent. C'est toujours ça de pris. Yan, le marseillais, nous quitte pour aller à El Calafate en avion. Stéphane et Eloïse ont retrouvé Chris, le néo-zélandais de Villa O'higgins, hier soir au pub. Il nous avait dit qu'il serait surement à Ushuaïa pour le 31. Il veut aller comme nous au glacier de San Martial. C'est dans la montagne juste au-dessus d'Ushuaïa. Il faut marcher une bonne dizaine de kilomètres. Jens, l'allemand, se joint aussi à nous. Ça fait un bon petit groupe de marche. Nous passons par le supermarché pour acheter de quoi piqueniquer. Tout d’abord il faut grimper sur les hauteurs de la ville, puis prendre un sentier bien balisé qui traverse une jolie forêt. Nous suivons un télésiège qui emmène un paquet de gens sur un belvédère avec une vue magnifique sur la baie d’Ushuaïa. La vue par beau temps doit être splendide. Nous nous contenterons d'un panorama nuageux. Au loin, de l'autre coté du canal de Beagle, on aperçoit les montagnes de la partie chilienne de la terre de feu. Jens y est allé. Il parait qu'il y a de jolies balades à faire. Ce sera pour une autre fois. Nous piqueniquons derrière la cabane du télésiège puis grimpons le plus haut possible. Nous faisons quelques photos de groupe puis redescendons. Il pleuviote un peu. Nous prenons un café à la station du télésiège puis rentrons à Ushuaïa par le même sentier. Belle petite promenade. De retour à l'hôtel, l'autre couple de suisses nous prévient qu'on ne pourra pas aller au restaurant qu'avait réservé Stéphane car le prix est exorbitant. Il faudra trouver une autre solution pour ce soir. Finalement, on se rabat sur un restaurant chinois qui fait buffet libre. On se régale. On se fait la bise à minuit puis je laisse les helvètes au pub irlandais. La bière à cette heure-ci, c'est pas trop mon truc. Dehors, il pleut et on commence à voir les poivrots sur les trottoirs.

Ushuaïa

 Mes reflux gastriques m'ont empêché de dormir une bonne partie de la nuit. J'ai dû manger ou boire un truc qu'il ne fallait pas. Bref, je n’ai pas la grande pêche. Je vais tout de même faire un tour pour découvrir la ville. Il fait beau et la lumière australe est belle. Ushuaïa est entourée de petites montagnes. Elles ne font pas plus de 1 500 mètres de haut mais elles sont toutes enneigées. Elles nous protègent du vent. Et j'avoue qu’il ne me manque pas. Il y a de jolis bateaux échoués près du port. La rue centrale est commerçante. Pleins de belles boutiques pour les touristes. Eloïse et Stéphane vont visiter le musée et Yann va faire un tour de bateau sur le canal de Beagle. Moi, je vais faire une sieste histoire de récupérer de ma nuit calamiteuse. On se retrouve le soir dans un pub. Le plus réputé de la ville, parait-il. Mais je n'y reste pas très longtemps. C'est trop bruyant pour moi et puis je veux éviter trop de bière pour mon préserver mon bide. Je grignote du fromage et du salami à l’auberge avec des argentins très sympas. À la tombée de la nuit, je vais me promener sur les quais pour admirer le crépuscule. Il y a encore des lueurs de jour derrière les nuages de l'horizon. J'aurai eu la chance de voir le soleil de minuit. Un rêve réalisé...

mardi 29 décembre 2009

La terre de feu

 Punto Arenas est une ville particulière. C'est un port actif avec son lot de marins imbibés d'alcool et de prostituées attendant l'arrivée des bateaux. Il n'y a pas grand chose à visiter. Juste capter les choses comme elles viennent. Au début, je voulais rejoindre Ushuaïa en passant par Porvenir, un petit port situé à trois heures de bateau, en face de Punto Arenas. Cela m'évitait la longue route qui contourne la terre de feu que tout le monde prend en général. Mais l'office du tourisme m'a dit qu'il n'y avait plus de liaison de bus entre Porvenir et Ushuaïa. Il fallait trouver une voiture privée. Bref, compliqué et surement très cher mais surtout, je risquais de passer le réveillon bloqué dans un coin paumé. Donc, je me résous à prendre le bus comme tout le monde avec mes amis suisses. Douze heures de voyage. Le car part à 9 heures du matin. Il est rempli essentiellement de voyageurs étrangers de toutes les nationalités. La route asphaltée longe le canal de Magellan jusqu'à l'océan Atlantique. Les paysages de pampas sont beaux mais monotones. C'est plat ou légèrement vallonné. Des kilomètres de barbelés, des moutons, quelques vaches et chevaux, et des fermes complètement isolées. On aperçoit au loin de nombreux gros bateaux porte-containers qui passe le canal. Puis, il y a la traversée en bac du canal de Magellan pour rejoindre la terre de feu. Moment émouvant. On a vraiment l'impression d'arriver au bout du monde. Depuis le temps que j'en rêvais. De l'autre coté, mêmes genres de paysages. Le goudron s'arrête au bout de quelques kilomètres. Il faudra se contenter d'une bonne piste en gravillons jusqu'à la frontière argentine. Dans l’après-midi, le ciel devient tout noir. On prend un sacré grain. On ne voit plus grand-chose à travers les fenêtres du bus. Puis le soleil réapparait. Ici, le temps change très vite. Surement à cause du vent. Le passage des douanes se passe comme d'habitude. Lentement. Du coté argentin, on retrouve la route goudronnée. On roule donc plus vite. À Rio Grande, une petite ville au bord de l'océan, on change de bus. Personne ne sait pourquoi. Il est 18 heures et il nous reste encore 200 kilomètres à parcourir. On arrive au bout. Dans le bus, nous faisons la connaissance d'un autre couple suisse de Genève et d'un marseillais, Yann. Plus on s'approche d'Ushuaïa, plus il y a de montagnes et de forêts. Il y a un peu de neige sur les sommets. On passe un col puis redescendons sur Ushuaïa, la ville la plus australe du monde. Je suis surpris. Tout le monde me disait que c'était moche. En fait, c'est une ville plutôt agréable. Un peu du même genre que Bariloche, touristique et chicos. On se croirait dans une ville suisse. L'endroit idéal pour passer un réveillon. Nous trouvons un une auberge de jeunesse propre et accueillante en plein centre ville. J'y retrouve par hasard Jens, le sympathique voyageur allemand rencontré à La Serena. On se raconte nos périples. Il a été en Bolivie. Il ne connait toujours pas la suite de son voyage. Petit dîner en ville avec Eloïse, Stéphane et Yan puis coucher. Il est 23h30, il fait encore jour.

lundi 28 décembre 2009

Punto Arenas

 Finalement, nous avons décidé de ne pas retourner au parc pour randonner. Il y a trop de vent fort et froid qui rend la marche désagréable. Et puis le temps est incertain, comme d’habitude… Nous prenons donc un bus pour Punta Arenas, la dernière grande ville du sud au bord du détroit de Magellan. La route est bonne et goudronnée. Les montagnes disparaissent petit à petit et sont remplacées par d’immense plaines de pampas. Elles sont essentiellement peuplées par des moutons, des lamas et des nandus, une espèce d’autruche qu’on ne voit qu’en Amérique du sud. Punta Arenas est beaucoup plus grand que je ne l’imaginais. C’est là que les bateaux qui empruntent de détroit de Magellan font halte. On trouve une chambre chez un couple de petit vieux très gentils près du centre ville. Le petit pépé adore raconter des histoires. C’est un passionné d’écologie. Il connaît toute la faune et la flore de la région. La ville n’est pas très jolie mais je l’a trouve intéressante. Il y a une ambiance de ville portuaire que j’aime bien. Mais une journée suffit amplement. Je vais faire un tour dans la zone franche qui se trouve au nord de la ville. Ils ont pleins de produits hors taxe. Mais en fait, il n’y a pas grand-chose d’intéressant. J’achète une nouvelle carte mémoire pour mon appareil photo. Le soir, nous dînons au gîte. Eloïse nous a encore préparé un bon petit repas. Elle adore faire la cuisine. On en profite… La bouteille de vin a un trou au cul. Il paraît c’est comme ça qu’on sait si c’est du bon !

dimanche 27 décembre 2009

Torres del Paine

 Après un petit déjeuner copieux, un van vient nous chercher à notre hôtel. Le type de l’agence nous avait promis qu’on ne serait pas plus de neuf personnes, on est 14. Ca fait râler Eloïse. Nous commençons la journée par la visite d’une grotte où on aurait découvert les ossements d’un Comédon. Une espèce d’ours préhistorique. La grotte n’a rien d’extraordinaire mais elle fait partie de la visite organisée. Alors, on visite. Par contre, les paysages aux alentours sont magnifiques. Le ciel est plutôt dégagé aujourd’hui. Il y a bien quelques petits nuages mais ils n’empêchent pas le soleil de briller. Puis, après 100 kilomètres de piste, nous arrivons à l’entrée du parc. Le massif de Torres del Paine apparaît alors majestueux. Il faut reconnaître qu’il est impressionnant. Les photos parlent d’elles-mêmes. Il y a quelques nuages accrochés autour des cimes ce qui fait qu’on distingue mal les fameuses Torres (tours). Mais on les devine. Durant toute la journée, nous allons tourner autour de ce massif surprenant. Nous pique-niquons au bord d’un lac les bons sandwichs que nous a préparés Eloïse. Puis nous allons nous promener au bord d’un autre grand lac avec dans le fond un immense glacier. Nous n’aurons malheureusement pas le temps d’aller le voir de plus près. Certains icebergs qui se sont détachés du glacier flottent sur les berges. En fin de journée, les gros nuages gris apportent avec eux la pluie et nous devons rentrer. Et le vent, toujours ce vent… Nous avons passé une bonne journée finalement assez ensoleillée. Le soir, Stéphane nous propose d’aller dîner dans un bon restaurant qu’il a repéré. Vu les économies qu’on a fait sur l’hôtel, on peut se le permettre. On se régale. Puis on rentre à l’hôtel à la tombée du jour, il est 23 heures…

samedi 26 décembre 2009

Puerto Natales

 Pour visiter le Parque Torres del Paine, l'un des plus beaux parcs naturels sud-américain, il faut nécessairement passer par le Chili. Il y n’a pas d’accès direct depuis l'Argentine ou alors c'est compliqué sans 4x4. Nous prenons donc un bus pour Puerto Natales. Nous faisons nos adieux à nos charmants hôtes du gîte "Flores del Sur". Excellente adresse à recommander. Le ciel est bleu mais il y a toujours du vent froid. La route passe à travers la pampa désertique. Il ne pousse vraiment pas grand chose de ce coté-ci. Puis passages des douanes. Toujours aussi lents. Nous voici donc de retour au Chili. On aperçoit de loin Puerto Natales. Un gros bourg sans grand charme perdu au milieu de nul part. Il y a juste un petit port qui doit fonctionner quatre mois par an. La ville est truffée d'auberges de jeunesse et de magasins de sport car c'est le point de départ pour les treks dans le parc. A la sortie du bus, une vieille dame nous propose des chambres dans sa maison pour dormir. Ça ne convient pas trop à Stéphane et Eloïse qui trouvent ça trop crade. On se rabat sur une auberge de jeunesse moche, crade et bruyante. Mais pas cher. Elle sert aussi de club de foot. Il y a plus d’une centaine de coupes de foot dans les vitrines. Nous réservons pour demain dans une petite agence une excursion pour visiter le parc. Histoire d’avoir une vue d'ensemble. Si ça nous plait, on ira faire une randonnée seuls après-demain. Je vais me promener en ville et sur le petit port. Bof, pas grand chose à voir. De retour à l’hôtel, un groupe de jeunes chiliens débarque avec vacarme. Ils vont randonner plusieurs jours dans le parc. Les vacances scolaires ont commencées. A cause des journées très longues à cette période de l’année, nous n’avons plus beaucoup de notion d’heure. Il est plus de 23 heures lorsque nous allons dîner. Tous les magasins sont déjà fermés. Seule une petite pizzeria accepte de nous servir. A notre retour à l’hôtel, la troupe de jeunes dîne ensemble bruyamment. Ce soir, va falloir utiliser les boules Quiés.

Le Perito Moreno

 Il est 9 heures et quatre bus attendent les touristes à la gare routière pour se rendre au glacier du Perito Moreno, haut lieu du tourisme sud américain. La photo du glacier se trouve sur quasiment tous les guides d'Argentine. C'est presqu'autant visité qu'Iguazù. Le ciel est bleu sur El Calafate mais il y a des nuages sur la chaine des Andes, là où nous allons. Il faut faire 80 kilomètres de route de pampa pour se rendre sur les lieux. Pour ceux qui le souhaitent, ils peuvent prendre un bateau qui va naviguer à quelques mètres du glacier. Ça ne nous intéresse pas trop. Nous préférons aller sur les passerelles pour admirer ce fabuleux glacier. C'est une barre de glace de cinquante mètres de haut sur deux kilomètres de large. On ne distingue pas le fond du glacier car il se trouve dans les nuages. C'est grandiose. Régulièrement, on entend le craquement du glacier. Il avance. Parfois, d'énormes blocs se détachent et plongent dans le lac en provoquant d'énormes vagues. Quel spectacle inoubliable ! Le soleil est au rendez-vous. Quelle chance ! Il y a beaucoup de monde, mais ce n'est pas trop gênant. Il y a suffisamment de place pour ne pas s’agglutiner tous au même endroit. On se déplace sur des passerelles métalliques, apparemment assez récentes. Nous passons presque toute la journée à admirer cette merveille de la nature. Eloïse nous a préparé des sandwichs. Une spécialiste. Puis nous rentrons à El Calafate vers 16 heures des images spectaculaires pleins les yeux.

Réveillon de Noël à El Calafate

 Je me réveille à 9 heures avant les autres. Je sors pour trouver un bistrot ouvert. Il y a des rafales de vent. On a peine à rester debout. Il parait que c'est courant ici. Tous les magasins sont fermés. Seule une boulangerie est ouverte. Je retourne à l'hôtel en luttant contre le vent où on accepte de me servir un bon bol de café noir. Puis je vais retrouver mes amis dans le cabanon. Nous devons le libérer pour 11 heures. Ça tombe bien car notre bus pour El Calafate part à 13 heures. Plus de nouvelles de Danny. Nous faisons nos adieux à Chris qui veut rester ici 3 ou 4 jours pour faire de la randonnée. Peut-être nous reverrons nous à Ushuaïa ? Nous nous échangeons nos adresses email. Le bus part à l'heure. Les paysages changent complètement. C'est la pampa presque désertique. Jolis mais monotones. Au loin les chaines de montagnes enneigées des Andes. Formes sculptées spectaculaires. Nous arrivons à El Calafate au bout de trois heures de bonne route goudronnée. Ce village ressemble beaucoup à El Chaltén en un peu plus grand et plus touristique. Un petit Bariloche. Nous trouvons facilement une chambre non loin de la gare routière. Nous avons beaucoup de chance car à la veille de noël tout est complet. Nous nous renseignons sur les transports pour aller voir demain le glacier du Perito Moreno et trouver un bus qui nous emmènera dimanche à Puerto Natales, au Chili pour visiter le parc de la Torre del Paine. Je perds Eloïse et Stéphane en ville mais nous nous retrouvons à l'hôtel. Puis nous allons dîner ensemble dans un bon restaurant pour le réveillon de noël. Je déguste un lomo de bife aux champignons, excellent. Au retour, nous achetons des chocolats fait maison pour les déguster devant une tasse de café à l'hôtel. Il est 22h30, il fait encore jour. Joyeux Noël !

Passage de la frontière à pieds

 Il a dû encore pleuvoir toute la nuit. Et ce matin, ce n'est pas plus brillant. On entend la pluie taper sur les tôles de la toiture. Aujourd'hui, c'est le grand jour. La traversée des Andes vers l'Argentine. Les guides préconisent de le faire en deux jours. On va le tenter en une seule journée. Je fais mon sac en tâchant de le rendre le plus étanche possible. J'entoure toutes les affaires de sacs plastiques. Il y a de grande chance que j'arrive trempé et frigorifié. Mais bon, il n'est plus question de rebrousser chemin. Cela fait trois jours qu'on végète dans ce trou perdu et pluvieux. C'est amplement suffisant. Le capitaine du bateau vient nous chercher au gîte à 8 heures et nous emmène jusqu'à l'embarcadère du lac, à 7 kms d'ici. À l'intérieur de la voiture, il y a déjà un néo-zélandais, Chris, et un israélien, Danny. Ils vont faire la même traversée que nous. Je demande au chauffeur si le temps va s'améliorer. Il me répond qu'il va faire beau cet après-midi. J'en profite pour lui demander si le véhicule pour transporter nos bagages de l'autre coté du lac sera bien là à l'arrivée du bateau. "Seguro !" Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression qu'il nous raconte n'importe quoi. Sur le petit embarcadère nous attend un bateau d'une cinquantaine de places. À bord, beaucoup de trouffions qui se rendent au camp militaire de l'autre coté car c'est une zone frontalière mais aussi des cyclistes allemands, suisses et belges qui font la route australe en vélo. La traversée du lac dure un peu plus de deux heures. C'est assez ennuyeux car on n'y voit pas grand chose dehors à cause des nuages bas. Il pleut un peu. Ça promet. Arrivés de l'autre coté du lac, on récupère nos sacs et demandons où se trouve le transporteur de bagages ? Un petit bonhomme vient à notre rencontre et nous annonce qu'il ne peut rien faire pour nous car aujourd'hui il est tout seul et n'a soi-disant personne pour mener le cheval jusqu'à la frontière. Et de toute manière, il ne montera pas pour seulement trois sacs. Je l'engueule en lui disant qu'on aurait pu nous avertir avant le départ. Manifestement, il n'en a rien à foutre. J'ai l'impression que le capitaine du bateau s'est bien foutu de notre gueule. Bref, il va falloir porter les sacs. Ça ne m’enchante pas vraiment. Il est midi, ça nous laisse à peine 6 heures et demi pour parcourir les 24 kilomètres de chemin qui nous séparent du lago Desierto, en Argentine. Là-bas, un petit bateau partira vers 18h30 pour aller de l’autre coté du lac d’où un bus nous emmènera jusqu’à El Chaltén. Je sens que je vais en chier. D'autant plus que mon sac à bandoulières n'est pas vraiment fait pour être porté sur le dos. Il est juste bon pour aller du bus à l'hôtel. Les sangles vont certainement me ronger les épaules. De tout manière, je n'ai plus le choix. Au pire, j'ai ma petite tente légère. Je pourrai faire une nuit dans la montagne si je n'en peux plus. Je sers les sangles à fond pour que le sac porte un peu sur mon dos et pas uniquement sur mes épaules. Nous faisons tamponner nos passeports au petit poste de douane argentin puis nous démarrons notre calvaire. Je dis à Eloïse et Stéphane de ne pas m'attendre. Ils ont de bons sacs à dos et ce sont de bons marcheurs. Il est préférable qu'ils aillent vite pour ne pas rater le bateau. Ils n'ont pas de tente, eux. La route de gravillons grimpe pas mal au début. Elle est plutôt bonne. Il y a de très belles vues sur le lac. Les vtt nous dépassent assez rapidement. Il pleut un peu. J'ai sorti un grand sac poubelle pour me protéger au cas où la pluie deviendrait plus forte. Il n'y a vraiment personne sur le chemin. Je retrouve Chris et Danny qui vont à peu prêt à mon rythme. Chris trimballe une guitare sans housse de protection. Il n'a pas peur qu'elle prenne l'eau. Les nuages se retirent peu à peu et les sommets enneigés apparaissent. Il y en a partout. C'est magnifique. Le soleil se montre enfin. Il commence même à faire chaud. C'est bien la seule chose de vraie que le capitaine du bateau nous a dit à Villa O'Higgins. J'hésite à retirer mon imperméable mais le vent est encore très frais. Je m'arrête vers 14 heures pour manger un des sandwichs que nous a préparés Eloïse ce matin. Délicieux. J'en garde un au cas où je devrais planter la tente ce soir. Remettre mon sac sur le dos est une véritable torture. J'aperçois Chris et Danny qui me rejoignent. J'ai l'impression que Danny a un peu de mal à suivre. Par contre, ça a l'air d'être une vraie promenade de santé pour Chris. C'est un sportif. Gentiment, il me propose de me délester de quelques affaires. Sympa, mais je refuse. Je vais bien y arriver tout seul. Par contre, il me donne une idée pas bête. C'est de mettre mon petit sac à dos sur le ventre et de poser les lanières du gros qui me scient les épaules sur celles du petit. C'est effectivement beaucoup mieux. Je souffre un peu moins. Je m'arrête même de temps en temps pour prendre des photos. Dommage qu'on soit dépend d'un timing serré. J'aimerais m'arrêter à certains endroits pour contempler les merveilleux panoramas. Mais il faut accélérer le rythme si je ne veux pas rater le bateau. J'imagine en permanence arriver trop tard à destination et de voir le bateau partir au loin. Ça me motive à avancer. La fatigue commence sérieusement à se faire ressentir. Je suis obligé de m'arrêter cinq minutes toutes les heures pour reposer mes épaules. Plusieurs arbres sont couchés sur la route et quelques ponts sont cassés. Impossible donc à un véhicule de monter là-haut. Ils nous ont vraiment raconté n'importe quoi. À un moment la route se sépare en deux. Heureusement, Danny m'a attendu pour me montrer le bon chemin. Sympa. Puis, nous arrivons au col où se trouve la frontière. On se prend en photo devant les panneaux du Chili et de l'Argentine. Sacré souvenir. C'est la première fois que je passe une frontière comme ça. Il est 16h15 et deux randonneurs qui vont dans l'autre sens nous confirment qu'il faut bien deux heures pour arriver au lago Desierto. Ça va être très juste. Il ne faut pas traîner. Là, s'arrête la bonne piste. Du coté argentin, il faut emprunter un petit chemin de terre relativement bien balisé. Il passe souvent dans le lit des petites rivières ou à travers les marécages. Heureusement qu'il ne pleut pas. Avec mes chaussures en toile à deux balles, j'aurais eu les pieds trempés. Il faut que je danse sur les pierres et les branches d’arbres pour ne pas prendre l'eau. Tout ça avec mes sacs lourds et branlants. Pas commode. Mais je me débrouille pas trop mal. Je réussirai même à arriver les pieds secs. Nous traversons de belles forêts. C'est impressionnant de voir le nombre de troncs d'arbres morts ou brûlés. Dans la descente, je rattrape puis dépasse la plus part des cyclistes qui en chient vraiment. Le chemin n'est vraiment pas fait pour les vélos. Surtout lors du passage des torrents sur des troncs d'arbres qui tiennent à peine. Ils ont les chaussures et les pantalons trempés et plein de boue. Une fille suisse n'en peut plus. Je pousse un peu son vélo pour l'aider puis lui souhaite bonne chance. Il faut que j'accélère le pas, il est déjà 18 heures. J'aperçois enfin le lac et le bateau tant espéré. Ouf, ça devrait le faire. Arrivé sur place, je fonce au poste de douane pour faire tamponner mon passeport. À l'intérieur, il y a Chris et Danny. Le douanier est un peu ronchon mais sympathique. Le bateau part dans dix minutes. Sauvé ! Je retrouve Stéphane et Eloïse sur le bateau. Ils sont arrivés il y a à peine une demi-heure. Je ne me suis pas trop mal débrouillé finalement. Tout le monde se congratule. Faut dire qu'on a fait fort. Ils sont épatés de voir mes chaussures quasiment sèches. Les leurs sont pleines de boue. Je pose mon sac dans un coin du bateau et m'assoit pour souffler un peu en attendant le départ. Les nuages reviennent et la pluie recommence à tomber. Le bateau met à peine une demi-heure pour atteindre l'autre rive. Nous attendons le bus qui doit nous emmener à El Chaltén. Comme le vent refroidit sérieusement l'atmosphère, je vais voir si il y a une salle d'attente dans la maison du gendarme qui se trouve à coté de là. Le gendarme me propose gentiment d'attendre chez lui au coin du feu de la cheminée. C'est pas de refus. On appelle les quatre autres. La femme du gendarme est péruvienne. Elle est contente de discuter avec Stéphane et Eloïse qui reviennent du Pérou. Ils lui montrent leurs photos. Elle est ravie. On a même le droit à des cafés chaud. Que du bonheur ! Puis le bus arrive enfin vers 21 heures. On est vanné. On met plus d'une heure pour arriver à El Chaltén. C'est un village de petits chalets balayé par les vents et entouré de montagnes. Beaucoup de constructions neuves sont en cours. Dans quelques années, on ne reconnaîtra plus rien ici. Une fois sur place, difficile de trouver des chambres disponibles. Tout est complet. Vacances obligent. Finalement, nous trouvons un hôtel qui loue un petit cabanon pas trop cher. Chris se joint à nous. Danny préfère dormir sous la tente avec d'autres israéliens. La douche est miraculeuse. J'ai l'impression de ressusciter. Il est 23 heures mais nous trouvons un restaurant ouvert. Une bonne truite et un bon verre de vin tinto. Le paradis. Nous nous couchons vers minuit. Quelle journée mémorable !

mercredi 23 décembre 2009

Randonnée dans la montagne

 Il a plu toute la nuit. Il a même neigé sur les sommets. Ils sont tout blanc. Les rues sont trempées. C'est l'occasion idéale de faire la grâce matinée. Vers 10 heures, la pluie cesse de tomber. Il y a même quelques rayons de soleil. Mais bien timides. On en profite pour aller faire une randonnée dans la montagne au-dessus du village. Le sol est bien humide mais la balade est très jolie. Il y a beaucoup d'arbres brûlés un peu partout. Des incendies ou la foudre ? En tout cas, ça donne de bonnes photos. La vue de là-haut est magnifique. On a l'impression que ça se dégage un peu. On voit enfin apparaître les sommets longtemps dissimulés par les nuages. L'Argentine est juste de l'autre coté du rio. Nous déjeunons simplement pour économiser notre argent. Eloïse arrive à nous faire de la bonne cuisine avec peu de chose. Finalement, on se régale. Je vais payer mon billet de bateau en euros. Ça me permet de garder mes précieux pesos. Comme on a du temps, je décide de graver mes photos sur des Dvd. C'est plus sur que sur ma clef usb qui déconne. Je discute longuement avec un chilien très sympathique qui réside au gîte avec nous. Il vit à Coyhaique. Il est écrivain et veut rédiger un livre sur la région. Il se promène beaucoup, même sous la pluie. Pluie qui recommence à tomber. Quelle poisse !

Villa O'Higgins

 Le temps n'est toujours pas réjouissant. Le ciel est encore bien couvert, il y a du vent et il pleut par intermittence. On en profite pour mettre nos blogs et photos à jour sur Internet. La connexion local n'est pas très bonne et elle se coupe souvent. Mais tant bien que mal on y arrive quand même. On va acheter des légumes à la petite superette du coin pour se faire une bonne salade à déjeuner. Dans l'après-midi on va faire un tour à l'agence qui organise le transfert vers El Chaltén en Argentine. Il nous faudra prendre un petit bus pour aller jusqu'à l'embarcadère du lac, puis prendre un bateau pour traverser le lac, puis marcher à pied environ 20 kms dans la montagne jusqu'à la frontière, puis 7 autres kilomètres pour aller jusqu'au poste de douane argentin, puis prendre un autre bateau pour traverser un autre lac et enfin prendre un bus pour se rendre à El Chaltén. Si le temps le permet, on peut aussi faire un détour voir un beau glacier. Bref, un parcours assez compliqué mais il parait que ça vaut le coup. Le départ est prévu mercredi. D’ici là, il faudra patienter. Il n'y a plus qu'à espérer qu'il fasse beau mercredi. Sinon, ça risque d'être galère. Tout ceci coute un peu cher et on s'aperçoit qu'on risque d'être un peu juste au niveau pognon. Et ici, il n'y a ni banque ni bureau de change. Nous passons donc le reste de l'après-midi à faire les comptes. Il va sans doute falloir lâcher quelques dollars et euros qu'on gardait précieusement en réserve. Le soir, Eloïse nous prépare des pates à la carbonara avec des bouts de jambon. Délicieux. On discute autour du poil à bois. Bonnes rigolades. Dehors, il pleut, il pleut, il pleut...

lundi 21 décembre 2009

La route australe

 Nous prenons un petit bus à 8 heures en face de l'agence Aquarium 13. La piste est périlleuse mais fabuleuse. Elle longe des lacs, des cascades et des torrents impétueux aux eaux blanchâtres. Ça coule de partout dans cette région. Les arbres sont couverts de mousse et de lichens. On croise souvent des cowboys avec de grands chapeaux et ponchos qui mènent leurs troupeaux on ne sait trop où ? Il y a des lièvres partout qui sautillent au passage du bus. Parfois le tracé de la route est vertigineux. Elle frôle des ravins profonds. Au fond, des torrents énormes. La route étant glissante à cause de la pluie, faut pas se louper. Mais notre chauffeur est un as. En tout cas, on l'espère très fort. Bref, c'est du "Indiana Jones" en vrai. Au milieu du trajet, la route est coupée par un lac. On emprunte un bac prêté par l'armée. De l'autre coté, la piste est en cours de travaux. Le croisement avec d'autres camions est compliqué mais notre chauffeur s'en sort comme un chef. Nous arrivons en début d’après-midi à Villa O'Higgins. Un village au milieu de nul part assez récent dans une vallée entourée de montagnes enneigées. De l'autre coté, c'est l'Argentine. Nous trouvons assez aisément un gîte juste à coté de l'arrêt du bus. Ils n'ont pas vu de touristes depuis quinze jours. Ils sont donc ravis de nous voir. C'est pas très cher et surtout, il ya Internet. Incroyable ! C'est la commune qui a mis le wifi gratuitement à disposition pour tout le village. Surement pour occuper les gens vu qu'ici, il n'y a pas beaucoup de loisir. Je vais pouvoir mettre mon blog à jour. Le gîte a un immense salon chauffé avec un poil à bois. C'est très agréable. Nous passons la soirée à lire et regarder nos photos.

Las caves de Mármol

 Alain nous quitte vers 10 heures. Il prend un minibus pour se rendre en Argentine par Chile Chico. Il doit rentrer assez rapidement à Buenos Aires pour retourner en France. Il reprend son boulot de décorateur de décors pour le cinéma début janvier. Eloïse, Stéphane et moi souhaitons continuer vers le sud, pour rejoindre El Calafate en traversant les Andes par Chaltén. La prochaine étape sera Cochrane, au sud. Le bus part à 14 heures. Nous avons donc largement le temps d'aller visiter les cavernes de marbre (Las caves de Mármol). Il faut prendre un petit bateau à moteur et naviguer une bonne demi-heure sur le lac. Il pleuviote et surtout, il y a beaucoup de vent, donc de la houle sur le lac. On se fait tremper et bien secouer. Les grottes sont à fleur d’eau. Elles ont été creusé par un ancien glacier. L'eau du lac est d'un bleu turquoise extraordinaire. C'est très joli mais tout ça manque un peu de soleil. Nous revenons en longeant la côte pour éviter les trop grosses vagues ce qui n'empêche pas de rentrer complètement mouillé. Notre bus part avec un peu de retard. La route est toujours aussi belle. Les paysages sont grandioses. Nous arrivons à Cochrane en fin de soirée. C’est la dernière ville de la route australe. L’endroit est plutôt paisible, c’est le moins qu’on puisse dire. Pas grand chose à faire. Eloïse trouve un hospedaje (gîte) très sympathique tenue par un vieux couple. Le parquet craque et les portent grincent mais c’est pas cher et propre, que demander de plus… Nous allons chercher de l'argent à la banque, puis nos billets de bus pour Villa O'Higgins. Nous voulons partir demain matin. Puis dîner divin accompagné d’un bon petit pinard chilien « Margaud » dans un petit resto de la rue principale.

Puerto Rio Tranquilo

Petit déjeuner sympa avec Norma. Le pépé, Osvaldo de son prénom, vient nous chercher comme prévu à 8 heures pile. Il est accompagné de sa femme. Il conduit un minibus. Pour quatre, c'est royal. Il est âgé de 71 ans et il a une pêche d'enfer. Même parfois, un peu trop. Il parle fort. Sans doute est-il un peu sourd ? Il fait plutôt beau ce matin. La route est splendide. Des vallées verdoyantes entourées de montagnes enneigées. C'est la fameuse route australe qui traverse toute la Patagonie chilienne. Osvaldo s'arrête souvent pour qu'on puisse prendre des photos. On ramasse au passage trois israéliennes qui font du stop. Elles se mettent dans le fond du bus et s'endorment. Arrivés à Puerto Rio Tranquilo, Osvaldo nous dépose à un gîte qui loue des cabanons. Comme nous sommes quatre, c'est financièrement intéressant. C’est pas le grand confort mais il y a un poil à bois, de l'eau chaude pour la douche et une kitchenette. Cela nous convient parfaitement. Pour déjeuner, nous allons manger des empanadas dans un petit boui-boui au bord de la route. Puis Osvaldo vient nous chercher avec son minibus pour faire la balade. Les nuages sont de plus en plus foncés et il pleut. Ça donne une ambiance surréaliste. La piste est relativement bonne. Elle a été construite il y a une dizaine d'année pour joindre l'océan Atlantique du coté argentin au Pacifique du coté chilien. Mais suite aux tensions entre les deux pays, les travaux se sont arrêtés. Il ne manque que 8 kms pour atteindre le Pacifique. Cela rend fou de rage Osvaldo qui voudrait que cette route soit achevée pour pouvoir développer le tourisme et l'activité économique de sa région. Il se bat comme un forcené contre l'administration et vu son caractère, il doit en faire chier plus d'un. C'est ce que j'aime chez ce type. Il est têtu, ronchon, mais plein de vie. Finalement, des ouvriers ont repris la construction de la route et normalement, l'année prochaine elle devrait être terminée. Il pourra alors l'emprunter pour faire visiter le grand glacier de San Rafael du coté Pacifique. Malgré la pluie nous admirons de nombreuses cascades et des torrents d'eau blanchâtre venant des glaciers juste au-dessus. Il y a énormément de troncs d'arbres morts un peu partout. Osvaldo nous explique que dans les années cinquante, à l'arrivée des colons, il y a eu un gigantesque incendie qui a ravagé toute la région. Il a duré quatre années de suite. Ce n'est pas étonnant vu le vent permanent qu'il y a ici. Cet incendie a certainement été provoqué par l'homme qui avait la fâcheuse habitude de tout brûler pour s'installer et faire place nette. Nous faisons une petite marche pour atteindre un promontoire avec une vue magnifique sur un immense glacier qui, malheureusement, perd 10 cm d'épaisseur par an. Le guide du parc nous explique qu'il y a de grande chance pour que ce glacier disparaisse dans une dizaine d'année. Ici, on voit concrètement les effets néfastes du changement climatique. Nous rentrons à l'hôtel bien fatigués en remerciant chaleureusement Osvaldo pour sa visite et sa gentillesse. Le soir, nous dînons ensemble dans le cabanon. Bonne ambiance !

Coyhaique

Au réveil, le bateau est accosté à un petit embarcadère. Nous sommes bien arrivés. Le ciel est nuageux et il pleut un peu. Il y a deux autres gros bateaux de croisière ancrés dans la baie. Nous prenons un dernier café au bar puis nous sortons du port. Là, un petit pépé vient à notre rencontre et nous propose une excursion dans le sud du coté de Puerto Rio Tranquilo. Nous lui faisons comprendre que, pour le moment, notre seul objectif est d'aller à Coyhaique. On verra après. Il nous laisse une carte et un numéro de téléphone au cas où ça nous intéresserait. Nous prenons un minibus qui nous emmène à Puerto Aisen. C'est l'ancien port de la région qui se trouve à quelques kilomètres de là, mais les sédiments charriés par les torrents ont fini par obstruer l'entrée du port et donc empêcher les gros bateaux d'accoster. Il a donc fallu créer un nouveau port à Chacabucco. Je dis au revoir à Philippe et Caroline qui veulent trouver un coucou pour aller à Puerto Natales. Ils ont lu que c'était possible. Je leur souhaite bonne chance. Dans le bus qui nous emmène à Coyhaique, je fais la connaissance d'Alain, un parisien, et de Stéphane et Eloïse, qui habitent à coté de Genève. Ce sont de bons vivants, on rigole bien. La route est goudronnée et jolie. Arrivés à Coyhaique, nous cherchons un gîte. Après en avoir visités plusieurs pas terribles, une femme nous croise dans la rue et propose de nous héberger chez elle pour un petit défiant toute concurrence. Nous allons voir sa maison qui est pas mal du tout et acceptons de rester chez elle. Norma, c'est son prénom, est une femme adorable. Elle vit là avec sa fille et son neveu. Pour arrondir ses fins de mois, elle loue quelques une de ses chambres. Nous allons tous ensemble en ville. La première urgence est d’organiser les transports afin de nous rendre à Villa O'Higgins dans le sud. C'est de là que Eloïse, Stéphane et moi voulons traverser la frontière pour nous rendre à El Chaltén, en Argentine. Alain, lui, doit regagner Buenos Aires par Chile Chico. En fait, c'est assez compliqué tout ça car il n'y a pas de bus tous les jours. Et il faut combiner les différentes solutions tout en souhaitant visiter un peu la région. Nous étudions tout cela devant une bonne bière dans un pub près de la place centrale. Dehors, il pleut. Puis nous retrouvons par hasard notre petit pépé du port qui cherche toujours des clients pour son excursion dans le sud. Après un petit moment de discussion, il nous convainc. Après tout, son bled est sur notre route et le tour qu'il nous propose à l'air chouette. Il s'agit d'aller voir un glacier de près et de visiter sa belle région. Il viendra nous chercher chez Norma demain matin à 8 heures. Nous retournons au pub sympa pour dîner. Une excellente grillade pour quatre personnes. Miam !

vendredi 18 décembre 2009

Puerto Cisnes

J'ai finalement plutôt bien dormi. J'appréhendais un peu le mal de mer mais il a eu très peu de houle. Le bateau a du s'arrêter deux ou trois fois dans la nuit pour déposer ou prendre des passagers. En tout, dans la salle commune où sont installés les places assises, il n'y a presque plus personne. Lorsque je monte sur le pont, nous sommes ancrés dans une crique entourée de montagnes qui tombent dans la mer. Au loin, on aperçoit les cimes enneigées de quelques volcans. Il fait très beau et plutôt bon. Les marins du navire sont en train de descendre un petit bateau pour aller chercher des passagers sur la berge. Hormis le fait que le bateau n'avance pas très vite, il s'arrête régulièrement pour charger ou décharger des passagers qui viennent jusqu'à nous en petits bateaux à moteur. Ce qui explique le temps relativement long de la traversée. Mais pour quelqu'un comme moi qui a du temps, c'est plutôt mieux. Ça fait croisière. Notre bateau n'est pas de toute première fraicheur mais il est très bien entretenu. La bouffe est très moyenne, mais ça remplit l'estomac. Je passe beaucoup de temps sur le pont à contempler les fjords et les oiseaux migrateurs. En fin de journée, le ciel se couvre un peu. Vers 18 heures nous accostons à Puerto Cisnes, un charmant petit village de pêcheurs. Le quai n'est constitué que d'une barge en bois. Une bonne moitié des passagers chiliens descendent là. On se demande bien de quoi ils vivent ici. De la pêche, du saumon ? Le bateau repart au bout d'une heure. Tout va très lentement ici. Nous avons parcouru à peine 200 kms en 18 heures. Mais bon, quand on aime, on ne compte pas. Dans la soirée, les nuages descendent et c'est assez féerique. Puis la pluie tombe. Impossible de se rendre sur le pont. On nous informe qu’on arrivera à Puerto Chabucco vers 1 heure du matin. Mais ceux qui le souhaite pourront rester dormir dans leur cabine jusqu’à 8 heures. A la bonne heure…

Embarquement à Quellon

Je dois me rendre dans le sud de l'île à Quellon, le port d'où partent les bateaux pour la Patagonie. Je discute un peu avec un couple de suisses très sympas, Diego et Stéfanie, qui voyagent avec leur charmant bambin de 3 ans, Finn. Ils me proposent de m'accompagner en voiture un bout de chemin car ils vont se promener dans le sud de l’île. Ils ont loué une voiture pour la semaine. J'accepte volontiers. Nous allons déjeuner dans un petit restaurant près de la route, à mi-chemin de Quellon. Les gens du resto sont charmants. Ils nous préparent un excellent jambonneau cuit au four de terre cuite accompagné d’un petit vin chilien merveilleux. À l'apéro, nous avons droit à du Pisco, bien entendu. Ils mettent du sel sur le rebord du verre. Ça relève le goût du Pisco. Pas mauvais. Dans le près, derrière le resto, ils élèvent un lama, des cochons, des moutons et des poules. Finn est ravi de voir toute cette bassecour. Stéfanie préfère déjeuner dehors sous un grand châtaignier pour surveiller son petit monstre. Il fait frais mais c'est supportable. Après ce festin, je fais mes adieux à la petite famille puis j'arrête un bus sur la route qui m'emmène à Quellon. Quellon est une petite ville sans grand intérêt. Je rencontre Philippe et Caroline, un couple de français qui vient de se marier. C'est leur voyage de noce. Ils courent un peu car ils n'ont que trois semaines de vacances. Nous déposons nos sacs à la consigne du port puis allons diner dans le seul restaurant à peu près correct de la ville. Avec tout ce que j'ai mangé à midi, je me contente d'une salade. Il faut attendre 23h30 pour l'embarquement. Nous avons donc largement le temp de papoter. À l'heure dite, nous nous rendons devant l'agence maritime où vient nous chercher un car pour nous emmener dans la zone portuaire. Il n'y a pas beaucoup de passagers. La moitié sont des touristes, les autres des habitants qui rentrent dans leur région complètement isolée. Je fais remarquer à Philippe que son billet indique que ses places sont sur des sièges et non dans des couchettes. Comme j'ai une cabine de 4 lits pour moi tout seul, je leur propose de la partager avec eux. Ils sont ravis. Ils seront quand même mieux pour dormir. Le bateau ne part qu'à 1 heure du matin. La mer est calme. Je m'endors rapidement.

lundi 14 décembre 2009

Aller à Chatein, pas possible ?

Hier soir, j'ai reçu un mail d'un type d'une agence touristique de Chaiten qui me confirme qu'il y a bien plusieurs bus qui vont de Chaiten à Coyhaique. Je retourne donc à l'office du tourisme situé sur la grande place et tenu par cinq gourdasses, qui, à part sourire bêtement, ne connaissent pas grand chose. Impossible de savoir s'il y a des hôtels qui fonctionnent encore à Chaiten (apparemment, il n'y a plus d'électricité), de savoir si les routes sont ouvertes, de savoir quels sont les horaires des bateaux. Bref, elles ne savent rien. On a même l'impression qu'elles ont pour consigne de ne rien dire pour empêcher les gens d'aller là-bas. Peut-être y a-t-il encore des risques d'éruption ? Faut dire que la dernière date de février. En tout cas, elles pourraient être plus claires. Donc, deux solutions s'offrent à moi. Prendre le risque d'aller à Chaiten, mais il faut que j'attende le prochain bateau qui ne part que vendredi prochain. Ou prendre un bateau demain soir, mardi, qui m'emmènera directement jusqu'à Puerto Chacabuco, 400 kilomètres plus au sud non loin de Coyhaique. Le choix est difficile. Les forums sur internet guident mon choix. Il parait que la traversée en bateau est magnifique. Ma décision est prise. C'est la deuxième solution qui sera la bonne. Je vais donc acheter mon billet de bateau. J'apprends que le départ est retardé à minuit à cause de la marée basse. Je retourne déjeuner au petit restaurant sur pilotis du port. De la bonne friture de poissons tout frais. Soudain, je vois passer des ailerons de dauphins juste devant les fenêtres du resto qui donne sur la lagune. Ça n'a l'air d'étonner personne. Je demande si ce sont bien des dauphins. Oui, ils passent souvent ici. C'est comme si je m'extasiais devant des pigeons.

dimanche 13 décembre 2009

Le Pacifique à Cucao

Aujourd'hui, on est dimanche et c'est jour d'élection. Les chiliens élisent leurs députés et leur président. Après 20 ans de gouvernement de gauche, il est possible que ça passe à droite. Dans les rues, il y a plein de gens qui vont voter dans les écoles. Plusieurs bus gratuits sont mis à la disposition des gens des campagnes pour venir voter. La plus part des commerces sont fermés. Je vais aller faire un tour de l'autre coté de l'île, sur l'océan pacifique. C'est aussi là que se trouve l'entrée du parc naturel. À coté ce trouve un petit resto dans lequel je déjeune. Du bifteck vraiment pas terrible. Mais on se soulage en disant qu'on fait marcher le commerce local. Soudain, un français bien bidochon avec le ventre bien rond entre dans le resto et demande en français un coca (véridique !). Je crois rêver. Ça existe encore ! Il prend son coca et s'en va en disant "Au revoir". Voir ça au bout du monde ! Génial ! On vit une époque formidable ! Je vais faire un tour sur la plage. On se croirait sur une plage de notre océan atlantique. Mais il n’y a personne. J’ai plusieurs kilomètres de plage pour moi tout seul. Le ciel est couvert de nuages, ce qui donne une très belle lumière. Puis un crachin de pluie arrive par la mer. J’ai pris un bol d’air vivifiant. Je retourne au bus qui repart à 16 heures. La côte Est est plus abritée du vent. Il ya même des éclaircies de temps en temps. Je comprends mieux pourquoi les gens habitent plutôt de ce coté de l’île. J’arrive à Castro sous le soleil. Je vais diner dans le seul bistrot ouvert sur la grande place. Sur le grand écran de la télé, ils donnent le résultat des élections. Sebastian Piñera, le type de la droite, a raflé plus de 44% des voix. Comme tous les autres candidats sont plutôt de gauche, le deuxième tour en janvier risque d'être serré. Je commande une bière mais le garçon me répond que la vente d'alcool est interdite le jour des élections pour éviter les bagarres. Bon, ben un agua con gas alors ! Dehors, quelques voitures klaxonnent en brandissant des drapeaux.

Ile de Quinchao

Ce matin, le temps est revenu à la normal. C'est couvert et il pleuviote. Chouette, on va enfin pouvoir ressortir les imperméables. Ici, s'il fait beau plus de deux jours de suite, c’est comme si il pleuvait dans le désert d’Atacama. J'exagère, mais pas trop. J'ai envie d'aller visiter l'île Quinchao. Ce n'est pas trop loin d'ici et si jamais il pleut trop, je pourrais rentrer assez vite. Je prends un minibus local qui va d'abord à Dalcahue, puis prend un bac pour se rendre sur l'île Quinchao. Je m'arrête au village de pêcheurs de Curaco de Velez qui se trouve à dix kilomètres du bac, soit à peu prêt au milieu de l'île. De là, je trouverai certainement des promenades à faire à pieds. Le village est désert. Seuls quelques ouvriers repeignent les bordures des trottoirs en jaune. Sur la petite plage qui sert de port, il n'y a personne. C'est calme. Je vois un petit musée ouvert. Je demande à la guichetière qui s'emmerde apparemment beaucoup, si elle connaît un chemin qui retourne au bac de Dalcahue sans reprendre la route goudronnée. Elle m'indique un chemin s'en être trop sure d'elle. On verra bien. Au pire, je ferai demi-tour. La pluie tombe un peu plus fort mais ça reste supportable. Je sors mon bel imperméable bleu. Je trouve aisément le chemin de terre. Il longe la côte. Il est très agréable pour marcher. Je dois croiser une ou deux personnes tout au plus. On voit des parcs à huitres sur la mer. C'est la grande activité ici. Un peu plus loin des paysans sont en train de tondre des moutons. C'est la première fois que je vois ça. Le tondeur tond à une vitesse fulgurante. Ils parlent un espèce de patois à base d'espagnol. Je ne comprends pas grand chose. Mais ils sont très gentils et m'autorisent à prendre des photos. Je continue mon joli chemin jusqu'à un mirador qui surplombe toute la baie. Puis, je retrouve la route goudronnée qui m'amène jusqu'au bac. Les piétons ne payent pas, seulement les véhicules. La traversée ne dure que quelques minutes. La plage est recouverte de bateaux de pêche. La pluie tombe maintenant plus sérieusement. Je m'arrête déjeuner au marché couvert dans un petit stand tenu par des femmes. Saumon grillé au menu. Comme la pluie ne cesse de tomber, je décide de rentrer à Castro. Le soir, à l'hôtel, je discute avec un groupe d’australiens qui revient d'Ushuaia. Ils ont été enchantés.

vendredi 11 décembre 2009

Castro

Aujourd'hui, j'ai une chance de dingue, il fait beau. Pas un nuage à l'horizon. Un ciel bleu magnifique et le soleil. On pourrait presque retirer son pull. Il faut en profiter car ça ne durera certainement pas. Je vais donc me balader en ville. Je passe par l'office du tourisme. Ils sont incapables de me dire s'il y a des bus sur la route australe de Chaiten à Coyhaique. C'est quand même incroyable que personne ne soit au courant de ce qui se passe là-bas. Je sais que l’année dernière le volcan Chaiten a complètement détruit le village et la route qui va de Puerto Montt à Chaiten, mais impossible de savoir s’ils ont rétablis la ligne de bus après ? Mais gentiment, elle m'indique l'adresse d'une agence de voyage qui vend des billets de bateau. J'y vais. Quelle chance aujourd'hui ! Il y a un bateau tous les mardi qui fait la traversée Quellon (sud de l'ile) - Puerto Chacabucon (à 25 kms de Coyhaique). Génial ! Je ne serai pas obligé de remonter à Bariloche (un sacré détour). Cela me fait rester cinq jours sur l’île de Chiloé, mais la région est tellement belle que ça ne me dérange pas. Je vais visiter la cathédrale. Etonnant, je n'avais jamais vu ça avant. L'ossature est en charpente de bois. L'extérieur est recouvert de tôles qui imitent la pierre de taille et l'intérieur est tout en bois. Splendide ! Puis, je vais voir les points de vues que m'a conseillé la nana de l'office du tourisme. L'un d'entre eux donne sur un village sur pilotis. Avec cette lumière, c'est magnifique. Ça va faire de bonnes photos. Puis je vais faire un tour vers le port. C'est l'Irlande. Je passe devant des restaurants sur pilotis. Je déjeune dans l'un d'entre eux. Des fruits de mer cuits avec un verre de vin, un régale. Qu'est ce qu'on est bien ici. Ça fait très certainement parti des spots à retenir et à conseiller. En fin d’après-midi, le ciel se voile un peu. Mais ce fut tout de même une très belle journée.

Ile de Chiloé

Le mauvais temps est toujours là, mais je crois qu'il va falloir s'y habituer. Ça va être comme ça jusqu'en bas. Je vais chercher mon ticket de bus pour Castro, sur l'île Chiloé, ma prochaine destination. Je profite de mon passage devant le supermarché pour acheter deux paires de chaussettes. Les miennes sont complètement trouées. Avec le froid qui traine, vaut mieux éviter les courants d'air. Vers 14 heures, je me dirige vers la gare routière de la compagnie Cruz del Sur. Je pensais qu'elle se trouvait non loin du centre ville mais pas du tout. Il faut que je grimpe 3 kilomètres avec mon sac qui n'est pas vraiment fait pour la marche. Bien qu'il puisse se porter sur le dos, ce n'est pas l'idéal. À la gare, je rencontre un allemand immense. Il doit faire plus de 2 mètres de hauteur. Difficile de ne pas le remarquer surtout par rapport aux chiliens qui sont plutôt petits. Cela fait un an qu'il parcourt le monde mais il est resté 5 mois à Tahiti pour apprendre le français. Le bus passe d'abord par Puerto Montt, la grande ville portuaire de la région. Les maisons peintes de toutes les couleurs sont construites avec des planches de bois . C’est plutôt joli. Puis, nous embarquons avec le bus sur un bac pour nous rendre sur l'île de Chiloé. La traversée dure 20 minutes. Il fait beau mais frais. La lumière est magnifique. Une fois à quai, nous repartons pour Ancud, la capitale de l’île. Le soleil n’est pas fréquent ici. C’est un vrai pot de chambre paraît-il. J’ai donc de la chance d’avoir du soleil. Pourvu que ça dure. La campagne est verdoyante. Des près avec des vaches, des petits bois. Bref, des paysages connus. C’est plutôt plat ou légèrement vallonné. Les maisons en bois ont un style bien particulier. Un peu comme au Canada. Si le soleil tient, je sens que je vais m’y plaire. Arrivé à Castro, un charmante petite ville de pêcheurs, je trouve assez vite une petite pension pas cher du tout, avec vue sur la mer. La patronne est très sympathique. Je retrouve d’autres français qui ont certainement lu le même guide. Il faut reconnaître que le Lonely a parfois des bons plans. Je vais diner avec mon teuton de 2 mètre 08. Dans la rue, tout le monde le regarde. Ça doit être chiant à la longue. Même moi, j’ai l’impression d’être un nain.

jeudi 10 décembre 2009

Puella

Je me rends à l'agence Turisma au centre ville où attend un car. Sont présents les passagers qui vont à Bariloche par le chemin des riches, c'est-à-dire par les lacs. Ce qui explique la moyenne d'âge plutôt élevée. Le ciel est nuageux mais il est possible que ça se dégage vers midi, comme hier. Le car est à moitié vide. Il nous conduit à Ensenada, à 40 kms de l'autre coté du lac. Nous nous arrêtons voir les petites cascades d'un torrent. Après avoir vu Iguazù, ça parait bien ridicule. Mais c'est tout de même joli. Puis nous repartons pour Petrohue, au bord d'un autre lac. De là, nous embarquons sur un bateau, du genre catamaran à moteur qui doit nous mener jusqu'à Puella. La traversée du lac dure un peu moins de deux heures. Normalement, nous devrions apercevoir le sommet des volcans qui se trouvent juste à coté de nous. Malheureusement, ils sont dans les nuages. Peut-être les verrons-nous au retour ? La traversée du lac à le goût d'une croisière. Sympa. Le bateau ravitaille de temps en temps des habitants du coin. Ce sont des pêcheurs ou des paysans. Ils accostent le bateau avec leur petites embarcations, prennent leur colis puis s'en vont comme ils sont venus. C'est le seul moyen pour eux de se ravitailler. Il n'y a pas de route. Un bateau-bus va chercher les enfants tous les lundi matin pour aller à l'école et les ramène le vendredi soir pour passer le week-end en famille. Nous accostons à Puella vers midi et demi. Je profite que tout le monde va au restaurant pour aller voir tranquillement un grande cascade au fin fond d’une forêt. Après ma petite balade, lorsque j'entre dans le restaurant, les gens ont fini de manger et je me retrouve tout seul dans une immense salle à manger. Heureusement, le serveur papote avec moi. Je sais ainsi que les touristes ne passent pas plus d'un ou deux jours ici. Parfois des pêcheurs à la ligne restent une petite semaine. Je vais digérer mon festin en faisant une petite marche dans la forêt. Petite, car le chemin s'arrête devant un torrent et je ne me sens pas l'âme d'un cascadeur pour le franchir. Retour au port vers 16 heures pour le départ du bateau. On récupère les gens qui viennent de Bariloche Ça y est, le soleil a réapparut. On commence à voir la cime enneigée des montagnes. Le Volcan Osorno est majestueux. On dirait le Fuji-Yama. Il y a plein de belles photos à prendre mais ça manque un peu de lumière. Nous accostons puis retour en bus par la même route.

mercredi 9 décembre 2009

Puerto Varas

Ce matin, le temps est brumeux. On ne voit pas grand-chose. Les volcans ont disparu dans les nuages. J’espère ne pas subir le même scénario qu’à Pucon. Je me renseigne auprès du patron de l’hôtel pour trouver un moyen d’aller à Peulla, un village situé de l’autre coté du lac, pas très loin de la frontière. Il me conseille d’aller voir l’agence Turismo en ville, la seule à proposer ce circuit. Ils ont paraît-il le monopole. C’est relativement cher mais rien comparé à ce qu’ils me proposaient à Bariloche. Aujourd’hui c’est férié (le jour de la vierge). La plus part des magasins sont fermés. L’agence de voyage est ouverte. Je réserve mon excursion pour demain. J’espère qu’il fera beau. Les gens de la région sont originaires d'Allemagne, ce qui explique le style germanique des maisons. On a l'impression d'être en Bavière. Je me balade sur le port et déjeune dans une petite crêperie tenue par une charmante jeune fille. La crêpe n’est pas terrible mais la jeune fille est charmante (je l’ai déjà dit ?). En fin d'après-midi, les nuages s'estompent et le soleil fait son apparition. Par la même occasion, les volcans se découvrent de leur manteau de brume (j’aime bien, ça fait littéraire). C'est magnifique. Je fonce sur la berge du lac pour prendre des photos. Je rencontre une jeune taïwanaise qui parcourt le monde toute seule. Elle me raconte son périple. Elle a arrêté ses études il y a un an, puis elle a travaillé quelques mois en Australie pour ce payer son voyage. Courageuse. Sur le chemin du retour, nous tombons sur une procession religieuse qui parcourt la ville en chantant des psaumes. Marrant de voir la vierge perchée sur un camion de pompiers.

lundi 7 décembre 2009

Retour vers le Chili

Comme j'ai bien fait le tour de la région de Bariloche et que j'ai déjà pas mal abusé de l'hospitalité de John et Janet durant cinq jours, je décide de reprendre la route. Je préfère passer par le Chili pour aller vers le sud, c'est plus sauvage. Au début, je voulais me rendre au Chili en traversant les lacs en bateau. Mais le prix du voyage est extrêmement cher (230 dollars us). Une seule compagnie a le monopole du voyage. Ils abusent et seuls les riches peuvent se l’offrir. Il n’y a pas d’autres moyens de passer par cet endroit. Il faut donc que je reprenne le même bus qu’à l’aller mais en sens inverse. Je vais en ville chercher un billet pour Puerto Varas, situé sur le lac Llanquihue à 25 kilomètres au nord de Puerto Montt. En fait, c'est juste derrière la frontière. Il parait que l'endroit est joli. Le bus direct est complet. On me propose un bus pour Osorno à 14 heures et de là, je prendrai un autre bus pour Puerto Varas. Je fais mes adieux à John et Janet qui vont se balader en montagne puis me rends à la gare routière. Je suis arrivé à Bariloche sous un vent glacial et je repars sous le soleil. C’est quand même plus agréable. Rebelote pour le passage des douanes. Mon passeport est rempli de tampons chiliens et argentins. A la douane argentine, un groupe d’israéliens fait un scandale auprès du chauffeur pour récupérer un de leur sac dans la soute du car. Ces jeunes israéliens sont souvent antipathiques et méprisants. Ils voyagent toujours en groupe et ne communiquent avec personne. Ils pensent qu’on ne les aime pas, notamment les français. Faut reconnaître qu'ils font tout pour. Bien que j’ai déjà emprunté cette route, je découvre de nouveaux paysages grâce au soleil. Les sommets sont dégagés. Je retrouve la végétation luxuriante du coté chilien. Les vaches et chevaux broutent dans les prairies verdoyantes. Bucolique. Arrivé à Osorno, par chance, un bus part immédiatement pour Puerto Varas. Je suis assis à coté d'un chilien qui me donne plein de renseignements sur la route du sud. Apparemment, ça risque d'être compliqué. L'année dernière le volcan Chaitén a détruit tout un village et coupé la route. A priori, le seul moyen de se rendre à Coyhaique est le bateau. On verra bien sur place. Il habite avec sa famille à Puerto Montt et travaille à Osorno. Il fait la navette tous les jours. On découvre les volcans d'Osorno, un cône parfait et de Calbuco au lointain. J'ai hâte d'y être. Puerto Varas est un petit port balnéaire donnant sur un lac. C'est très mignon comme endroit. Je me rends à l'hôtel Margouya II tenu par des français. Ils ont vachement bien réhabilité une vieille bâtisse en bois pour en faire un hôtel très sympa. Ça donne un petit style colonial. J'adore ! le seul hic, c’est le parquet qui grince à chaque pas. Je vais manger des raviolis à la sauce bolognaise dans une petite gargote tenue par deux jeunes chiliens adorables. Simple mais bon.

dimanche 6 décembre 2009

Cerro de Tronador

Un type m'attend en bas de l'immeuble vers 8 heures pour me dire que l'excursion prévue ce matin est modifiée. L'accès à la grande cascade n'est pas possible aujourd'hui. Il me propose de la reporter à demain ou de ne faire que la visite du mont Tronador. J'acquiesce pour la deuxième solution. Il va faire un temps splendide aujourd'hui. Demain, rien n'est moins sur. Le départ se fera donc à 9 heures. Comme j'ai une heure devant moi, je vais faire un petit tour en ville. Nous sommes dimanche matin, c'est désert. Seuls quelques jeunes complètement bourrés qui sortent de boîtes de nuit attendent leur bus. Dans le minibus, c'est la même équipe qu'hier. "Hola Maria ! Hola Hector !" Nous longeons les lacs Gutiérrez et Mascardi par une bonne route goudronnée, puis nous rentrons dans le parc national Nahuel Huapi coté sud. L'entrée pour les argentins est de 8 pesos et de 30 pesos pour les étrangers. Faut prendre l'argent là où il est... À partir de maintenant, c'est une piste forestière qui longe le lago Mascardi. La forêt est magnifique. Nous sommes dominés par des sommets enneigés. Au loin le majestueux Cerro Tronador qui culmine à 3 478 mètres d'altitude. Son sommet marque la frontière entre le Chili et l'Argentine. C'est le seul volcan du coin à posséder un glacier. Et quel glacier ! Gigantesque. Lorsqu'on s'approche, on entend le grondement de la glace qui se fracasse. C'est très impressionnant. À sa base, on aperçoit les restes d’un ancien glacier avec ses roches sculptées. Puis, un peu plus loin, un cirque digne de celui de Gavarnie avec ses innombrables cascades. C'est géant. On se sent tout petit devant un tel mastodonte. Au retour, nous devons nous arrêter souvent car une petite fille passe son temps à vomir. La pauvre ! Je la plains, je suis passé par là.

samedi 5 décembre 2009

San Martin de los Andes

Janet est malade ce matin. Sans doute un rhume. J'irai donc visiter le nord du parc de Nahuel Huapi tout seul. Le temps est un peu couvert mais normalement, d'après la météo, il ne devrait pas pleuvoir. C'est un minibus de 15 personnes qui vient me chercher. Notre guide s'appelle Maria et notre chauffeur, Hector. "Hola Maria ! Hola Hector !" Maria fait la visite en espagnol uniquement. Elle parle si vite que j'ai parfois du mal à tout comprendre. Je suis en général assez anti-guide, mais là, il faut reconnaître qu'elle raconte souvent des trucs intéressants. Nous nous dirigeons vers la frontière chilienne jusqu'au village touristique de Villa La Angostura. Le minibus s'y arrête pour que les passagers y achètent des souvenirs. On a l'habitude. Honnêtement, il n'y a pas grand chose à voir. Ce n'est qu'un lieu de vacances avec plein de boutiques sans intérêt. Toute la région profite du pôle touristique de Bariloche. Puis, nous empruntons une bonne piste qui nous emmène vers le nord au bord de sept lacs volcaniques assez différents les uns des autres. C'est joli. Mais le manque de soleil rend les bonnes photos quasi impossibles. Des travailleurs refont la route à neuf, avec belvédères et tout, et tout… Nous faisons une halte dans une ferme d'indiens mapuche, assez jolie d'ailleurs, qui vend plein de produits locaux. Il y a là au moins cinq cars de touristes. Ça doit rapporter gros. Puis nous arrivons à San Martin de Los Andes pour déjeuner. Sans plus. Le ciel est de plus en plus chargé et la pluie finit par tomber. Sur le chemin du retour, Hector, notre super conductor, fait une pause au carrefour de Confluencia. Magnifique endroit où les rochers des montagnes ont des formes particulières. Maria décrit pour chaque rocher la ressemblance avec des personnages ou des animaux. Le public est ravi. Le soleil revient. Le dernier tronçon de notre périple traverse la steppe andine. C'est monotone mais beau. Nous avons parcouru 500 bornes. On va bien dormir ce soir.

vendredi 4 décembre 2009

Villa Catedral


Ce matin, John et Janet ne veulent pas trop bouger pour faire du rangement et de la lessive. Comme il fait aussi beau qu'hier, je décide d'aller à Villa Catedral, une station de ski située à quelques kilomètres de Bariloche. Il n'y a pas si longtemps, c'était la plus grande station d'Argentine mais depuis peu, elle a été supplantée par La Leña, située un peu plus au sud. Un bus local me conduit à la station. Il est bondé de touristes. De là, il faut prendre un télécabine pour se rendre au restaurant d'altitude. Panorama splendide sur tous les sommets enneigés environnants. Le domaine skiable est vaste. Il y a des télésièges partout. Il parait qu'on peut skier ici jusqu'à mi-octobre. La plus part des touristes s'arrête au restaurant panoramique. Moi, je décide de marcher un peu vers les sommets. A cent mètres à peine de marche, il n'y a plus personne. Quel silence ! Et surtout quelle vue ! C'est un bonheur d'être ici. Je grimpe une bonne heure jusqu'à un point de vue qui donne sur l'autre coté de la montagne. Puis je redescends au restaurant panoramique pour manger un bout. C'est cher mais la vue est tellement belle que ça vaut tout l'or du monde. Il y a des transats sur la terrasse pour prendre le soleil tout en admirant les paysages. Que du bonheur ! J'hésite à redescendre à pied plutôt que de reprendre le télécabine mais il y a encore trop de neige et je ne suis pas suffisamment bien chaussé. Arrivé en bas, comme il y a une bonne heure à attendre le bus, je m'allonge dans une prairie. C'est encore un chien qui vient me réveiller. Heureusement d'ailleurs, sinon j'aurai raté mon bus.

jeudi 3 décembre 2009

Parc de Llao Llao

 Ce matin, c’est grand bleu. Pas un nuage à l’horizon. Nous décidons d’en profiter en allant randonner dans le parc naturel de Llao Llao. Nous prenons un bus local pour faire les 25 kilomètres qui nous séparent de l’entrée du parc. L’endroit est splendide, surtout avec ce soleil qui me manquait tant. Nous retrouvons la forêt dense avec des arbres gigantesques. Il y a plusieurs lacs aussi beaux les uns que les autres. Les chemins de randonnées sont bien tracés avec quelques points de vue superbes. On a un peu l’impression de se trouver dans les alpes. Il y a de la neige sur les sommets et pourtant nous ne sommes qu’à 800 mètres d’altitude. Elle ne va surement pas tenir très longtemps. En tout cas, c’est très beau. Nous piqueniquons au bord d’un lac d’un bleu profond. Puis nous faisons un peu de hors piste pour retrouver l’arrêt de bus à Colonia Suiza (une ancienne colonie suisse) qui nous ramène à Bariloche en fin de journée.

mercredi 2 décembre 2009

Bariloche

 Le temps s’est un peu amélioré mais il fait toujours aussi froid. C’est surtout à cause du vent glacial. Je visite un peu la ville. C’est un peu le Courchevel de l’Argentine. Des boutiques de luxe, des beaux hôtels, etc… Les argentins aisés viennent passer leur vacances ici. Il y a une immense station de ski pas trop loin et la région est magnifique pour faire des randonnées pédestres et pleins d’autres sports. La saison d’été commence bientôt, le 15 décembre. Il n’y a pas encore trop de monde. Surtout des étrangers (américains, australiens, canadiens, allemands, suisses et bien sur français). Je passe à la banque retirer des pesos argentins puis nous allons faire des courses. John et Janet sont végétariens. Ils déjeunent donc rarement dans les restaurants qui servent essentiellement des plats de viandes. Ça me fera le plus grand bien de manger un peu de verdure. Nous achetons du chocolat local. C’est la spécialité de Bariloche. Il faut reconnaître qu’il est plutôt bon. Je me régale. Mais gare à l’indigestion.

mardi 1 décembre 2009

Petit crochet en Argentine

 Je me réveille à 7h00 pour prendre mon bus à 8h00. Après un bon café, je dis au revoir à tout le monde puis me dirige vers la gare routière. Et qui je rencontre sur le chemin ? Toute ma bande de copains canins. Eh ben, vous me croirez ou non, ils m'ont accompagné jusqu'au bus. (J'ai la preuve en photo !) Je suis même sur qu'ils versaient une larme lorsque le bus est parti (Bon, là, j'en rajoute peut-être un peu). En tout ca , c'était très émouvant. Finalement, ça me laissera un bon souvenir de Pucòn. Nous roulons en direction d’Osorno sous la pluie. Nous faisons quelques arrêts dans des villes sans grand intérêt. Puis nous arrivons à Osorno vers midi. Je dois patienter 3 heures pour prendre un nouveau bus qui m’emmènera à Bariloche en Argentine. Comme j’ai un peu de temps et que les bouis-bouis de la gare routière ne m’inspirent pas trop, je vais déjeuner dans un petit resto en ville. Un bus rempli de touristes nous conduit tout d’abord au poste de frontière chilien. Tout se passe bien. Ils contrôlent uniquement les passeports. Rien à voir avec San Pedro. Faut dire que quand on sort d’un pays, en général, c’est plus facile. La route du coté chilien est magnifique. Nous traversons des forêts denses. Avec toute l’eau qui tombe, ça ne m’étonne pas que ça pousse bien ici. Nous passons le col de la frontière sous la neige. Puis nous redescendons sur le poste de frontière argentin. Il fait un froid de canard. Contrairement aux chiliens, les argentins ne fouillent pas les valises mais font passer un chien renifleur dans la soute et à l’intérieur du bus. Quand le chien ne sent rien ça peut aller très vite. Malheureusement, il a détecté trois sacs. Il faut attendre que les douaniers les fouillent entièrement. Ça dure une petite demi-heure. C’était une fausse alerte. Puis, nous repartons. Les paysages du coté argentin changent complètement. C’est beaucoup plus sec. Il n’y a presque plus d’arbres mais des touffes d’herbes. Un peu comme dans les landes. Comme il a plu récemment, c’est bien vert. Nous sortons des nuages et de la pluie. Le soleil apparaît enfin. On aperçoit au loin Bariloche. Mais il faut faire le tour du lac pour y parvenir, soit une cinquantaine de kilomètres. Arrivé à la gare routière, il fait bigrement froid. Tout le monde est habillé comme dans une station de sport d’hivers. Un type de la gare me change quelques pesos chiliens contre des pesos argentins pour pouvoir prendre un bus local et me rendre chez John et Janet. Ils ont loué un appartement de l’autre coté de la vile. Bien entendu, je loupe l’arrêt. Je dois prendre un autre bus pour revenir sur mes pas. Mes amis m’attendaient. Leur appartement a une vue magnifique sur le lac et les montagnes au lointain. Il y a un magnifique coucher de soleil. Nous discutons tard dans la nuit pour nous raconter toutes nos aventures depuis notre séparation à Bornéo. Ils n’ont pas changé.