
Petit déjeuner sympa avec Norma. Le pépé, Osvaldo de son prénom, vient nous chercher comme prévu à 8 heures pile. Il est accompagné de sa femme. Il conduit un minibus. Pour quatre, c'est royal. Il est âgé de 71 ans et il a une pêche d'enfer. Même parfois, un peu trop. Il parle fort. Sans doute est-il un peu sourd ? Il fait plutôt beau ce matin. La route est splendide. Des vallées verdoyantes entourées de montagnes enneigées. C'est la fameuse route australe qui traverse toute la Patagonie chilienne. Osvaldo s'arrête souvent pour qu'on puisse prendre des photos. On ramasse au passage trois israéliennes qui font du stop. Elles se mettent dans le fond du bus et s'endorment. Arrivés à Puerto Rio Tranquilo, Osvaldo nous dépose à un gîte qui loue des cabanons. Comme nous sommes quatre, c'est financièrement intéressant. C’est pas le grand confort mais il y a un poil à bois, de l'eau chaude pour la douche et une kitchenette. Cela nous convient parfaitement. Pour déjeuner, nous allons manger des empanadas dans un petit boui-boui au bord de la route. Puis Osvaldo vient nous chercher avec son minibus pour faire la balade. Les nuages sont de plus en plus foncés et il pleut. Ça donne une ambiance surréaliste. La piste est relativement bonne. Elle a été construite il y a une dizaine d'année pour joindre l'océan Atlantique du coté argentin au Pacifique du coté chilien. Mais suite aux tensions entre les deux pays, les travaux se sont arrêtés. Il ne manque que 8 kms pour atteindre le Pacifique. Cela rend fou de rage Osvaldo qui voudrait que cette route soit achevée pour pouvoir développer le tourisme et l'activité économique de sa région. Il se bat comme un forcené contre l'administration et vu son caractère, il doit en faire chier plus d'un. C'est ce que j'aime chez ce type. Il est têtu, ronchon, mais plein de vie. Finalement, des ouvriers ont repris la construction de la route et normalement, l'année prochaine elle devrait être terminée. Il pourra alors l'emprunter pour faire visiter le grand glacier de San Rafael du coté Pacifique. Malgré la pluie nous admirons de nombreuses cascades et des torrents d'eau blanchâtre venant des glaciers juste au-dessus. Il y a énormément de troncs d'arbres morts un peu partout. Osvaldo nous explique que dans les années cinquante, à l'arrivée des colons, il y a eu un gigantesque incendie qui a ravagé toute la région. Il a duré quatre années de suite. Ce n'est pas étonnant vu le vent permanent qu'il y a ici. Cet incendie a certainement été provoqué par l'homme qui avait la fâcheuse habitude de tout brûler pour s'installer et faire place nette. Nous faisons une petite marche pour atteindre un promontoire avec une vue magnifique sur un immense glacier qui, malheureusement, perd 10 cm d'épaisseur par an. Le guide du parc nous explique qu'il y a de grande chance pour que ce glacier disparaisse dans une dizaine d'année. Ici, on voit concrètement les effets néfastes du changement climatique. Nous rentrons à l'hôtel bien fatigués en remerciant chaleureusement Osvaldo pour sa visite et sa gentillesse. Le soir, nous dînons ensemble dans le cabanon. Bonne ambiance !
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