mardi 29 décembre 2009
La terre de feu
Punto Arenas est une ville particulière. C'est un port actif avec son lot de marins imbibés d'alcool et de prostituées attendant l'arrivée des bateaux. Il n'y a pas grand chose à visiter. Juste capter les choses comme elles viennent. Au début, je voulais rejoindre Ushuaïa en passant par Porvenir, un petit port situé à trois heures de bateau, en face de Punto Arenas. Cela m'évitait la longue route qui contourne la terre de feu que tout le monde prend en général. Mais l'office du tourisme m'a dit qu'il n'y avait plus de liaison de bus entre Porvenir et Ushuaïa. Il fallait trouver une voiture privée. Bref, compliqué et surement très cher mais surtout, je risquais de passer le réveillon bloqué dans un coin paumé. Donc, je me résous à prendre le bus comme tout le monde avec mes amis suisses. Douze heures de voyage. Le car part à 9 heures du matin. Il est rempli essentiellement de voyageurs étrangers de toutes les nationalités. La route asphaltée longe le canal de Magellan jusqu'à l'océan Atlantique. Les paysages de pampas sont beaux mais monotones. C'est plat ou légèrement vallonné. Des kilomètres de barbelés, des moutons, quelques vaches et chevaux, et des fermes complètement isolées. On aperçoit au loin de nombreux gros bateaux porte-containers qui passe le canal. Puis, il y a la traversée en bac du canal de Magellan pour rejoindre la terre de feu. Moment émouvant. On a vraiment l'impression d'arriver au bout du monde. Depuis le temps que j'en rêvais. De l'autre coté, mêmes genres de paysages. Le goudron s'arrête au bout de quelques kilomètres. Il faudra se contenter d'une bonne piste en gravillons jusqu'à la frontière argentine. Dans l’après-midi, le ciel devient tout noir. On prend un sacré grain. On ne voit plus grand-chose à travers les fenêtres du bus. Puis le soleil réapparait. Ici, le temps change très vite. Surement à cause du vent. Le passage des douanes se passe comme d'habitude. Lentement. Du coté argentin, on retrouve la route goudronnée. On roule donc plus vite. À Rio Grande, une petite ville au bord de l'océan, on change de bus. Personne ne sait pourquoi. Il est 18 heures et il nous reste encore 200 kilomètres à parcourir. On arrive au bout. Dans le bus, nous faisons la connaissance d'un autre couple suisse de Genève et d'un marseillais, Yann. Plus on s'approche d'Ushuaïa, plus il y a de montagnes et de forêts. Il y a un peu de neige sur les sommets. On passe un col puis redescendons sur Ushuaïa, la ville la plus australe du monde. Je suis surpris. Tout le monde me disait que c'était moche. En fait, c'est une ville plutôt agréable. Un peu du même genre que Bariloche, touristique et chicos. On se croirait dans une ville suisse. L'endroit idéal pour passer un réveillon. Nous trouvons un une auberge de jeunesse propre et accueillante en plein centre ville. J'y retrouve par hasard Jens, le sympathique voyageur allemand rencontré à La Serena. On se raconte nos périples. Il a été en Bolivie. Il ne connait toujours pas la suite de son voyage. Petit dîner en ville avec Eloïse, Stéphane et Yan puis coucher. Il est 23h30, il fait encore jour.
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