dimanche 31 janvier 2010
Le restaurant français
Aujourd'hui, c'est dimanche, il pleut et il fait gris. Un vrai temps parisien mais en plus chaud. C'est pas bon pour les photos mais ça rafraichit l'atmosphère et ça c'est bien. L'air est encore très humide mais on respire. Tout est fermé sauf les endroits touristiques. Je passe voir l'office du tourisme qui se trouve près de la Plaza 25 de Mayo. Je récupère une carte de la ville. J'apprends qu'on peut découvrir tous les quartiers de la ville en bus ouvert. Pas con. Je ferai ça plutôt demain. Je vais faire un tour dans le quartier de San Telmo. La rue Defensa est un peu la rue Mouffetard de Buenos Aires. Il y a une espèce de marché aux puces fréquenté essentiellement par les touristes. Comme il pleut de plus en plus et que je n'ai pas de parapluie, je vais me réfugier dans un bistrot typiquement parisien. Tout y est. Musique d'accordéon, chaises et parasols Ricard, serveurs avec des tee-shirts écrit en français et menu de cuisine française. Après tout, je me laisse tenter. J'ai l'impression de me retrouver au pays. Cuisse de canard confit et profiteroles. C'est un peu cher mais ça fait plaisir. Le patron parle espagnol comme une vache française. Je le soupçonne de le faire exprès pour donner une touche frenchie supplémentaire. En tout cas, il tourne bien son resto. Et tous les touristes ont l'air ravi de se croire à Paris. À l'hôtel, je retrouve un breton qui a fini son voyage et retourne mardi en France. Ça fait un mois qu'il vadrouille en Argentine. Il n'a pas trop envie de rentrer. Quand on sait le temps qu'il fait là-bas, je le comprends.
samedi 30 janvier 2010
Buenos Aires
Ce matin, le ciel est légèrement voilé. C'est pas l'idéal pour les photos. Je vais prendre mon petit déjeuner dans un café de style parisien situé en dessous de l'hôtel. De ma chambre, je capte le wifi de l'hôtel d'en face. J'y vais donc pour leur demander le code d'accès en prétextant que je serai intéressé par une chambre. Rusé le mec. Et ça marche ! J'ai maintenant internet à demeure. La grande Plaza 25 de Mayo est à deux pas de là. C'est là que se trouvent la cathédrale et le palais présidentiel "la Casa Rosada". C'est du balcon qu'Eva Perón haranguait les foules. On ne sait pas très bien d'où vient la couleur rose du palais mais ça rend bien. Enfin, pour un daltonien. Je suis surpris qu'on puisse le visiter aussi librement et en plus gratuitement. Bon, il ne faut pas s'écarter de son groupe sinon on se fait gentiment rappeler à l'ordre. Je passe voir la cathédrale. C'est un peu massif à mon goût. Puis je vais me balader dans les rues piétonnes. Il y a beaucoup de très beaux immeubles. Un mélange de neuf et d'ancien. Mais il manque le charme, comme à Rio. Et puis, ces rues parallèles à angle droit, je ne m'y ferai jamais. L'après-midi, le ciel est bien couvert. Je me repose à l'hôtel. De toute manière, les photos ne rendent pas terribles.
vendredi 29 janvier 2010
Vers la capitale
C'est le départ pour Buenos Aires. J'espère sans trop y croire qu'il fera moins chaud. Je dis au revoir à tout le petit monde du gîte puis prends un bus pour la gare routière. Il n'y a pas de clim et tout le monde sue à grosses gouttes. Il y a des bus environ toutes les heures pour Buenos Aires. J'en trouve un bus qui part à midi. Il y a quatre heures de trajet. C'est de l'autoroute jusqu'au bout. Toujours des champs à perte de vue. Lorsqu'on arrive à Retiro, la gare routière de Buenos Aires, je surpris de voir des caméras partout. Ils attendent peut-être quelqu'un d'important ? J'apprendrai plus tard aux informations à la télé qu'il y a eu une manifestation de chauffeurs de bus ce matin qui a dégénéré. Ils avaient bloqué la gare routière et un chauffeur a tenté de forcer le passage. Il s'est fait tabasser par les manifestants et ça s'est terminé en grosse bagarre avec jets de pierres et charges de policiers. Un bus rempli de voyageurs s'est fait lapider. J'imagine la trouille des passagers. Bienvenue à Buenos Aires. Je prends un taxi pour me rendre dans un hôtel du centre ville que j'ai repéré dans mon guide. Je ne connais pas suffisamment la ville pour me déplacer en métro, surtout avec mon gros sac. Et puis tout le monde m'a dit de faire très attention à Buenos Aires. Il parait que c'est aussi dangereux qu'à Rio. Ce n'est pas l'impression que ça donne au premier abord. Je trouve que mon hôtel a beaucoup de charme. Il est situé dans un immeuble de style Haussmannien, comme beaucoup d'immeubles à Buenos Aires. On retrouve le style de Paris et Londres. Donc, pas très dépaysant pour moi. Ma chambre a un joli balcon qui donne sur la rue. Le prix est relativement cher, mais tout est plus cher ici. Autre bonne surprise, il fait chaud mais beaucoup moins humide. Je respire enfin. Je vais me balader un peu au hasard dans les rues. Les gens sortent du boulot. C'est le week-end qui commence.
jeudi 28 janvier 2010
Le drapeau argentin
Je ne suis plus seul dans mon immense dortoir. Il y a un jeune couple de Buenos Aires et une mère de famille suisse avec ses deux filles. L'une d'elles travaille dans une ONG à Santa Fé, dans le nord. Ce matin, je vais monter sur le monument moche dédié au drapeau argentin. Un ascenseur nous monte à 70 mètres de haut, ce qui permet d'avoir une belle vue sur la ville. Puis je passe voir l'office du tourisme qui est juste en face sur les quais. L'accueil est toujours aussi sympa et efficace. A priori, j'ai déjà vu le principal. Les endroits où l'on peut se baigner sont assez loin dans le nord au bord du Paraná. J'ai la flemme d'y aller. Je vais glander un peu sur la terrasse du café de la station fluviale. Il y a un petit air frais qui vient du fleuve et on voit passer les bateaux. Ce qui est frappant à Rosario, c'est le nombre de pinups. Je crois que je suis tombé sur un nid. C'est sans doute à cause de la chaleur qui fait qu'elle sont un peu plus dénudées qu'ailleurs. Et y a du monde au balcon comme dirait l'autre. Bref, cette ville a finalement beaucoup de charme. Je ne regrette pas de m'y être arrêté. Ça doit être agréable de vivre ici. Il faut que je trouve un coiffeur. Ma tignasse commence à me tenir chaud à la tête. La nana du gîte me dit que le veilleur de nuit est coiffeur et qu'il peut me couper les cheveux ce soir pour pas cher. Pourquoi pas ? Je vais déjeuner dans une Parilla où j'entends une chanson de France Gall à la radio. Marrant ! Vers 20 heures, le veilleur de nuit qui est originaire du Venezuela me coupe les cheveux comme prévu sur la terrasse de l'auberge. J'ai même du public qui vient encourager le coiffeur. C’est très réussi et pour seulement l'équivalent de trois euros. Du coup, il a un paquet de routards qui prennent rendez-vous avec lui. J'ai aussi ces putains de moustiques qui me bouffent les jambes. Ils sont blancs et tout petits mais ils piquent très fort. Heureusement, la douleur ne dure pas longtemps.
mercredi 27 janvier 2010
Rosario
J'ai du dormir quelques heures. Ça me gratte de partout. Saloperies de moustiques. Je prends une bonne douche mais j'ai l'impression que ça ne sert à rien. Dix minutes plus tard, je suis trempé de sueur. Le type de l'accueil me montre tous les endroits intéressants à voir. Apparemment, il y a pas mal de trucs à faire et à visiter à Rosario. Je vais peut-être rester un plus longtemps que prévu. Il me propose d'aller voir la maison où est nait le Che. C'est impressionnant le nombre de lieux consacrés à Che Guevara. C'est un enfant du pays et les argentins en sont fiers. Ici, en Argentine, il y a trois personnages importants : Évita Perón, Che Guevara et Maradona. Ne jamais dire du mal de l'un ou l'autre. Le fleuve Paraná passe juste en bas de la ville. C'est le même fleuve qui passe à Corrientes. C'est par là que les cargos ravitaillent le Paraguay. Parfois, on en voit passer de très gros. Faut croire que le fleuve est très profond. Ils sont en train de réaménager complètement les quais pour en faire des chemins de promenade et des jardins, un peu comme à Bordeaux. C'est plutôt bien réussi. C'était auparavant des entrepôts pour les transports fluviaux. Il fait terriblement chaud. Ma chemise est trempée. Je m'arrête souvent pour boire un coup. Alors que je consulte mon plan de la ville, un petit pépé qui fait sa marche du matin me demande si je suis perdu. Je le remercie mais lui dis que non. Je visite au hasard. Il discute longuement avec moi, mais en anglais car il voyage très souvent aux Etats-Unis. Et puis, j'ai l'impression qu'il a envie de parler anglais. Il m'indique les trucs intéressants à voir puis continue sa balade. Les argentins sont vraiment serviables et gentils. Les rues du centre sont très chics. Genre Neuilly. On sent qu'il y a du fric dans ce coin. Je parcours quelques rues piétonnes. Magasins de luxe qu'on retrouve partout. Je déjeune dans une petite parilla (resto où l'on sert de la viande grillé) puis rentre à l'auberge pour la sieste. Quelle chaleur ! En fin d'après-midi, lorsqu’il fait un peu moins chaud, je ressors pour visiter la cathédrale, sans plus, et le monument consacré à la gloire du drapeau argentin. C'est parait-il à Rosario qu'il aurait été créé. Le monument est pompeux, un peu mussolinien sur les bords. Mais ici, on ne rigole pas avec tout ce qui touche la nation. C'est la raison pour laquelle les argentins ne digèrent pas la perte des Malouines. Sujet sensible. Apparemment, on peut monter sur la tour. Je tacherai de faire ça demain. Puis, je vais voir les quartiers riches, voire très riches, à quelques blocs de là. Beaux immeubles, jolis jardins, endroits propres. Tout le monde n'est pas à plaindre en Argentine.
mardi 26 janvier 2010
La Beauce argentine
Je quitte Cordoba. C'était une jolie ville qui valait le coup d’œil. Me voilà reparti en direction de Rosario. C'est à mi-chemin de Buenos Aires. J'ai réussi à me dégoter une place devant dans le bus. En fait, ces places ne sont vraiment convoitées que par les touristes car quand le soleil tape, il y fait plus chaud que celles de derrière. Mais pour moi, les trajets font parti du voyage. C’est pour ça que je préfère voyager de jour pour voir les paysages. Tant pis pour la chaleur. Paysages qui ont bien changé d'ailleurs. Tout le long de la route, ce sont des champs cultivés à perte de vue. Du maïs, du blé et d'autres céréales que je ne reconnais pas. C'est la Beauce argentine. Les mêmes immenses rampes d'arrosage, les mêmes tracteurs, les mêmes moissonneuses, etc... Et oui, ici, c'est le début des moissons. Les 500 kilomètres de route passent relativement vite. Nous arrivons en fin d'après-midi à Rosario, la troisième ville du pays, juste derrière Cordoba. Je prends un taxi pour me rendre à un hôtel que j'avais repéré sur le Lonely. En général, j'aime bien les endroits glauques, mais là c'est vraiment très glauque. C'est un vieil immeuble d'époque, tout pourave, qui a beaucoup de charme. Grande hauteur sous plafond et balcons sur rue passante. Mais c'est très cher. Le type m'a pris pour un américain. Je lui dis que je veux voir d'autres endroits avant de me décider. Ce qu'il comprend. Je lui laisse mon sac pour éviter de le trimballer. Je trouve un peu plus loin une auberge de jeunesse dans un vieil immeuble de caractère pour trois fois moins cher. Il est tenu par tout une troupe de jeunes très sympathiques. J'ai un dortoir pour moi tout seul. Je retourne donc chercher mon sac et m'installe dans mes nouveaux appartements. J'ai du mal à m'endormir. Il fait une chaleur terriblement humide. Je sue à grosses gouttes. Tout ce que je bois ressort aussitôt. Un véritable sauna. Seuls les deux ventilateurs de la chambres donnent une impression d'un peu de fraicheur. Les fenêtres qui donnent sur une rue passante sont grandes ouvertes pour faire des courants d'air. Boules Quiès obligatoires. Une fois que je m’habitue un peu à l’ambiance tropicale, les moustiques attaquent...
lundi 25 janvier 2010
Le parc Sarmiento
Je profite de la fraîcheur du matin pour aller me balader dans le grand parc Sarmiento. Il n'y a pas grand monde. Juste quelques joggers et des mamies qui promènent leur chiens. Je suis surpris par le nombre de détritus qui traine un peu partout. Même le petit lac est dégueulasse. Autant la ville est relativement propre, autant là c'est pas terrible. Il y a une esplanade avec un petit point de vue mais aucun panorama sur la ville. Dommage. Comme il n'y a rien d'extraordinaire à voir, je retourne dans le centre pour aller à la crypte jésuite. Ils l'ont découvert il y a peu en faisant des tranchées pour passer des câbles télécom. Ça ne vaut pas vraiment une visite. À l'intérieur, il fait très humide car elle située est sous une nappe phréatique. Les murs suintent. Je suis trempé de sueur. Je n'y reste pas longtemps. Je m'arrête dans une agence de voyage pour me renseigner sur le prix d'un vol pour Cuzco. Comme il me reste encore un mois de voyage, j'avais envisagé cette possibilité. Mais le coût du billet est très cher. Presque autant que si je le prenais de Paris. Sans doute à cause de la période des vacances. Et puis finalement, ce n'était peut-être pas une bonne idée. J'ai vu tellement de belles choses depuis le début de mon voyage que je risque d'être blasé. Il faut en laisser pour mes futurs voyages. Je passe aussi à la gare ferroviaire pour me renseigner sur les horaires des trains. Ça pourrait être sympa de le prendre même si le Lonely n'est pas du même avis. En fait, ça n'a pas grand intérêt. C'est très long et surtout, il roule de nuit. Je vais donc chercher un billet de bus pour Rosario à la gare routière. Je ne suis pas sur que Rosario soit une ville très passionnante mais ça me fera une étape avant Buenos Aires.
dimanche 24 janvier 2010
Alta Gracia
On est dimanche et ça va être ville morte, comme d’habitude. Histoire de bouger un peu, je vais faire un tour à Alta Gracia, une petite ville à une trentaine de kilomètres au sud. Il parait qu'il y a une jolie estancia jésuite à visiter. Je vais donc à la gare des minibus locaux qui ne desservent que la région. Je suis impressionné par le monde qui fait la queue. Heureusement, ce sont des gens qui vont à Villa Carloz Paz, une ville située à coté d'un grand lac. C'est un peu le Deauville de Cordoba. Les gens y vont pour se baigner et prendre le frais. Pour Alta Gracia, il n'y a personne devant le kiosque à billets. Le prochain bus part à 10h30, c'est à dire dans un quart d'heure. Génial. Il faut compter environ une heure de route. Le minibus est archi complet. Il y a même des gens qui sont obligés de voyager debout. Par conséquent, le chauffeur ne s'arrête que si des gens veulent sortir. Les gens au bord de la route et en plein soleil qui veulent monter doivent attendre le prochain. Ils sont furieux et certains manifestent leur mécontentement avec leur majeur bien en l'air. Ca me fait sourire ! Arrivés à l'entrée d'Alta Gracia, je demande au chauffeur si c'est bien mon arrêt. Il me répond que oui. Donc, je descends. Mais en fait, j'ai encore deux kilomètres à pieds à faire pour rejoindre le centre ville alors que le bus y allait. Il aurait pu me le dire cet enfoiré de chauffeur. Finalement, il méritait ses doigts en l’air. Donc, je marche le long de ce boulevard sans intérêt jusqu'au centre du village. Centre qui est rudement joli. Ça ressemble un peu à nos villages de Provence. C'est sans doute la vieille mission jésuites qui donne cette impression. La visite de l'estancia vaut vraiment le coup. On remonte de plusieurs siècles en arrière. On se croirait dans un épisode de Zorro. Ils ont conservé quelques meubles et équipements d'époque. Le petit jardin à l'arrière est paradisiaque. On voudrait y faire une sieste dans une chaise longue. Je déjeune dans un petit resto près d'un petit lac. Puis je vais déambuler dans les rues. Il n'y a pas grand monde et il commence à faire très chaud. Un autre minibus me ramène à Cordoba. Ce n'est pas le même chauffeur. Dommage, je lui aurai pété sa gueule à ce con !
samedi 23 janvier 2010
Les vieux monuments jésuites
Je veux visiter les vieux monuments jésuites aujourd'hui. Il fait toujours aussi beau. Les matinées sont très agréables car il fait bon. C'est l'idéal pour marcher. Je retourne à la cathédrale car les photos que j'avais prises hier ne sont pas bonnes. C'est dommage de rater ça. Les dorures qui recouvrent les murs et les plafonds sont magnifiques. Le centre d'information touristique est juste à coté. J’en profite donc pour y passer. D’une manière générale, les organismes de tourisme en Argentine sont vraiment sympas et font très bien leur boulot. Ils prennent vraiment le temps de nous expliquer tout ce qu'on peut faire dans le coin. Je repars avec une tonne de prospectus. La vieille université jésuite qui se trouve à deux pâtés de maisons est un endroit paisible. Il y a un grand patio ombragé entouré d'arcades. Ils savaient vivre ces jésuites. Puis, je vais faire un tour sur les deux petites places des bâtiments administratifs qui parait-il valent le détour. Voilà, ça c'est fait. Je m'arrête déjeuner dans un resto hi-tec avec un patio intérieur très bien fait. En tout cas, on y mange très bien. C’est un peu cher, mais on en a pour son argent. Retour à l'hôtel. Cette fois, c'est la chaudière qui a lâché. Faut attendre un peu pour prendre une douche. Mais c'est dit tellement gentiment qu'on fait avec.
vendredi 22 janvier 2010
Cordoba
Cordoba est la deuxième ville d’Argentine. Elle est plutôt agréable. Les trottoirs sont bordés d’arbres ce qui permet de marcher à l’ombre. Le centre est pourvu d’un grand nombre de rues piétonnières. Il y a donc une foule de gens qui déambulent. C’est très animé. Beaucoup de vieux bâtiments datant de la période jésuite ont été conservés. Ce sont essentiellement des constructions religieuses mais ce mélange de moderne et d’ancien donne du charme à la ville. La grande place San Martin est assez jolie. Mais, à force, je trouve qu’elles se ressemblent toutes un peu. Une place, quelques arbres, une statue d’un type à cheval, une cathédrale et voilà. Cordoba est une importante ville universitaire. Mais comme ce sont les vacances scolaires, il y a moins de jeunes que d’habitude. Enfin, j’imagine. Je marche un peu au hasard. J’ai un petit plan de la ville que m’a filé la dame de l’hôtel mais je m’en sers peu. C’est quand on se perd qu’on voit des choses intéressantes. Je capte le wifi dans ma chambre. C'est génial et bien pratique. Pas besoin de squatter le hall de l'hôtel. Par contre, il y a des pannes électriques très fréquentes. C'est tout le secteur qui saute. Comme maintenant tout marche à l'électricité (caisses, ordinateurs, lumière, etc...) les commerces et les bureaux sont obligés d'attendre que ça revienne. Apparemment, ça a l'air d'être habituel. Moi, je m'en fous, j'ai pas de clim !
jeudi 21 janvier 2010
Steppes et pampas
Mon bus pour Cordoba part à 14 heures. Je ne suis donc pas pressé. Je glande un peu sur internet dans le hall de l'hôtel, puis vais prendre un bus de ville pour me rendre à la gare routière. Là-bas, j'y retrouve notre chauffeur d'excursion d'hier. Il vient seulement de récupérer le permis qui lui faisait défaut. Il m'explique qu'il a passé la nuit au poste de gendarmerie et que son minibus est toujours consigné là-bas. Comme quoi le patron de l’agence m'a raconté n'importe quoi ! Là, il repart au poste pour aller rechercher son véhicule. Il est désolé pour nous. Je lui répond que ça été pour nous une bonne expérience et que grâce à lui, j'ai des choses à raconter sur mon blog. Il est rassuré puis me salut. Je suis un peu en avance à la gare. J'en profite pour manger une petite salade avant le départ. La distance n'est pas si longue et pourtant le bus va mettre plus 10 heures pour parcourir les 450 kilomètres qui nous séparent de Cordoba. Au début les paysages sont semblables à ceux que l'on voit partout. Steppes et pampas. Parfois, on passe dans des zones plus vertes qu'ailleurs. Peut-être mieux irriguées. Puis, à une centaine de kilomètres de Cordoba, le bus traverse un petit massif montagneux la route est sinueuse. Estomac fragile, s’accrocher. On traverse de nombreux villages qui sont envahis de vacanciers argentins. Certainement parce qu’il y fait beaucoup plus frais que dans la vallée. On arrive vers 22 heures à Cordoba. Il fait chaud mais c’est beaucoup plus supportable qu’à La Rioja. On a du perdre cinq degrés. La priorité est de trouver un hôtel. J’en trouve un entre la gare et le centre. Il est pas mal. Comme je compte y rester quelques jours, on me fait un prix acceptable. Il n’y a pas de climatiseur mais un ventilateur au plafond. Je préfère. Le fenêtre donne sur une petite cour intérieure. C’est plutôt calme. Je vais diner vite fait dans un petit boui-boui sur une petite place. L’ambiance est familiale et populaire mais la bouffe n’est pas top. L’incontournable escalope milanaise. Le steak frite de l’Argentine.
mercredi 20 janvier 2010
Repos à La Rioja
Aujourd'hui, il n'y a pas grand chose à raconter. Après la bonne journée d'hier, je profite de la clim de l'hôtel pour mettre mon blog et mes photos à jour. Je vais aussi chercher mon billet de bus pour Cordoba demain. J'espère que là-bas, il fera un peu plus frais. J'en profite pour passer à l'agence de voyage pour me faire rembourser mon ticket de bus et le taxi d'hier. Le patron m'explique que tout est réglé et que le chauffeur et le minibus sont bien rentrés hier soir. À la bonne heure !
mardi 19 janvier 2010
Parcs d’Ischigualasto et de Talampaya
Je me lève à 6 heures pour être fin prêt à l'arrivée du minibus. L'hôtel m'avait préparé mon petit déjeuner. Sympa. Dans le minibus qui vient me chercher à l'heure dite, il y a un couple de touristes italiens et une argentine, Alicia, en vacances. Bref, nous ne sommes que quatre dans ce grand minibus. En plus, je m'installe devant, à coté du chauffeur. Place royale pour prendre des photos. Cette nuit, il a apparemment beaucoup plu. Les bas cotés de la route sont trempés. On a le droit au lever du soleil. Il éclaire petit à petit la sierra montagneuse sur notre droite. C'est magnifique. Quelques nuages restent accrochés aux sommets mais ça devrait se lever assez vite. La route est assez longue pour parvenir aux parcs. Il faut compter environs 250 kilomètres. Mais on ne s'embête pas, il y a toujours quelque chose à voir. Notre chauffeur est un petit vieux ronchon mais sympathique. Pour lui, tout est de la faute du gouvernement. Nous arrivons à 9 heures à l'entrée du premier parc. Le parque Ischigualasto. Il se trouve dans la province de San Juan, juste à la limite de celle de La Rioja. Ce petit détail a son importance, on verra pourquoi plus tard. On paye l'entrée puis suivons le convoi d'une vingtaine de voitures et minibus. Les paysages sont irréels. Il y a partout des formations rocheuses découpés de manière très artistique par les eaux de ruissèlement. Je me régale en photos. Ce parc est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité car ils ont retrouvé un paquet de fossiles de dinosaures et autres bébêtes préhistoriques. Il y a certes beaucoup de visiteurs mais c'est tellement beau qu'on l'oublie assez vite. On s'arrête à la fameuse vallée de la lune. Il parait qu'on peut la visiter les soirs de pleine lune. Ça doit être envoutant. Comme il a plu toute la nuit, le guide du parc n'est pas sur qu'on puisse faire la boucle complète du circuit. Il nous faut en effet franchir plusieurs rios qui risque d'être plein d'eau. Mais en fait, ça passe. Tous les sites sont magnifiques. La lumière est splendide, grâce notamment à l'absence de poussière. Ce sont les bienfaits de la pluie qui rend le sol humide et stable. De retour à l'entrée du parc, nous visitons un petit musée sans grand intérêt puis repartons pour le deuxième parc, à une centaine kilomètres de là. Le Parque de Talampaya, qui, lui, se trouve au sud de la province de La Rioja. Nous déjeunons ensemble rapidement au petit resto de l'accueil du parc. Bouffe genre snack pas terrible. Nous faisons plus ample connaissance. Alicia est directrice d'école. Elle ne gagne que l'équivalent de 800 euros par mois. C'est parfois dur de joindre les deux bouts nous dit-elle. Elle est accablée par la victoire de Piñera, le candidat de droite au Chili. Comme beaucoup de professeurs en Argentine, elle est de gauche et le revendique. Les italiens sont de grands voyageurs. Ils connaissent bien la France. Mais il ne parlent qu'italien. Quelques mots d'espagnol et de français, c'est tout. Ça ne doit pas être tous les jours simple de se faire comprendre. Vers 15h30, des minibus du parc viennent nous chercher pour faire la visite qui dure environ deux heures et demie. Ici, pas question de rentrer avec son véhicule. Ce qui fait que l'entrée au parc est beaucoup plus chère. Il y a donc beaucoup moins d'argentins parmi nous. Les paysages du parc sont assez différents de ceux de ce matin. Il s'agit d'immenses falaises de canyons sculptées par le vent et l'eau. On dirait des cathédrales ou plutôt des orgues. C'est grandiose et étonnant. Il y a aussi pas mal de rocher solitaire en forme de quille. Un vrai décor de western. Nous avons la chance d'apercevoir quelques condors au loin et des maras. Ce sont de petits animaux avec une grosse tête de lapin sur un corps de chien. La visite passe trop rapidement. Dommage qu'on ne puisse pas marcher un peu et prendre le temps d'admirer toutes ces merveilles de la nature. Au retour, nous retrouvons notre chauffeur et reprenons la longue route vers La Rioja. Le soleil a tourné, nous découvrons donc de nouveaux paysages. C'est une belle région. A mi-chemin, nous nous arrêtons dans un petit boui-boui au bord de la route digne de Bagdad Café, pour acheter de l'eau. Nous rencontrons trois jeunes routards, dont deux français qui attendent un hypothétique bus pour les emmener à La Rioja. Je leur propose de venir dans notre minibus puisque nous ne sommes que quatre. Moyennant finance, notre chauffeur accepte. Ils sont tout content. Puis la longue route continue. À environ 30 kilomètres de La Rioja, nous sommes arrêtés au barrage de gendarmerie pour un contrôle. Jusqu'ici, rien d'anormal. Il y a un nombre de gendarmes impressionnant. Apparemment, ils contrôlent tout le monde et au peigne fin. Notre chauffeur n'a pas l'air rassuré. Et pour cause, il n'a pas d'autorisation pour emmener des touristes hors de la province de La Rioja. Le jeune gendarme incorruptible ne veut rien lâcher. Il parait que le gouvernement a lancé toute une campagne de contrôle depuis un mois et ça ne rigole pas. Bref, le minibus et notre chauffeur doivent rester là pour régulariser la situation. Quant à nous, il faut repartir avec un autre bus. Les gendarmes s'en occupent. Ils nous arrêtent trois bus avant d'en trouver un avec de la place pour nous sept. Ils s'excusent presque pour ce qui nous arrive. Nous laissons donc notre chauffeur à ses tractations et repartons. Nous arrivons à la gare routière tard dans la nuit. Finalement, on rit bien de notre aventure. On a tout de même passé une excellente journée. Un taxi nous raccompagne chacun à notre hôtel. On se dit au revoir. Je vais diner vite fait chez mon pote libanais puis retrouve ma chambre suffocante de chaleur. Vite, la clim...
lundi 18 janvier 2010
Il fait très chaud !
Il fait toujours extrêmement chaud. Ce matin, il faut que je trouve une agence qui organise des excursions dans le coin. Je sais qu'il y a deux très beaux parcs dans le sud de la province. Le parc Ischigualasto et celui de Talampaya. J'ai vu des photos sur des prospectus, ça a l'air fantastique. Le problème, c'est qu'il n'y a que deux agences à La Rioja. Et toutes les deux manquent cruellement de touristes pour organiser des visites. L'une d'entre elles n'a que deux touristes en attente et l'autre, aucun. Il faut être au moins quatre pour partir. Et les prix sont d'autant plus cher. On m'explique que durant les mois de janvier et février, il y a très peu de touristes à La Rioja. Il fait trop chaud et les gens du coin foutent le camp à la plage. Ça promet. Je ne me vois pas attendre plusieurs jours qu'un groupe se forme. Je vais voir par hasard le prix d'une location de voiture. C'est très cher. Ça ne vaut pas le coup. Je me rabat donc sur l'agence à deux touristes en stock. C'est encore la meilleure solution. Ils passeront me chercher demain à 6h30 à mon hôtel. Je vais me balader un peu en ville. On a vite fait le tour. De gros nuages noirs commencent à s'accumuler dans le ciel. Aura-t-on droit à de la pluie ? En effet, dans la soirée, il pleut un peu. Ça refroidit l'atmosphère et ça fait du bien.
dimanche 17 janvier 2010
La Rioja
On est dimanche. Et le dimanche, il n'y a rien à faire dans les villes d'Amérique du sud. Je tente tout de même une sortie pour aller à l'office du tourisme qui parait-il est ouvert ce matin. C'est ville morte. Personne dans les rues. Je retrouve les sensations de chaleur d'Afrique. Agréable le matin, insupportable l'après-midi et supportable le soir. Le type du tourisme est un peu neuneu mais il me donne quand même pas mal d'infos sur ce qu'il y a faire dans la région. Je crois que ça va me plaire. Je repars avec pleins de docs. Au moins, ça va m'occuper cet après-midi. En soirée, je retente une sortie. Toujours aussi déprimante. Personne. Par contre, je tombe sur un restaurant libanais ouvert. Le type est sympa et parle français. C'est un libanais qui a vécu longtemps au Québec, puis est venu s'installer ici avec sa famille il y a trois ans. Son restaurant n'est ouvert que depuis trois semaines et apparemment, ça tourne bien. On discute ensemble de tout et de rien jusqu'à tard dans la nuit. Il trouve que les argentins sont fainéants et voleurs. Bref, il a déjà le défaut des expats qui critiquent tout. Depuis quelques jours, j'ai des méchantes courbatures au niveau du dos et des reins. Je me demande si je n'ai pas choppé la grippe A moi ?
samedi 16 janvier 2010
Vers les déserts du nord
J'ai comme une impression de ne pas avoir suffisamment profité de Mendoza. Tout d'abord parce que l'hôtel était dans un endroit pas très joli et éloigné du centre. Et puis à cause de mon rhume qui m'a un peu claqué et m’a forcé à me reposer dans ma chambre. Il y a une règle d'or quand on voyage longtemps, on se calme quand on est malade. Sinon, c'est le retour direct sous perfusion. Bref, je quitte Mendoza sur ma faim. Je paye l'hôtel au fameux Christian qui essaie encore de m’arnaquer en voulant me faire payer un extra pour surconsommation de clim. Le con, il ne doute de rien. Je lui explique gentiment que je ne suis pas dans mes meilleures humeurs. Il comprend vite et me fait généreusement cadeau de la taxe. Pour me rendre à la gare routière, je prends un bus de ville. Malheureusement, ici on paye par carte d'abonnement, ce que bien sur je n'ai pas. Je veux bien payer mais le chauffeur n'a pas de monnaie. Il me dit de monter quand même. Bon, sympa. Seulement, pas de bol, à l'arrêt suivant un contrôleur monte. Je lui explique que je n'ai pas de ticket et pas de carte, et que le chauffeur m'a autorisé à monter sans payer. Très gentiment, il m'explique le système des cartes d'abonnement. Mais quand je lui dis que je ne reste pas à Mendoza et que je vais juste à la gare routière prendre mon bus, il me sourit et me souhaite bon voyage. Puis, il va contrôler le voyageur suivant. Nos contrôleurs Ratp ont des leçons à prendre. Arrivés à la gare routière, un petit vieux du bus vient me prévenir que je suis arrivé. Ils sont vraiment gentils ces argentins. Le bus part avec une demie heure de retard, on ne sait pas trop pourquoi. Heureusement qu'il y a la clim parce que dehors, on sent qu'il fait vraiment très chaud. Les paysages sont quasiment désertiques. La terre sableuse a remplacé la terre tout court. Au loin, on longe les sommets arides des contreforts des Andes. Je suis obligé de fermer partiellement les rideaux de la fenêtre car ma voisine suffoque. C'est vrai que ça cogne bien. De toute manière, les paysages sont vraiment semblables tout au long de la route. Nous arrivons à La Rioja en fin de journée. Il est 20 heures mais il fait encore très chaud. Je crois que c'est l'endroit le plus chaud d'Argentine. Je prends un taxi car j'ai la flemme d'attendre un bus. C'est une taxi-woman. Elle m'amène à un premier hôtel qu’on m’avait conseillé. Il est complet. Je sors mon Lonely et vais au suivant sur la liste à pied. Heureusement, il n'est pas très loin. Ils ont une chambre pour moi. Pas mal. En tout cas, plus sympa qu'à Mendoza. Comme je n'ai mangé qu'un paquet de chips à midi, je vais tacher de trouver de quoi dîner en ville. Malgré l’heure tardive, il fait toujours chaud. Les rues sont pleines de passants qui doivent profiter de la fraicheur relative de la nuit pour se promener. C'est beaucoup plus populaire qu'à Mendoza mais néanmoins tout aussi sympathique. La bouffe du petit resto que je trouve près de la grande place est dégueulasse. Essai raté. En rentrant à l'hôtel, je tombe sur pleins d’autres restos qui ont l'air pas mal. C'est pas mon jour. On tentera ça demain.
vendredi 15 janvier 2010
Balades en ville
J'ai envie de changer d'hôtel. Celui-là est relativement cher et pour être honnête, pas terrible. La clim ne marche pas bien, il est bruyant et surtout il est situé assez loin du centre. Certes, Christian, le gérant est très sympa mais parfois ça ne suffit pas. J'en trouve un autre en plein centre ville, près d’une charmante petite place, vachement bien et beaucoup moins cher. Je rentre donc à l'hôtel pour payer mes nuits passés et reprendre mes affaires. Christian est parti pour la journée. C'est son sbire qui m'emmerde. Il me dit qu'il est plus de dix heures et que je dois donc payer la nuit d'aujourd'hui. Je râle en lui faisant comprendre que pour un dépassement d'une heure, c'est pas très commercial. Il n'en a que faire. Je suis donc contraint de rester là cette nuit. Pas cool ! En tout cas, je lui fais comprendre que la clim a intérêt à marcher sinon ça va chier grave ! Je vais lui péter la gueule comme dirait Stéphane. Bref, c'est pas très grave tout ça mais ça énerve un peu. Je vais me balader dans le centre ville pour visiter des quartiers que je n'avais pas encore vu. Je trouve que ça manque de jolis vieux bâtiments. C'est dommage. Il est certes très agréable de se promener à l'ombre des grands arbres mais les rues sont assez semblables. J’en profite pour réserver mon billet de bus pour La Rioja, demain matin. C’est dans le nord et il parait que c’est très joli. Je passe voir la gare désaffectée. J’aime bien ces endroits abandonnés. La ligne qui va au Chili ne fonctionne plus depuis 10 ans. Il est question de la refaire à neuf mais pour l’instant, il n’y a plus d’argent dans les caisses. C’est la crise. En début d'après-midi, dès que la chaleur tape bien, je rentre à l'hôtel pour profiter de Ma clim si chèrement payée. Ah, j'aime pas perdre ! Je ressortirai ce soir à la fraiche.
jeudi 14 janvier 2010
Puente del Inca
La nuit fut courte. Mais je me réveille en meilleure forme qu'hier. Aujourd'hui, je vais faire une excursion dans les montagnes des Andes, du coté de la frontière chilienne. Un minibus vient me chercher vers 7h30. Un type énorme vient s'assoir à coté de moi. Il a fallu que ça tombe sur moi. C’est pas mon jour. Il est un peu simplet mais gentil comme tout. Chaque fois qu'il voit quelque chose d'intéressant, il me le montre. Le problème, c'est qu'il me parle en espagnol comme si je le maitrisais parfaitement. J'ai parfois du mal à le comprendre. Tous les touristes du bus sont des argentins en vacances. Je suis le seul étranger. Ambiance familiale et gaie. Il y a aussi parmi nous trois superbes minettes. Je sens que l'excursion va être intéressante... Mais bon, va falloir que mon voisin me laisse respirer un peu. D'habitude les guides m'emmerdent, mais faut reconnaître que celui là est plutôt pas mal. Je suis méchant car d'une manière générale, les guides argentins sont vraiment des pros (sauf ma rouquine de Puerto Madryn bien sur) et de surcroît très sympas. On passe d'abord par la route des vignobles. Mendoza est la première région viticole d'Argentine. Et ils en sont fiers. Il y a pleins d’excursions pour visiter les caves. Moi, j’avoue que ça ne m’intéresse pas trop. Je préfère le boire. Puis nous commençons notre ascension dans les Andes. C'est la route qui mène à Santiago du Chili. Santiago qui n'est qu'à quelques kilomètres de Mendoza. Je retrouve avec plaisir les paysages de montagnes désertiques découpées de Salta. C'est grandiose. Il fait beau. Nous montons jusqu'à 4 000 mètres d'altitude au Cerro del Cristo Redentor. C’était l’ancienne route serpentueuse pour aller au Chili. Au col de la frontière, ils ont érigé là un immense Christ pour commémorer la fin des querelles territoriales entre les deux pays. Le Vatican s'est apparemment bien impliqué dans ces accords pour éviter un conflit. Au loin, on distingue dans les nuages, l’Aconcagua, le plus haut sommet du continent américain (6 960 m). L'endroit est venteux et plutôt frais. On prend vite quelques photos puis on redescend dans la vallée. On déjeune tous ensemble dans une petite auberge. Pas cher et ambiance sympathique. Sur le chemin du retour, on s'arrête à Puente del Inca pour voir une arche rocheuse naturelle recouverte de dépôt minéraux apportés par des eaux chaudes sulfureuses qui lui donne une couleur orange. Puis nous rentrons sur Mendoza. À 20 kms de l'arrivée, nous prenons une grande route à 4 voies. De l'autre coté de la route et sur tous les ponts, il y a des milliers de gens qui sont stationnés là à attendre quelque chose. Nous ne mettons pas longtemps à comprendre qu'il sont là pour le passage du Dakar. Et effectivement, nous croisons un paquet de 4x4 et camions du Dakar. Dans le bus les gens gueulent "Dakar, Dakar" dès qu'ils aperçoivent un véhicule du rallye. Je ne pensais pas que le Dakar était aussi populaire ici. En tout cas, je l'aurai aperçu. Quelle veine !
mercredi 13 janvier 2010
Le parc San Martin
J'ai la tête dans le cul. Le rhume me rend complètement amorphe. Je sens qu'il ne va pas falloir trop s'exciter aujourd'hui. Je profite de la fraicheur de la matinée pour aller faire un tour dans le grand parc San Martin. L'accès se fait par une immense grille importée d’Angleterre par bateau. Nous sommes en semaine et il n'y a pas grand monde. Je suis fasciné par le système d'irrigation. Chaque arbre est relié à un petit canal d'eau. Des jardiniers régulent le débit en permanence, un peu comme dans les oasis du Sahara. Ça demande un travail de titan mais le résultat est là. Il y a une véritable forêt de grands arbres splendides. On imagine que pour en arrivé là, il a fallu des centaines d'années de soins intensifs. C'est d'autant plus flagrant lorsqu'on gravit la colline au bout du parc qui domine la ville, le Cerro de la Gloria. A son sommet, il y a un immense monument pompeux qui commémore la victoire de l’armée des Andes commandée par le général José San Martin qui libéra l’Argentine, le Chili et le Pérou du joug espagnol. On a une vue panoramique sur les alentours. Au loin, ce ne sont que des collines désertiques, mais Mendoza est un oasis de verdure. Je sens la fièvre et l'étourdissement du rhume qui prennent le dessus. Le nez est bouché et la migraine cogne. Il est temps de rentrer et de s'allonger.
mardi 12 janvier 2010
Mendoza
Avec la chaleur et les clims, j'ai réussi à choper un petit rhume. Le premier en trois mois. Le matin, il fait bon. J'en profite pour aller visiter la ville avant la grosse chaleur. Mendoza fait parti de ces villes qui ont un charme particulier. On s'y sent tout de suite bien. Sans doute grâce à ses grands arbres centenaires qui donnent beaucoup d'ombre et à tous ses petits canaux qui font circuler l'eau le long des trottoirs. Il y a comme une petite ambiance d'oasis. Marcher dans le centre de Mendoza est très agréable. Peut-être un peu trop de gaz d'échappement. Il y a pleins de jolies boutiques et des terrasses de cafés. Il y a aussi plusieurs petites places avec de jolies fontaines et toujours de grands arbres majestueux. J'en profite pour chercher un autre hôtel plus proche du centre. J'en trouve un au même prix plus sympa. Je réserve pour demain. Vers 14 heures, la chaleur devient accablante. Je vais me réfugier dans ma chambre climatisée.
lundi 11 janvier 2010
Retour vers les Andes
J'aurai pu faire le voyage de nuit car il n'y a pas grand chose à voir à part la traversée des villes. Toujours ces immenses étendues de steppes désertiques. Il n'y a qu'en arrivant à Mendoza qu'on voit au loin la barrière montagneuse des Andes. C'est par là que sont situés les plus hauts sommets à plus de 6 000 mètres d'altitude. Dehors, il fait très chaud. On apprécie la climatisation du bus. Nous arrivons à Mendoza vers 20 heures. La gare routière est immense. On dirait un aéroport. Je marche en portant mon lourd sac vers l'endroit où se trouve les hôtels pas trop chers. J'aurai sans doute dû prendre un taxi. Mais difficile quand on ne sait pas trop où on va. Au bout de quelques kilomètres, je trouve une auberge de jeunesse. Tout est complet. Je suis en sueur et n'ai plus trop envie de marcher. Le type de l'auberge me propose d'appeler un hôtel qu'il connaît. Ils peuvent venir me chercher en voiture. J'accepte. L'hôtel en question n'est pas terrible et relativement cher mais je suis trop crevé pour en chercher un autre. On verra ça demain. Je vais diner vite fait puis me couche. Que c'est bon un lit...
dimanche 10 janvier 2010
Neuquén
J'ai dû dormir à peine quelques heures. Avant d'arriver à Neuquén, le bus longe une longue falaises de toutes couleurs. C'est assez joli mais surtout surprenant au beau milieu des plaines de pampa. Encore une curiosité géologique. Je me renseigne au bureau de tourisme de la gare routière pour trouver un gîte en ville et si possible pas trop loin. Ce type d'officine qu'on trouve dans presque toutes les gares routières est très pratique et, il faut le reconnaître, assez efficace. On m'en indique un assez proche. Quand j'arrive, un type charmant m'informe que son gîte est complet. Quand il voit ma mine déconfite, il me propose d'attendre un peu. Il a une chambre qu'il réserve aux chauffeurs de bus mais parfois, ils ne l'utilisent pas. Si à 10 heures ils ne se manifestent pas, il me la donne. J'attends donc en prenant un petit déjeuner. Finalement, j'ai bien fait d'attendre. Il me la montre. Elle est tout à fait convenable. Après une bonne douche, je vais faire un tour dans le centre ville. C'est assez loin. Il faut parcourir 4 kilomètres à pied. On est dimanche, les magasins sont fermés et les rues sont quasi désertes. On dirait une ville morte. Il n'y a rien d'extraordinaire à voir. Je vais au point culminant de la ville pour voir le panorama. Une ville au milieu d'un désert. J'ai du mal à trouver un resto ouvert. Puis, je retourne à pieds à l'hôtel. La chaleur commence à se faire ressentir. Il fait 37°C. Moi qui voulais retrouver la chaleur, je suis servi. J'arrive assoiffé à l'hôtel puis fais une sieste. Il n'y a de toute manière rien d'autre à faire. À mon réveil, un voyageur allemand vient partager ma chambre. Il voyage seul comme moi. Il est très sympa. Il me montre ses photos en stéréo. Elles sont splendides. Il les prend avec un appareil argentique à deux objectifs. Le rendu du relief est saisissant. Puis, nous allons ensemble faire quelques courses au supermarché du coin pour dîner ce soir à l'hôtel. Dans la chambre d'à coté, il y a toute une famille d’argentins de Buenos Aires qui est en vacances. Ils vont à Saint Martin de los Andes demain. Ils sont tout contents de discuter avec moi. Je leur raconte un peu mon voyage. Le père me dit que je connais surement mieux l'Argentine que lui. Il n'a que deux semaines de vacances par an. Quand je lui dis qu'en France, on en a cinq, il me dit qu'on a beaucoup de chance. Je me couche assez tôt car demain matin, le bus de Mendoza part à 7 heures.
samedi 9 janvier 2010
Ecomusée
Les gens de l'hôtel ne sont pas des plus sympathiques. Ils n'ont pas besoin de l'être, leur hôtel est toujours complet. Ils refusent régulièrement du monde. Surement parce que c’est l'un des moins chers du centre ville. Comme mon bus ne part qu'à 22 heures ce soir, je leur avais demandé de garder mon sac durant la journée. Apparemment, ça leur pose problème. Ils préfèrent que je le déposer à la consigne de la gare routière. Ce que je fais. Impossible de me balader avec ce fardot. Là, au moins, je serai plus léger. Je vais faire un tour à pied de l'autre coté de la baie, face à la ville. Il y a parait-il un écomusée intéressant. Il fait beau et chaud mais ça reste supportable grâce au vent frais qui vient de la mer. C'est l'idéal pour marcher. Il est à peine 11 heures et la plage est déjà bondée de monde. C'est une ambiance plutôt familiale de vacanciers argentins. Il y a de tout pour rendre les gens heureux. Cerfs-volants, planches à voile, ski nautique, volley, etc... Il me faut parcourir environ 8 kilomètres pour me rendre à l'autre bout de la baie. La vue sur Puerto Madryn est assez jolie. J'arrive malheureusement trop tard au musée. Il ferme dans 20 minutes et ne rouvre qu'à 17 heures. Je n'aurai donc pas l'occasion de le visiter. Sur le chemin du retour, je passe devant un joli restaurant avec une belle vue sur la mer. Je m'installe sur la terrasse pour y déjeuner. Assiette de coquillages cuits et une grande bière. Je glande là un bon moment avant de rentrer doucement en ville. Soudain, vers 19 heures, une tempête de vent s'abat sur la ville. Le ciel est tellement chargé de sable et de poussières qu'on a du mal à respirer. Tout vole de partout. Les gens se réfugient là où ils peuvent. Moi, je me planque dans un supermarché. Les vitres tremblent sous la pression de l'air. La plage s'est vidée en quelques secondes. Les rafales de vent sont impressionnantes. Les arbres sont presque couchés. Je comprends maintenant pourquoi ils ont du mal à pousser dans cette région. Les gens ont l'air habitué à ce spectacle apocalyptique. Au bout d'une heure, tout s'arrête aussi vite que ça a commencé. Je me dirige alors vers la gare routière. Je récupère mon sac à la consigne puis attends mon bus. C'est un bus de première classe avec sièges couchettes. Le luxe. Mais j'ai toujours autant de mal à m'endormir.
vendredi 8 janvier 2010
Pause à Puerto Madryn
Il fait tellement bon ici que j'ai décidé de rester une journée de plus. Je passe mon temps de bar en resto tout en bouquinant mon guide pour préparer la suite de mon voyage. La prochaine étape, Mendoza, m'a l'air sympathique. Il y a apparemment pleins de choses à faire et à voir. Je passe à la gare routière pour réserver mon bus. La distance pour Mendoza est longue. Je m'arrêterai à Neuquen, à mi-chemin, pour faire une halte. Ce sera un bus de nuit avec couchette. C'est la première fois que je vais prendre ce type de bus. D'habitude, je préfère voyager de jour mais vue la monotonie des paysages en Patagonie, je ne louperai pas grand chose.
jeudi 7 janvier 2010
Péninsule de Valdés
La péninsule de Valdés est réputée pour sa réserve naturelle mais surtout pour ses baleines qu'on peut apercevoir de très près. Malheureusement, en ce moment ce n'est pas la bonne période. Elles sont déjà parties vers le sud. Il y a donc peu de chance d'en voir. J'hésite à visiter l'endroit car on m'a dit que sans les baleines, ça n'a pas grand intérêt. On ne voit que les animaux qu'on voit partout. Peut-être des orques mais rien de sur. D'un autre coté, c'est l'occasion de faire une bonne balade. Un minibus vient donc me chercher à l'hôtel à 8 heures. Nous sommes une dizaine. Quatre israéliennes dans le fond qui ne font que papoter en hébreu (j'aime pas beaucoup le son de cette langue), deux hollandais, un espagnol et deux vieux argentins. Mais surtout le clou du spectacle, c'est la guide, Valéria. Une rouquine un peu gourdasse d'une nullité incroyable. Elle parle anglais comme une vache argentine. Elle récite bêtement son texte. Le plus impressionnant, c’est qu’elle a parfois des absences. Alors qu'elle parle, tout d'un coup, elle s'arrête. Sa tête devient inerte, ses yeux sont fixes. Y a un fusible qu'a pété. A quoi pense-t-elle ? Dort-elle ? Cherche-t-elle la suite de son texte ? A-t-elle oublié de fermer le gaz ? Ça dure une dizaine de secondes. Tout le monde la regarde inquiet, puis c'est reparti comme si de rien était. Il n'y a pas grand chose à voir sur la route, elle doit donc meubler avec des commentaires absolument inintéressants sur la géologie du coin dont manifestement, elle ne connaît pas la moindre signification à ce qu'elle raconte. Comme elle est assise à coté du chauffeur, tournée vers nous entre deux appuis têtes, chaque fois qu'on passe dans un trou ou une bosse, elle se cogne la tête au plafond. J'ai des crises de fous rires à en pleurer. Je suis obligé de me planquer derrière le siège pour ne pas qu'elle se vexe en me voyant. C'est tellement énorme que j'ai parfois l'impression qu'on est filmé en caméra cachée. À l'entrée du parc, il faut payer 45 pesos. Pour aller plus vite, elle nous propose de collecter l'argent et d'aller payer elle-même. C'est vrai, c'est plus simple. Mais c'est mal connaître Valéria. Evidemment, tout le monde donne soit un billet de 50, soit un de 100. Et pour rendre la monnaie, mémorable ! Elle ne se souvient plus qui a donné quoi. Un vrai merdier. Elle doit retourner deux fois à la caisse pour refaire de la monnaie. On reste dans le minibus plus de vingt minutes à attendre. Mais elle est où cette putain de caméra ? Bref, tout le long du voyage ce sera comme ça. Du pure bonheur cette fille. La visite de la péninsule n'a honnêtement pas grand intérêt. Nous observons quelques éléphants et lions de mer, des pingouins sur une plage, un petit village avec pleins de touristes. Bref, rien de folichons. Mais ce sera une visite que je n'oublierai jamais grâce à Valeria. En rentrant à l'hôtel, j'ai mal au bide tellement j'ai ri.
mercredi 6 janvier 2010
Puerto Madryn
J'ai bien dormi. J'en avais vraiment besoin. L'air de rien, ça fatigue ces voyages en bus. Je sors pour prendre un petit déjeuner. Hier soir, c'était difficile de me rendre compte mais je suis agréablement surpris par Puerto Madryn. C'est une jolie ville balnéaire où les argentins d’un certain standing viennent passer leurs vacances. Les rues sont commerçantes et animées. Il y a des minettes partout. La plage est propre. Les gens se baignent. Bref, un endroit paisible et agréable. Tout le contraire de Rio Gallegos. Le ciel est bleu. Pas un nuage. Et puis surtout, il fait chaud grâce au vent chaud venant de l'ouest, de la pampa et des courants marins tropicaux de l'Atlantique. Le garçon de café me dit que la semaine dernière, c'était la canicule. Il faisait plus de 35°C. Ça va faire plus d'un mois que je ne me suis pas baladé en chemisette. Quel bonheur ! J'avoue que je commençais à me lasser du froid et de la pluie. Je crois que je vais rester plus longtemps que prévu ici. Je m'installe sur la terrasse d'un restaurant sur la plage avec vue sur la mer pour mettre mon blog à jour. C'est Saint Trop…
mardi 5 janvier 2010
La pentagonie argentine
Nuit assez mouvementée toujours à cause du bide. Je n’avais qu’à pas m’empiffrer comme ça au resto. Faut toujours se méfier des chinois… Je retourne donc à la gare routière vers 9 heures. C’est parti pour une longue tirée de 1 000 kilomètres soit 18 heures de voyage. Le bus a plus d’une heure de retard. Je suis assis tout devant pour admirer le paysage. En fait de paysage, il se résume à d’immenses étendues de pampas désertiques. Pas un arbre. Des guanacos (sorte de lamas sauvages) traversent la route de temps en temps pour agrémenter le voyage. Beaucoup de gens font le voyage en avion car c’est long et monotone. Mais je refuse de prendre l’avion. Ça fait partie du voyage. Heureusement, mon iPod est là pour passer le temps. Parfois, nous apercevons des champs pétrolifères avec leurs derricks ou des éoliennes près des villes. C’est vrai que c’est l’endroit idéal pour ce genre d’énergie. Il y a du vent tout le temps. A Comodoro Rivadavia, deux paraguayennes qui rentrent au pays pour leurs vacances viennent s’asseoir à coté de moi. Deux vraies pipelettes. Elles n’arrêtent pas de causer. Elles sont marrantes. On rigole bien. L’une d’elle cherche un français pour se marier. Ça tombe bien, je suis dispo. Mais quand je lui donne la température de Paris en ce moment, elle demande à réfléchir. On arrive à Puerto Madryn à 2 heures du mat. Pas facile de trouver un hôtel à cette heure. Les rues sont désertes. Je finis par en trouver un dans le centre. Cher pour ce que c’est mais j’ai trop sommeil pour chercher un autre.
lundi 4 janvier 2010
Rio Gallegos
Que c'est dure de se lever à 4 heures du mat. Au sortir de ma chambre, je trouve une dizaine de personnes qui comme moi prennent leur bus ce matin. Mais personne ne va à Rio Gallegos. Il fait déjà jour dehors. Trois bus attendent près du port. Chacun pour des destinations différentes. Dès le départ, tout le monde cherche à se rendormir. Mais pas facile avec cette route sinueuse. Comme je l'avais déjà faite à l'aller, je ne perds donc pas grand chose. Je ne sais pas qui a partagé la frontière de la terre de feu entre le Chili et l'Argentine mais c'est mal foutu. Résultat, nous devons franchir deux fois la frontière, soit quatre postes de douanes. Encore pleins de tampons sur mon passeport. Et toujours avec le même flegme des douaniers. Sans oublier le bac au milieu pour franchir le détroit de Magellan. Bref, tout ceci prend beaucoup de temps ce qui fait qu'on arrive à 18 heures seulement à Rio Gallegos. J'ai bien fait d'avoir prévu une halte. Ce n'est pas que la ville soit d’un grand intérêt mais je suis lessivé. Une bonne nuit me fera le plus grand bien. Je trouve une place dans le dortoir dans un petit hôtel non loin de la gare routière. La patronne est gentille comme tout et l'hôtel est très propre. J'en profite pour lire mes mails. J'ai pas mal de réponses à mes vœux. Ça fait plaisir. Je tombe de sommeil mais je veux tout de même aller faire un tour en ville, histoire d'avoir une petite idée de l'ambiance. Je ne suis pas déçu. C'est bien simple, il n'y a rien à voir. C'est glauque à souhait. Des blocs de rues inertes. Je ne sais pas quel imbécile a décidé de créer des villes en quadrillage. Surement un militaire ou un économiste. En tout cas, c'est pas une réussite. Ça manque d'originalité. Seule une petite partie de la rue principale est un peu animée. Les jeunes qui doivent s'emmerder ferme roulent à fond avec leurs bagnoles pourries. Ils ont dû supprimer le silencieux de leur pot d'échappement. Ça fait un vacarme du diable. Je ne sais pas comment les gens supportent ça. Comme je n'ai mangé qu'un sandwich dans le bus, j'ai une bonne petite faim. Je dîne dans un restaurant chinois et dévore le buffet. Au retour vers l'hôtel, je prends quelques photos de n'importe quoi qui pourrait agrémenter mon blog. Une femme en voiture inquiète s'arrête à mon niveau et me demande gentiment pourquoi je prends des photos. Je lui dis que je suis un touriste. Elle comprend mieux et s'en va rassurée. Qui peut prendre des photos ici à part les fous ? À l'hôtel, je rencontre un couple de brésiliens avec qui je partage le dortoir. Ils habitent le sud du Brésil et m'ont donné envie d'y retourner.
dimanche 3 janvier 2010
Parque de la Terra del Fuego
Ce matin, il y a un grand ciel bleu et aucun nuage à l'horizon. Ça tombe bien, c'est le jour où je veux aller randonner dans le parc de la Tierra del Fuego, situé à une quarantaine de kilomètres à l’ouest d’Ushuaïa. Il faut compter une petite heure en bus pour y parvenir. La route est très belle. Quand il fait beau, tout est beau. On paye un droit d'entrée puis le minibus nous dépose à différents endroits où débutent des chemins de randonnée. On m’a conseillé de faire le Senda Costera, celui qui longe la côte. Il fait environ 8 kilomètres. C’est vrai qu’il est magnifique. On marche à travers des bosquets tout en longeant la baie Lapataia. L'eau est tellement bleue qu'on se croirait au bord de la méditerranée. Il y a pas mal de marcheurs, mais tout le monde va dans le même sens. Ce n'est donc pas gênant. À la fin du chemin, on tombe sur un immense camping où les argentins viennent en famille passer leurs vacances ou leurs week-ends. Chaque emplacement dispose d'un barbecue pour faire des grillades. Il y a des odeurs de feu de bois et de viande grillée partout. Ça m'ouvre l'appétit. A la petite cafétéria du camping, ils n’ont que des hamburgers dégueulasses. J’en prends un quand même. J’aurai peut-être pas dû. Beurk ! Comme j'ai encore du temps pour me promener avant le départ du bus, je vais marcher sur un nouveau chemin qui longe un autre lac et va jusqu'à la frontière chilienne. C'est pas qu'il soit extraordinaire en diversité mais il passe dans de belles forêts. La principale difficulté du chemin consiste à contourner tous les arbres morts qui trainent par terre un peu partout. Le chemin s'arrête pile poil à la frontière où un panneau nous rappelle qu'il ne faut pas passer. En bon français, je vais m'assoir au Chili. Pour une fois que je peux passer la frontière sans tracasseries administrative, je ne vais pas me gêner. Je regarde ma montre, il est 16h15. Il y a un bus qui part du camping à 17 heures. Si je me dépêche un peu, je peux l'avoir. J'avais surestimé ma vitesse de marche. J'arrive trop tard. Je vais donc faire un autre chemin en attendant le bus suivant de 19 heures. Au milieu du chemin, la pluie tombe fort. Je suis vite trempé. J'arrête un minibus d'une autre compagnie qui gentiment me laisse monter pour me ramener à Ushuaïa. Le soir à l'hôtel, je prépare mon sac car je me lève tôt pour prendre le bus de Rio Gallegos à 5 heures du mat.
samedi 2 janvier 2010
Le canal de Beagles
Comme il parait que c'est assez difficile de trouver des places de bus pour aller vers le nord (à cause des vacances scolaires, je suppose), je vais dans une agence pour réserver les miennes. J'en trouve une pour Rio Gallegos lundi prochain et une autre pour Puerto Madryn le lendemain. Rio Gallegos n'a parait-il pas grand intérêt du point de vue touristique. Mais je préfère faire une halte à mi-chemin de Puerto Madryn plutôt que de me taper 30 heures de bus. En général, je ne dors pas très bien dans les transports. Comme il ne fait pas trop mauvais, je décide d'aller faire un tour en bateau sur le canal de Beagles. Il y une pléthore de petites agences sur le port qui proposent des excursions. Nous partons en début d'après-midi. La petite croisière dure environ quatre heures. Il y a un monde fou qui attend sur le quai. Heureusement, nous ne sommes que 25 sur notre petit bateau. Certains catamarans transportent plus d'une centaine de personnes. De vraies usines à touristes. Parmi nous, il y a trois russes bien beaufs dont un qui est énorme. Il est si gros qu'il a du mal à marcher. Il fait peine à voir. Nous débarquons tout d'abord sur une petite île pour observer quelques oiseaux mais surtout pour admirer la vue sur Ushuaïa depuis une petite colline. La guide nous explique l'histoire des anciens habitants de la terre de feu. Ils étaient assez primitifs et vivaient presque nus. Incroyable ! Comment pouvaient-ils résister au froid ? Sans doute l'habitude. En tout cas, ils ont tous disparu soit à cause des maladies que leur ont apportés les colons, soit parce qu'ils ont été tirés comme des lapins pour leur piquer leurs terres. Puis nous reprenons le bateau pour nous rendre au faro (phare) des naufragés (en français dans le texte). C'est certainement l'endroit le plus au sud de la planète où j'aurai été. De l'autre coté du canal, c'est le Chili. Il n'y a apparemment pas grand monde qui y vit. Sur le chemin, nous observons les inévitables pingouins, des phoques et des cormorans. C'est plus amusant de regarder les touristes mitrailler de photos plutôt que les bestioles elles-mêmes. La balade a duré quatre heures. Ce n'était pas extraordinaire mais au moins on a bien pris l'air.
vendredi 1 janvier 2010
Le nouvel an
La plus part des gens ont fait la fête hier soir, donc tout le monde se réveille tard. On voit les derniers fêtards dans la rue bien imbibés d’alcool qui rentrent chez eux. Tous les commerces sont fermés aujourd’hui. Ça va être une journée cool. En plus, il ne fait pas très beau. Bref, toutes les excuses pour glander. Une fois n’est pas coutume. Mais parfois, ça fait du bien de se poser un peu. Il y a un salon sur la mezzanine de l’auberge. Certains viennent là pour se reposer en écoutant de la musique. Dans l’après-midi, je vais me dégourdir un peu les jambes sur la jetée en face de la ville. Un gros paquebot surement rempli de riches touristes est accosté sur un quai. Beau panorama sur la ville. De gros nuages noirs bas cachent les montagnes. Ça fait de belles photos. Le soir nous dînons une dernière fois avec Stéphane et Eloïse. Ils ont acheté du fromage et de la charcuterie, et bien sur du vin rouge. Je n’aurai jamais autant bu de vin depuis que je voyage avec eux. Ça va me faire du bien de me remettre à l’eau. On se dit au revoir. Ils veulent se coucher tôt car ils prennent un bus demain matin à 5 heures pour Bariloche.
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