mardi 19 janvier 2010

Parcs d’Ischigualasto et de Talampaya

 Je me lève à 6 heures pour être fin prêt à l'arrivée du minibus. L'hôtel m'avait préparé mon petit déjeuner. Sympa. Dans le minibus qui vient me chercher à l'heure dite, il y a un couple de touristes italiens et une argentine, Alicia, en vacances. Bref, nous ne sommes que quatre dans ce grand minibus. En plus, je m'installe devant, à coté du chauffeur. Place royale pour prendre des photos. Cette nuit, il a apparemment beaucoup plu. Les bas cotés de la route sont trempés. On a le droit au lever du soleil. Il éclaire petit à petit la sierra montagneuse sur notre droite. C'est magnifique. Quelques nuages restent accrochés aux sommets mais ça devrait se lever assez vite. La route est assez longue pour parvenir aux parcs. Il faut compter environs 250 kilomètres. Mais on ne s'embête pas, il y a toujours quelque chose à voir. Notre chauffeur est un petit vieux ronchon mais sympathique. Pour lui, tout est de la faute du gouvernement. Nous arrivons à 9 heures à l'entrée du premier parc. Le parque Ischigualasto. Il se trouve dans la province de San Juan, juste à la limite de celle de La Rioja. Ce petit détail a son importance, on verra pourquoi plus tard. On paye l'entrée puis suivons le convoi d'une vingtaine de voitures et minibus. Les paysages sont irréels. Il y a partout des formations rocheuses découpés de manière très artistique par les eaux de ruissèlement. Je me régale en photos. Ce parc est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité car ils ont retrouvé un paquet de fossiles de dinosaures et autres bébêtes préhistoriques. Il y a certes beaucoup de visiteurs mais c'est tellement beau qu'on l'oublie assez vite. On s'arrête à la fameuse vallée de la lune. Il parait qu'on peut la visiter les soirs de pleine lune. Ça doit être envoutant. Comme il a plu toute la nuit, le guide du parc n'est pas sur qu'on puisse faire la boucle complète du circuit. Il nous faut en effet franchir plusieurs rios qui risque d'être plein d'eau. Mais en fait, ça passe. Tous les sites sont magnifiques. La lumière est splendide, grâce notamment à l'absence de poussière. Ce sont les bienfaits de la pluie qui rend le sol humide et stable. De retour à l'entrée du parc, nous visitons un petit musée sans grand intérêt puis repartons pour le deuxième parc, à une centaine kilomètres de là. Le Parque de Talampaya, qui, lui, se trouve au sud de la province de La Rioja. Nous déjeunons ensemble rapidement au petit resto de l'accueil du parc. Bouffe genre snack pas terrible. Nous faisons plus ample connaissance. Alicia est directrice d'école. Elle ne gagne que l'équivalent de 800 euros par mois. C'est parfois dur de joindre les deux bouts nous dit-elle. Elle est accablée par la victoire de Piñera, le candidat de droite au Chili. Comme beaucoup de professeurs en Argentine, elle est de gauche et le revendique. Les italiens sont de grands voyageurs. Ils connaissent bien la France. Mais il ne parlent qu'italien. Quelques mots d'espagnol et de français, c'est tout. Ça ne doit pas être tous les jours simple de se faire comprendre. Vers 15h30, des minibus du parc viennent nous chercher pour faire la visite qui dure environ deux heures et demie. Ici, pas question de rentrer avec son véhicule. Ce qui fait que l'entrée au parc est beaucoup plus chère. Il y a donc beaucoup moins d'argentins parmi nous. Les paysages du parc sont assez différents de ceux de ce matin. Il s'agit d'immenses falaises de canyons sculptées par le vent et l'eau. On dirait des cathédrales ou plutôt des orgues. C'est grandiose et étonnant. Il y a aussi pas mal de rocher solitaire en forme de quille. Un vrai décor de western. Nous avons la chance d'apercevoir quelques condors au loin et des maras. Ce sont de petits animaux avec une grosse tête de lapin sur un corps de chien. La visite passe trop rapidement. Dommage qu'on ne puisse pas marcher un peu et prendre le temps d'admirer toutes ces merveilles de la nature. Au retour, nous retrouvons notre chauffeur et reprenons la longue route vers La Rioja. Le soleil a tourné, nous découvrons donc de nouveaux paysages. C'est une belle région. A mi-chemin, nous nous arrêtons dans un petit boui-boui au bord de la route digne de Bagdad Café, pour acheter de l'eau. Nous rencontrons trois jeunes routards, dont deux français qui attendent un hypothétique bus pour les emmener à La Rioja. Je leur propose de venir dans notre minibus puisque nous ne sommes que quatre. Moyennant finance, notre chauffeur accepte. Ils sont tout content. Puis la longue route continue. À environ 30 kilomètres de La Rioja, nous sommes arrêtés au barrage de gendarmerie pour un contrôle. Jusqu'ici, rien d'anormal. Il y a un nombre de gendarmes impressionnant. Apparemment, ils contrôlent tout le monde et au peigne fin. Notre chauffeur n'a pas l'air rassuré. Et pour cause, il n'a pas d'autorisation pour emmener des touristes hors de la province de La Rioja. Le jeune gendarme incorruptible ne veut rien lâcher. Il parait que le gouvernement a lancé toute une campagne de contrôle depuis un mois et ça ne rigole pas. Bref, le minibus et notre chauffeur doivent rester là pour régulariser la situation. Quant à nous, il faut repartir avec un autre bus. Les gendarmes s'en occupent. Ils nous arrêtent trois bus avant d'en trouver un avec de la place pour nous sept. Ils s'excusent presque pour ce qui nous arrive. Nous laissons donc notre chauffeur à ses tractations et repartons. Nous arrivons à la gare routière tard dans la nuit. Finalement, on rit bien de notre aventure. On a tout de même passé une excellente journée. Un taxi nous raccompagne chacun à notre hôtel. On se dit au revoir. Je vais diner vite fait chez mon pote libanais puis retrouve ma chambre suffocante de chaleur. Vite, la clim...

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