lundi 30 novembre 2009

Balade sous la pluie

 Bon, ben le temps ne s’est pas amélioré. Les nuages sont encore très bas. Il ne pleut pas mais ça ne devrait pas tarder. Je vais voir la météo sur internet. Ils ne prévoient pas d’amélioration avant jeudi. Décidemment, Pucon et moi, on ne se comprend pas trop. Il n’y aura pas moyen de voir ce fichu volcan. C’est décidé, je pars demain pour Bariloche. Il ne fait pas plus beau là-bas, mais au moins c’est une grande ville. Il y aura forcement des trucs à faire. Je vais chercher mon billet de bus à l’agence puis j’envoie un mail à Janet & John pour les prévenir de mon arrivée. Après le déjeuner, je décide d’aller me promener un peu dans la campagne. C’est l’occasion de tester l’étanchéité de mon nouveau coupe-vent bleu (et non rouge comme voudraient le faire croire certains). A peine sorti de l’hôtel, la pluie tombe. Le ciel n’a décidemment aucun humour ou alors il n’aime pas le bleu. Le coupe-vent tient à peu prêt le coup mais le jean beaucoup moins. Et un jean mouillé, c’est lourd. Heureusement, ce n’est qu’une averse. Le vent me sèche assez vite. Je me dirige un peu au hasard. Une belle piste m’emmène jusqu’au bord d’une rivière. Le courant est très fort. Sans doute à cause des fortes précipitations de ces derniers jours. Je me hasarde à longer la rive par un petit sentier au risque de devoir faire demi-tour. Il est plutôt agréable à parcourir. Il y a des arbustes à fleurs jaunes partout. Je vois des traces de vélos assez fraiches. Ça doit être un parcours de vtt. Il vient toujours un moment où l’on se demande s’il faut faire demi-tour ou si on continue en espérant trouver un autre chemin pour revenir. Je tente la deuxième solution. Et j’ai bien fait car je tombe sur une superbe passerelle qui enjambe le rio en furie. Le tablier est en planches de bois. Les voitures l’empruntent lentement une par une. Enfin, il faut se résoudre à faire demi-tour car la pluie menace. Les nuages sont vraiment foncés. Le retour est plus facile. Il suffit de suivre une bonne piste toute droite. J’hésite à faire du stop mais c’est bon de marcher. Le retour est beaucoup plus long que prévu. Ce fut finalement une belle marche de 15 kms.

dimanche 29 novembre 2009

Journée de pluie

 Il a plu toute la nuit. Je le sais car le toit de ma cabane est en tôle et ça résonne. Je n'avais pas eu de pluie depuis San Ignacio, c'est à dire depuis un mois environ. Au matin, pareil, il pleut sans discontinuer. Je comprends maintenant pourquoi la région est si verdoyante. La température aussi a changé. Il fait environ 5°C le matin et ça monte à 13° l'après-midi. On se croirait en France. Beurk ! Les nuages sont très bas. On distingue à peine les montagnes environnantes. J'ai l'impression que ça va être une journée de glande. De toute manière, pas question de faire une excursion avec ce temps de merde. Je me lève tout de même pour prendre mon petit déjeuner. Je surfe sur internet en attendant une accalmie. Je reçois un mail de mes amis américains. Ils sont arrivés à Bariloche en Argentine. C'est à peine à 500 kms d'ici. Au début, je pensais aller à l'île de Chiloé avant d'aller les voir. Mais vu les prévisions météo, je vais sans doute changer mes plans. Je descendrai dans le sud plus tard quand le beau temps arrivera enfin. Ça s'arrête de pleuvoir, je vais marcher un peu dans le village. Je monte sur le belvédère du cimetière pour avoir une vue en hauteur. Durant la montée je me prends un grain. Mais ça ne dure pas. Belle vue sur Pucon et son lac. Les contacts avec les chiliens ne sont pas évidents. On ne peut pas dire que se soient des grands marrants. On a l'impression qu'ils font tout le temps la gueule contrairement aux argentins. Mais quand on creuse un peu, ils sont plutôt sympas. Mais faut creuser. Au bout d'une heure la pluie reprend de plus belle. Je rentre à l'hôtel. Il n'y a pas grand chose d'autre à faire. Je discute avec le gérant. Un homme charmant et fort sympathique. Il est agronome. C'est un passionné d'environnement et de produits bios. Il milite pour la préservation de la Patagonie chilienne. Il a beaucoup voyagé dans le monde et notamment en France. D'où son français presque sans accent. Il me donne pleins de tuyaux pour la suite de mon voyage. On sort les cartes et les guides. Il connaît la Patagonie par cœur. Il doit partir ce soir pour Santiago mais revient mardi. On aura l'occasion de rediscuter ensemble. Ça m'a bien rempli l'après-midi tout ça. La pluie s'arrête enfin et le vent chasse les nuages. Quelques rayons de soleil apparaissent. Mais il fait toujours très frais. Je peux enfin découvrir les paysages environnants. Je constate avec surprise que le volcan n'est pas là où je le pensais. Il est encore sous les nuages mais beaucoup plus loin. Demain, ils annoncent du meilleur. On y verra mieux.

samedi 28 novembre 2009

Pucon

 J'adore dormir dans le froid. Résultat, je me réveille à 10 heures. Après un bon bol de café noir, je vais découvrir le village. Il ne fait pas beau aujourd'hui. Les nuages sont très bas mais il ne pleut pas. On se croirait dans une station de montagne en Suisse. Les maisons sont fabriquées en bois. La rue centrale est bordée de magasins de sports, d'hôtels, de restaurants, de loueurs d'équipements et d'agences d'excursions. On peut tout faire ici. Escalade, randonnées, vtt, canoë, cheval, etc... Beaucoup de citadins viennent y passer leurs vacances. Par chance, ce n'est pas encore la saison. Il n'y a donc pas encore grand monde. Un groupe de quatre chiens errants m'accompagne dans ma balade. Ils sont plutôt sympas mais un peu collant. Deux d'entre eux me suivront jusqu'au bout. Ce sont mes nouveaux amis. Je longe le lac volcanique. Le sable de la plage est bien gris. Il y a quelques pédalos sur l'eau. Mes deux chiens me suivent toujours. De temps en temps, nous en croisons d'autres qui leur font bien comprendre qu'ici ce n'est pas leur territoire. Ils se collent alors contre moi pour que je les protège. Moi qui n'ai pas beaucoup de sensibilité pour les animaux, me voilà chef de meute. Je m'enfonce un peu dans la campagne. J'emprunte des petits sentiers quand j'en trouve mais parfois, il faut couper à travers champs. Parfois, je tombe sur des marécages. Il faut faire demi-tour. Le volcan majestueux est juste devant nous. Mais aujourd'hui on ne voit que sa base. Le reste est sous les nuages. Dans les prés, on rencontre des chevaux, des vaches comme en Normandie et pleins de jolis oiseaux. Mes compagnons ont la fâcheuse habitude de courir après tout se qui bouge. Difficile de prendre en photo des chevaux qui ne galopent pas, des vaches qui paissent tranquillement ou des oiseaux qui ne s'enfuient pas. Ils me font presque honte ces deux cons. On va finir par se prendre un coup de chevrotine par un paysan mécontent. Je m'en fous, je les connais pas ces chiens, moi. Je retrouve un petit chemin gravillonné qui nous ramène au village. Je rentre dans un petit resto en espérant que les deux pots de colle trouveront un autre couillon à suivre. Penses-tu, une heure plus tard, à peine sorti du resto, voilà mes deux potes qui rappliquent. Ils m'attendaient bien sagement. Oula ! Va falloir qu'on cause sérieux tous les trois ! Il tombe quelques gouttes, je rentre à l'hôtel.

vendredi 27 novembre 2009

La route des volcans

 À cause du congrès du parti socialiste, tous les hôtels du coin sont complets à partir de ce soir. Je pourrais en chercher un dans un autre quartier, mais je pense avoir fait le tour de Santiago. J'ai plutôt envie de descendre dans le sud. Me voilà donc parti pour Pucon, à 800 kms au sud, soit 11 heures de bus. Je réussi à me dégoter une place devant. La route est une quatre voies. C'est la panaméricaine qui descend en Patagonie jusqu'à Puerto Montt. Elle trace tout droit entre la mer et la chaîne des Andes. C’est plat, parfois un peu vallonné. On distingue au loin sur notre gauche les sommets enneigés. Plus on descend, plus ça devient vert. Du coté de Talca, ce sont des vignobles à perte de vue. Dans la région de Temuco, c'est carrément l'Auvergne. D'immenses forêts d'eucalyptus et de pins. Il y a beaucoup d'exploitations forestières. On croise très fréquemment des camions transportant du bois. L'avantage des voyages en bus de jour, c'est qu'on peut observer les paysages. C’est quand même mieux que l’avion. Mais ça parait beaucoup plus long que ceux de nuit. À peine sorti de Temuco, on aperçoit le volcan majestueux de Villarica. On est pourtant à 70 kms. Pucon se trouve juste au pied de ce volcan. Plus on va vers le sud, plus la nuit tombe tardivement. Il est plus de 21 heures et il fait encore jour. Ça change de San Pedro où il faisait nuit à 19 heures. On arrive à destination vers 22 heures. Il fait bigrement frais. Va falloir changer de garde-robe. Je trouve sans peine l'auberge "¡ ecole !". C'est un petit chalet. Par chance, ils leur restent une chambre. Elle est petite mais charmante. Il y a même un radiateur qui fonctionne. Et sur le lit un gros édredon. Trop froid et trop fatigué pour prendre une douche. J’étudierai la question demain. Je vais manger un bout au resto de l'auberge. Ils font essentiellement de la cuisine végétarienne. Je choisis une quiche aux champignons avec de la salade. Délicieux ! L'hôtel est rempli d'américains et d'allemands. Pour une fois pas de français.

jeudi 26 novembre 2009

Le cerro de San Cristobal

 Ce matin, j'ai envie d'aller me balader au parc métropolitain du Cerro de San Cristobal. C'est un ensemble de collines qui dominent la ville. Il y cent ans, il n'y avait que des cailloux sur ces collines. Rien ne poussait. Et puis la ville de Santiago a décidé d'en faire un parc. À grands coups d'arrosage (les tuyaux enterrés servent encore), ils ont réussi à faire pousser une forêt dense. C'est plutôt réussi. Pour atteindre les hauteurs, on utilise un funiculaire en bois d'époque. On arrive sur belvédère avec une magnifique vue panoramique sur la ville. Malheureusement, le temps n'est pas très clair. Je ne sais pas si c'est la brume ou la pollution mais on ne voit pas très loin. Santiago, encaissée dans une cuvette entourée de montagnes, est réputée pour être une ville très polluée. C'est un sérieux problème. Au sommet, il y a une immense statue d’une vierge blanche. On est bien en pays catholique. Il y a des églises, des croix et des vierges partout. Je décide de redescendre à pied. Dommage qu'ils n'aient pas prévu de chemins de randonnée. On doit se taper la route goudronnée. Je découvre une immense piscine en plein air. Le cadre est idyllique. Il n'y a presque personne dedans. Moi qui n'aime pas l'eau, ça donne presque envie. La route descend en serpentant le long de jardins florales très jolis. La sortie du parc et à l'opposé de l'entrée. Pour retourner dans le centre, je dois traverser des quartiers huppés. Superbes baraques dignes de Chantilly. Devant chaque maison, au moins trois voitures. Une pour monsieur, une autre pour madame et le 4x4 pour le week-end. Un jardinier arrose les pelouses et taille les plantes. Je me demande s'ils ne mangent pas par terre tellement c'est propre. Il y a encore une bonne distance pour rentrer à l'hôtel. J'en ai plein les pattes mais je préfère tout de même marcher. Je m'arrête dans une agence pour prendre un billet de bus pour Pucon demain. Que de monde sur les trottoirs. En allant dîner, je traverse un petit attroupement de personnes qui écoute un type chanter des chansons nostalgiques à la guitare en regardant un diaporama de personnes disparues ou tuées durant la dictature Pinochet. J’ai l’impression que les chiliens n’ont pas encore fait leur deuil de cette période. Je peux comprendre.

mercredi 25 novembre 2009

Santiago du Chili

 Je prends mon café avec deux françaises qui comme moi parcourent l'Argentine et le Chili. Au début, elles n'avaient pas prévu de venir au Chili. Puis, elles ont changé d’avis. Je leur prête mon guide car elles n'en ont pas. Je fais mon sac, fais la bise à Ercilia, la proprio, puis me rends à pied à la gare routière. Je prends un bus pour Santiago qui part immédiatement. Il y a environ 110 kms d'autoroute pour se rendre à la capitale. On traverse des paysages similaires à ceux du sud de l'Europe. Ce sont des montagnes recouvertes de petites forêts. Santiago est situé sur une plaine entre la chaîne des Andes et le massif montagneux de la côte. Plus de la moitié des chiliens habitent dans cette région. Arrivé au terminal de bus, je prends le métro pour me rendre dans le centre ville. Le métro me rappelle Paris. Pas étonnant, il a été construit par une entreprise française. Son réseau est relativement étendu. Il est bondé. Je descends à la station "Université du Chili" pour me rendre dans le quartier « Paris-Londres ». C'est le coin où on peut trouver des hôtels pas trop chers. L'hôtel "Paris" est complet. Le type de l’accueil m'explique qu'il y a un grand congrès du parti socialiste cette semaine (le siège est à coté) et que les participants ont pris d’assaut tous les hôtels pas chers du coin. Il me conseille d'aller voir l'hôtel "Londres" situé non loin de là. Ils auront peut-être de la place ? Je vais voir. Il se trouve en effet à un pâté de maisons sur une petite place ravissante. Tout le quartier est d'ailleurs très joli. Les rues sont en pavés et les immeubles sont assez typiques de Santiago. Heureusement, ils leur restent une chambre toute simple avec un petit balcon donnant sur la placette. Superbe ! J'ai beaucoup de chance. Je vais me promener dans le centre ville. Je commence par le célèbre palais de la Moneda, là où Salvador Allende a été tué. Je ne me l'imaginais pas tout à fait comme ça. Les rues sont essentiellement piétonnes et d'une propreté exemplaire. Il y a des magasins de luxe partout. On est très loin de Calama, la cité ouvrière du nord. Une foule de gens plutôt friqués déambule dans ces rues. On retrouve vraiment le rythme parisien. J'aime bien. Il y a des affiches électorales partout. Il faut dire que les élections sont proches. En gros, il y a plusieurs listes mais les principales sont celles de Piñera (droite), un riche milliardaire et celle de Frei, un socialiste soutenu par la présidente actuelle Michelet (elle ne peut pas se représenter). Les chiliens doivent élire à la fois les députés, les sénateurs et le président. Les sondages donnent Piñera en tête. Mais rien n'est joué. On voit un peu partout des sympathisants brandir des drapeaux et distribuer des tracs. Ils doivent se douter que je suis étranger car ils ne m'en proposent jamais. Je passe voir la plaza de Armas où se trouve la cathédrale puis, je gravis le cerro de Santa Lucia où l'on peut admirer toute la ville. Dans le lointain, on distingue à peine les sommets des Andes avec leur neige éternelle.

mardi 24 novembre 2009

Les cerros Conception et Alegre

 Ce matin, le temps est couvert. Je trouve enfin un Kway pas trop cher dans un magasin. Je risque d’en avoir sérieusement besoin dans le sud. En fait, il fallait demander un coupe-vent (cortoviento) et non un imperméable. Je vais me promener sur les cerros (collines). C'est beaucoup plus calme qu'en bas. Il n'y a pas grand monde qui se promène comme moi. Faut dire que les guides n'arrêtent pas de mettre en garde les touristes des risques d'agressions lorsqu'on sort des sentiers battus. Ça doit en refroidir plus d'un. Pour ma part, je n'ai pas du tout l'impression d'être en insécurité. Il y a pleins d'escaliers qui montent et qui descendent. Un vrai labyrinthe. Mais on a peu de chance de se perdre car il y a toujours un point de vue qui permet de se repérer. Il y a des petits hôtels et des restaurants avec des vues splendides sur la baie. Les cerros Conception et Alegre sont les plus pittoresques et aussi les plus touristiques. C'est un quartier très bobo. Les maisons en bois sont peintes de toutes les couleurs. Le rendu est plutôt pas mal. Depuis que l’UNESCO à déclarer la ville comme patrimoine mondial, il y a des travaux de réhabilitation partout. Je passe toute la matinée à déambuler dans les rues. Parfois, je m'assois un moment sur un banc pour admirer les panoramas. Puis, je descends dans le centre où je trouve un resto, genre self, pas terrible. Il faut que je rentre à l'hôtel mettre mon blog à jour. J’ai plusieurs jours de retard.

lundi 23 novembre 2009

Valparaiso

 La chambre est tellement calme que je me suis réveillé à 10 heures. Avant de partir me promener, je donne un paquet de linge sale à laver. La proprio me donne une carte de la ville et me conseille les lieux intéressants à voir. Valparaiso est une grande ville qui a le plus grand port de marchandises du Chili. On aperçois partout des énormes grues qui servent à transborder les containers. Le centre ville “El Plan” est entouré d'une trentaine de collines recouvertes de maisons. L'ensemble est assez joli. Les points de vue sont nombreux. Aujourd'hui, j'ai décidé de me promener essentiellement dans la partie basse de la ville. Je longerai toute la baie de l'est à l'ouest. La lumière est magnifique. C'est bon pour les photos. Je découvre quelques bâtiments anciens superbes à coté d'autres plutôt immondes. Il y a un sacré travail d'urbanisme à faire ici. On pourrait rendre cette ville extrêmement belle. Mais ça demanderait beaucoup d'argent et je ne suis pas sur que ce soit la priorité pour l'instant. Au port, on me propose une petite virée en bateau pour admirer la baie vue du large. C'est pas extraordinaire mais ça permet d'avoir une autre vision de la ville. On passe à coté de gros croiseurs de guerre. A bord, les marins font leurs manœuvres. Le petit tour ne dure qu'une demi-heure, mais c'était intéressant. Puis j'emprunte un "ascensor", un funiculaire en fait, qui permet de monter les collines sans trop se fatiguer. Il y en a quinze en tout, repartis dans toute la ville. Mais je ne sais pas si tous fonctionnent. Le point de vue depuis l'Artilleria, à l'ouest de la baie, est splendide. Beaucoup de gens viennent ici pour admirer le paysage. Alors que je me promène avec mon reflex à la main dans les petites ruelles aux alentours, un homme me conseille vivement de planquer l'appareil. Il me dit que le quartier n'est pas sur et qu'il faut éviter de montrer des objets de valeur. C'est drôle, je ne ressens absolument aucun risque particulier. Mais on ne va pas tenter le diable. Je le remercie et range mon reflex dans mon sac à dos. J'utiliserai le petit Canon plus discret. Je rentre à l'hôtel en repassant par le centre.

dimanche 22 novembre 2009

Toujours vers le sud

 Mon bus pour Valparaiso ne part qu'à midi. J'ai donc le temps de surfer sur Internet et de papoter avec les uns et les autres. De nouveaux routards arrivent et les anciens partent. Je dis au revoir à Maria et toute sa famille. Nous échangeons nos adresses mails avec Jens et quelques autres. Peut-être nous reverrons-nous dans le sud ? Le bus part avec un peu de retard. La route longe l’océan bleue foncé. Je m'endors pendant une heure ou deux. À mon réveil, le paysage a changé. C'est beaucoup plus vert. On voit maintenant des petits arbres apparaître. Il y a un peu de neige sur les sommets au lointain. Il n'y a pas de doute, on va vers le sud. On traverse des villages. Là aussi, l'habitat change. C'est plus européen. Nous passons par Viña del mar, la ville balnéaire où les riches santiaguinos viennent passer leur vacances. Rien à dire, c'est propre. Le bus arrive vers 20 heures à la gare routière de Valparaiso. Je me dirige vers un gîte familial qu'on m'a conseillé "l'Hospitales de Ercilia" non loin de la gare. C'est en effet un endroit charmant et pas cher. Il y plein de bibelots et de photos encadrées partout. On a l'impression d'habiter chez quelqu'un. J'ai une immense chambre pour moi tout seul. Le gamin de la proprio s'est foulé la cheville. Il passe son temps à jouer devant l'ordinateur. Ça fait râler sa mère. Comme je n'ai mangé qu'un sandwich dans le bus, j'ai l'estomac qui crie famine. On est dimanche et tous les commerces sont fermés. Je trouve un petit chinois ouvert. Je prends des nouilles sautées avec plein de trucs dedans. C'est délicieux.

samedi 21 novembre 2009

Jens

 Après deux jours d'excursion, on va se la jouer cool aujourd'hui. Je flemmarde donc le matin puis je vais faire un tour en ville avec Jens, un allemand, haut d'au moins 1m90 et blond comme un teuton. Impossible de le perdre de vue, il est repérable à 500 mètres. Jens est très sympa. Il se balade en Amérique du sud au grès de ses humeurs. Il ne sait jamais où sera sa prochaine destination. C'est en discutant avec les gens qu'il se décide. Un vrai bohème. Nous déjeunons dans un resto pas cher mais bon. Puis nous nous installons à la terrasse d'un café d'une rue piétonnière pour prendre un expresso. Il est plus de 14 heures et tous les magasins sont fermés. Il n'y a pas grand chose à faire. On marche dans les rues sans but particulier. On va faire un tour dans le grand centre commercial. On se croirait en France. Très chic mais aussi très cher. C'est sûrement réservé à l'élite. On va faire quelques courses dans un supermarché type Carrefour pour ce soir à l'hôtel . C'est toujours intéressant de voir les produits qui se vendent. Beaucoup viennent de France. Pour le dîner, on se retrouve à six autour d'une table. Un couple de français qui fait le tour du monde, deux filles belges francophones, Jens et moi. Soirée joyeuse où chacun raconte ses aventures.

vendredi 20 novembre 2009

La réserve de Humbold

 On vient frapper à la porte de ma chambre à 8 heures. J'ai complètement oublié de me réveiller. Je m'habille en catastrophe et vais retrouver le minibus un peu plus loin en ville. C'est le même chauffeur qu'hier. Toujours aussi bougon. Pour nous rendre à la réserve des pingouins et des dauphins de Humbold, nous empruntons la route panaméricaine vers le nord. Il y a un dilemme pour la visite de cette réserve. Les écologistes pensent que l'afflux de touristes est néfaste pour l'écosystème des animaux et d'autres pensent que ça fait vivre toute une population de pêcheurs qui doivent prendre bien soin de leur gagne-pain. Nous arrivons à Punta de Choros, un petit village de pêcheur, et embarquons dans deux petites barques de pêcheurs. Je me retrouve avec tout un groupe de retraités allemands assez excités. Pour certains, le mot hystérique conviendrait mieux. La réserve est constituée trois îles. La première est totalement interdite d'accès, la deuxième peut-être longée sans être accostée et on peut se promener sur la troisième. Lors de la traversée, nous apercevons trois grosses baleines. Il parait que c'est très rare de les voir à cette saison. Elles viennent de l’équateur et descendent vers l’antarctique. Les marins tentent de les approcher mais elles sont difficiles à suivre. Elles plongent pour réapparaître là où on ne les attend pas. Mes allemands n'arrêtent pas de crier "Baleines !, Baleines !" (en allemand bien sur). De vrais gosses. Les guides sont aux anges. Moi, je me demande ce que je fous là. Puis nous longeons la deuxième île. "Oh ! Pingouins, Pingouins !" Bref, ça crie dès qu'on aperçoit un nouvel animal. J'aurais du emporter mes boules Quiès. Mais, il faut reconnaître que c'est assez fascinant de voir tout ces animaux d'aussi prêt. Pour les photos, c'est génial. On voit des pingouins-pingouins, des éléphants de mer, des pélicans et des oiseaux de toute sorte. Par contre, pas de dauphins aujourd'hui. Puis, on lâche le troupeau de touristes sur la troisième île pour se promener une petite heure. J'avoue que toucher la terre ferme après avoir été balloté par les vagues ne fait pas de mal. Je vais dans le sens opposé du troupeau. C'est très calme et très beau mais je comprendrais aisément qu'on interdise l'accès des îles pour foutre la paix aux bestioles. De retour au quai, nous allons déjeuner dans un charmant restaurant du village avec vue sur la mer. Au menu, poisson bien sur. Retour à La Serena en ayant l'impression d'avoir vu un film de Cousteau. Ce soir à l'hôtel, c'est barbecue. C'est de toute façon mieux que le poulet-frites. L’hôtel est tenu par toute la famille de Maria. Fils, filles et cousins, tous adorables et serviables. L’ambiance est très chouette. Adresse à recommander vivement.

jeudi 19 novembre 2009

Pisco Elqui

 Il fait très beau ce matin. Pas de brume, mais toujours frais. Normalement, il était prévu que j'aille visiter la réserve des pingouins aujourd'hui. Mais un type vient me prévenir que les autres participants sont malades et qu'ils ont donc dû annuler l'excursion. Je leur propose d'aller visiter la vallée de l'Elqui à la place. Pas de problème. Un minibus vient me chercher à 9 heures. Le chauffeur-guide est un vieux un peu ronchon mais sympathique. Il parle bien le français. Et pour cause, il a vécu 20 ans en France pendant la dictature de Pinochet. Il est tout content de parler avec des français. Je découvre enfin les alentours de La Serena. C'est semi-désertique. En gros il n'y a pas grand chose qui pousse. Un peu comme dans le sud de l'Espagne. Il ne pleut que sept jours par an. Dans la vallée de l'Esqui, c'est différente car il y a un rio qui coule alimenté par les sommets de 4 000 mètres. Les paysans se servent de ce rio pour irriguer les plaines et font pousser de la vigne et des manguiers. Ce qui fait que le contraste est saisissant entre les vallées verdoyantes et les collines désertiques. La région produit le Pisco. Un alcool à base de raisins et de mangues. C'est plutôt bon. On fait de très bons cocktails avec. Nous visitons la petite ville de Vicuña, le chef-lieu de la région. C'est un endroit paisible. Puis, inévitablement, nous visitons une distillerie de Pisco. Les alambiques sont très anciens mais ça fonctionne toujours. Le raisin et les fruits se ramassent encore à la main. Bref, c'est très artisanale. Pour déjeuner, nous allons dans un restaurant qui utilise des réchauds solaires pour faire cuire les aliments. C'est pas con. Il y a du soleil tous les jours ici. Je goute au ragoût de chèvre. C'est délicieux. Puis nous montons par une très jolie route à Pisco Elqui, un petit village pittoresque. Le site est joli mais il n'y a pas grand chose à faire. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans un petit musée. C'est l'ancienne école de Gabriela Mistral, la première et unique femme sud-américaine à avoir reçu un prix Nobel grâce à ses poèmes. Elle a donné tout l'argent du prix pour créer une école dans son village et scolariser tous les enfants de la région. Les chiliens en sont très fiers. Elle fait parti des personnages important ici. Son portrait est même sur les billets de 5 000 pesos. Bon, l'école en soit n'est pas extraordinaire, mais ils ont exposé des anciennes cartes scolaires et des vieux livres intéressants. Nous retournons à La Serena en fin de soirée. C'était une petite visite bien agréable. Le soir, je vais diner avec un allemand et deux hollandaises. Nous avons un mal fou à trouver un resto ouvert. Il n'est pourtant que 21h30. On se rabat sur une gargote crasseuse qui ne fait que du poulet frites. Pas terrible.

mercredi 18 novembre 2009

La Serena

 Le temps est brumeux. Il parait qu'ici, c'est souvent comme ça le matin. À cause des courants marins froids qui circulent le long de la côte. La première priorité est de trouver un hôtel. Mais à 6 heures, tout est fermé. Je me balade un peu avant de sonner à la porte du Maria's Casa. Une gentille femme m'ouvre mais ne peut m'héberger car c'est complet. Après une petite conversation sympathique, elle me propose finalement une chambre de secours. Ravissante (la chambre). Je me couche et réussi à dormir une petite heure. Après une bonne douche pour me purger de la crasse du voyage, je vais en ville. Une jolie ville de province. Durant les vacances d'été (janvier et février), beaucoup de chiliens viennent passer leurs vacances ici. En ce moment, c'est plutôt calme. Je passe dans une agence que m'a conseillée l'hôtel pour savoir ce qu'on pouvait faire d'intéressant dans le coin. Un type très sympa (à l'italienne) me propose deux circuits. Le premier, pour aller voir une réserve de pingouins et de dauphins et un deuxième pour aller visiter la région de Pisco Elqui où l'on produit du vin et des fruits. Ça marche ! Un minibus viendra me chercher à l'hôtel demain à 8 heures. Après déjeuner, la brume se lève enfin et le soleil apparaît. Malgré le ciel bleu, le fond de l'air est encore frais. On supporte le pull. La plage se trouve à 3 kilomètres du centre. Il faut parcourir une immense avenue bordée d'arbres et de palmiers. J'y vais à pied. C'est bien de marcher. On voit toujours pleins de choses intéressantes. Au bout de l'avenue se trouve un ancien phare qui n'est plus en service. Puis c'est l'océan pacifique et une immense plage. Je touche l'eau, une première pour moi. De retour à l'hôtel, on me propose de participer à un barbecue ce soir. Je crains de ne pas tenir le coup car je sens la fatigue du voyage. Mais j'accepte. Ils n'allument le feu qu'à 21h30. Ça va être dur de tenir. C'est finalement très sympa. Tout le monde se rassemble autour du feu pour se réchauffer. Il y a de la barbaque pour un régiment. Je fais la connaissance de deux canadiens anglophones et d'un couple de français qui viennent du sud. Ils ont eu très froid. Et surtout beaucoup de vent. J'ai déjà froid ici, qu'est-ce que ça va être en bas ? Certains finissent la soirée au salon pour finir le Pisco (un alcool local). Moi, je vais me coucher car mon excursion commence à 8 heures.

mardi 17 novembre 2009

Le désert d'Atacama

 À partir de maintenant, je vais descendre plein sud. Prochaine destination, La Serena. Une ville balnéaire située sur le Pacifique. Mon bus partira en début d'après-midi et roulera toute la nuit pour arriver au petit matin. Je profite de la matinée pour me balader un peu. Il fait très beau et pas trop chaud, sans doute à cause de l'altitude. Calama est à 2 500 mètres. C'est étonnant le nombre de chiens errants qu'il y a dans les villes au Chili. Il y en a de toutes les tailles et de toutes les races. Ils sont toujours en bandes. Ça n'a l'air de déranger personne. Au café, je lis dans le journal que les grévistes d'hier étaient des professeurs. Les élections présidentielles chilienne sont en décembre. C'est le moment pour revendiquer. C'est aussi le moment pour les élus de faire des travaux visibles. Ils sont donc en train de refaire toutes les chaussées du centre. Ça fout un beau bordel mais les gens prennent ça avec philosophie. Je quitte Calama sans trop de regrets. Sans doute qu'avec plus de temps, on peut s'attacher à cet endroit. Le bus traverse le désert jusqu'à Antofagasta, une grande ville portuaire. Il n'y a que sable et pierre. Pas un brin d'herbe, aucune végétation. Les montagnes sont complètement pelées. Le trafic routier est important. Essentiellement des camions, des bus et des 4x4. La route suit la voie ferrée ou inversement. Les convois de trains sont longs de plusieurs centaines de mètres. Dans un sens, ils sont chargés de cuivre et dans l'autre, d'acide sulfurique pour extraire le cuivre. Il y a aussi de très grosses usines, blanches de poussières, qui doivent produire du nitrate ou quelque chose dans le genre. On voit aussi pleins de bulldozers, de niveleuses, de chargeurs qui remuent le sol et font d'immenses remblais. En gros, il y a une énorme activité autour de cette route. Après une barrière montagneuse, on descend sur l'océan pacifique et sur Antofagasta, la deuxième ville du pays, coincée entre montagne et mer. Nous devons descendre du bus à la gare routière pour qu'il soit nettoyé. J'en profite pour manger un bout dans un fastfood. On reprend la route vers 18h30. Nous revoilà dans le désert. Nous allons longer l'océan jusqu'à La Serena, situé 800 kms au sud. Nous avons droit à un magnifique crépuscule comme on en voit uniquement sous les tropiques. Jaune, orange et vert. Même moi, je le vois. C'est pour dire. La nuit tombe alors très vite. J'ai déjà du mal à dormir dans les transports, alors quand je suis à coté d'un ronfleur, c'est mission impossible. En plus, j'ai oublié mes boules Quiès dans mon sac qui est dans la soute. Je prends mon mal en patience. On arrive à La Serena au petit matin. Il fait très frais. Je ne suis plus habitué d'avoir froid.

lundi 16 novembre 2009

La mine de Chuquicamata

 
  C'est le départ des mineurs vers 6 heures qui réveille tout l'hôtel. C'est très bruyant ces bêtes-là. La visite de la mine est prévue à 14 heures. J'ai le temps d'aller marcher en ville. L'atmosphère a complètement changé par rapport à hier. Les magasins sont ouverts et il y a beaucoup plus de piétons dans les rues. C'est tout de même très populaire et on sent bien que les gens ne roulent pas sur l'or. En tout cas, ils sont très gentils. Vers midi et demi, je me dirige vers l'arrêt des taxis « collectivos » qui se trouve sur la place centrale juste à coté. Je retrouve trois touristes français et retraités. Une des dames est vraiment très conne. Le genre de touristes qu'on a pas envie de rencontrer. Elle déblatère banalités sur banalités. Il y a une petite vingtaine de kilomètres pour arriver à l'entrée de la mine. Sur la route, on est bloqué durant une demi-heure par une manifestation. Banderoles, haut-parleurs, chants et tout et tout... Les manifestants ont l'air plutôt sympas. Ils laissent passer les voitures de temps en temps. À l'entrée de la mine, un car vient nous chercher pour faire la visite. Nous sommes une quarantaine environ. On commence par voir la ville abandonnée. Les derniers habitants sont partis en 2007. Une étrange ville fantôme avec ses écoles, ses commerces, son cinéma et son hôpital. Toutes les familles ont été déménagées à Calama. Puis nous montons sur le sommet de la mine proprement dite. Il y a un va-et-vient incessant de camions gigantesques. Ils sont environ une centaine. Apparemment, ils roulent à l'électricité. Certains d’entre eux sont aussi grands qu'une maison. Ceux qui sont chargés roulent très lentement. Puis nous parvenons au mirador pour voir le panorama impressionnant du trou qui fait environ 3 kms de large sur 5 de long, avec une profondeur de 900 mètres. Dans le fond, les grues chargent les camions. La roche est parait-il verte. Je ne m'en rends pas vraiment compte. Après avoir été vidées de son cuivre (1%) les poussières de roches sont acheminés vers des immenses remblais. De puis 90 ans d'exploitation, ils ont créé de véritables montagnes. La visite est gratuite mais les dons pour une association d'enfants handicapés sont bienvenus. C'est pas con et logique. Difficile pour une entreprise qui gagne des milliards de faire payer. L'Asie, et notamment la Chine, est un gros consommateur de cuivre (électronique). Ce qui a fait flamber le cours du cuivre par dix. Une grosse partie de l'économie chilienne repose là. Je ne suis pas sur que tout le monde en profite mais en tout cas, ça fait du boulot. Nous retrouvons notre taxi à la sortie. Je largue mon trio infernal de français à la gare routière et rentre à l'hôtel.

dimanche 15 novembre 2009

Calama

 Je rêve depuis longtemps de voir de mes propres yeux la mine de cuivre à ciel ouvert de Chuquicamata. C'est à quelques kilomètres au nord de Calama. Pour la visite du site, il faut réserver par internet ; ce que j'ai fait. On ne peut pas dormir à Chuquicamata car toute la population a été évacuée à Calama, il y a 5 ans, à cause de la pollution. Mon bus part à 13 heures. Ce qui me laisse amplement le temps de me balader une dernière fois dans San Pedro et de prendre un bon désayuno. Le bus, super clean, emprunte la route nationale goudronnée. Il met à peine une heure pour rejoindre Calama. On traverse de grands espaces désertiques. Calama est une ville ouvrière hideuse. En plus, on est dimanche, tout est fermé et il n'y a pas grand monde dans les rues, à part les clochards. Je trouve un petit hôtel minable, près de la place centrale. Il sert de logement à certains mineurs et aussi d'hôtel de passe pour les prostituées du coin. Ambiance... C'est un peu glauque. Ça change de la très touristique San Pedro. Je vais dîner dans un resto pourri un poulet rôti dégueulasse. Bref, il n'y a pas grand chose à faire ici.

samedi 14 novembre 2009

Quitor

 Ce matin, c'est grac' mat'. Trois jours d'excursions, ça fatigue. Maxime et Marie dorment jusqu'à 11 heures. Moi, je vais prendre un copieux petit déjeuner dans le centre ville. J'en profite pour utiliser leur wifi. De retour à l'hôtel, je retrouve mes amis bien réveillés. Nous retournons en ville pour reprendre un petit déj'. Que faire aujourd'hui ? Leur bus pour le Pérou est à 20h45 ce soir. On a donc largement le temps d'aller faire une ballade. Nous allons louer des vtt pour aller voir les ruines d'un fort indien du village de Quitor situé à 3 kms à l’ouest. Il fait un temps splendide. Le ciel est d'un bleu pur. La piste est relativement bonne. Un peu de tôles ondulées et du vent de face. On s'essouffle assez vite à 2 400 mètres d'altitude. Le moindre effort devient vite une épreuve. En plus, c'est du faux-plat. On doit traverser plusieurs rios. Maxime tente une traversée en vélo et se trempe les chaussures. Marie qui roule en tongs prend moins de risque. Moi, je préfère retirer mes pompes pour rouler au sec et éviter ainsi les ampoules aux pieds. Nous arrivons sans peine aux ruines incas. Ce sont, en fait, plutôt des tas de pierres. Les indiens auraient résisté plus de vingt ans aux espagnols avant de se faire battre et trancher la tête. Un peu plus haut, il y a un mirador où il y a un point de vue magnifique sur toute la vallée. Nous coupons le chemin pour redescendre par le haut des ruines. La pauvre Marie a du mal à descendre avec ses tongs. Pas facile. Comme nous avons encore un peu de temps avant le départ de leur bus, nous décidons de prolonger la piste de 3 kms jusqu'à la Quebrada del Diablo, un joli petit canyon. Un petit chemin permet de circuler à l’intérieur entre les parois abruptes. Comme c'est à l'ombre, il y fait très frais. C'est très agréable. Le temps nous manque pour parcourir toute la gorge. Il faut penser à repartir. Le retour est beaucoup plus facile. Ça descend un peu et nous avons le vent dans le dos. Nous rendons les vélos, prenons une douche et allons boire un verre dans un bistrot du centre ville. Puis, je les accompagne à leur bus. Ça me fait un peu de peine de les voir partir. Nous avons passé 4 jours formidables ensemble. On se promet de se revoir en France. Je vais dîner tout seul au resto. Un peu le blues. Heureusement, on rigole bien avec la patronne. Ça me remonte le moral.

vendredi 13 novembre 2009

Las lagunas

 Aujourd'hui, on va découvrir les lagunes de Miscanti et Miniques, situées à 120 kms au sud de San Pedro. On vient nous chercher à 7 heures. Cette fois-ci, c'est un minibus de 18 personnes. On retrouve certaines têtes connues. Aujourd'hui, le ciel est nuageux. Il fera moins chaud mais la lumière sera aussi moins belle. Le soleil a l'avantage de mettre en valeur les reliefs. Dommage pour les photos. Nous prenons notre petit déjeuner dans une réserve de flamands roses. Elle est située sur le Salaar d'Atacama. Une immense étendue plate de sol salé. On voit le sel qui craquelle de toute part et forme comme des labours. Puis la route monte à Socaire. Un petit village d'altitude qui cultive des céréales et du tabac grâce au système de cultures en terrasses. Le village en soit n'est pas très beau mais il y a une jolie église. Puis nous grimpons à 4 300 mètres d'altitude pour admirer deux beaux lacs volcaniques. C'est ici que viennent se reproduire les flamands roses. On y trouve aussi des troupeaux de vigognes. D'habitude, les lacs sont d'un bleu profond, mais aujourd'hui, nuages obligent, c'est plutôt grisâtre. Le chauffeur prépare un piquenique assez copieux. Sur le chemin du retour, nous sommes tous vannés. Ça roupille dans le minibus. Sans doute à cause l'altitude et surtout de la fatigue de la route. On s'arrête au village de Toconao pour goûter à la fraicheur d’un oasis coincé dans une gorge où coule un petit rio. Il y a de grands arbres magnifiques, des fruitiers et des petits jardins maraîchers arrosés par des petits canaux d'irrigation. C'est vert, frais et paisible. Quel contraste avec l'aridité des alentours. Petite visite obligée de la place touristique du village puis retour à San Pedro. Une bonne douche s'impose, puis dîner au resto habituel où l'on déguste une spécialité du coin. Une bonne soupe avec de la viande de mouton grillée croustillante, des morceaux de poulet et des mollusques. Délicieux ! La patronne est un vrai cordon bleu.

jeudi 12 novembre 2009

Les geysers del Tatio

 Heureusement que Marie est venue me réveiller à 3h45 car mon réveil n'a pas fonctionné. Je suis un peu patraque car je n'ai pas beaucoup dormi. Surement à cause du poivre qu'il y avait dans la soupe d'hier soir. Il fait assez froid dehors. Ce sera pire tout à l'heure à 4 000 mètres d'altitude. Il y a environ 2 heures de piste pour atteindre les geysers. Le but est d'arriver vers 6 heures pour assister au lever du soleil. Les vapeurs d'eau des geysers sont plus impressionnantes au petit matin quand il fait encore froid. On nous a prévenu de nous couvrir chaudement. Sur place, il peut faire -5°C. Le van vient nous chercher à l'hôtel à 4 heures pile. Nous passons chercher à leurs hôtels respectifs 4 autres personnes qui nous accompagnent. Dans les rues, beaucoup de gens attendent dehors devant la porte de leur hôtel qu’un bus viennent les chercher. Il faut dire que la visite des geysers d'El Tatio est le circuit vedette de San Pedro. On compte environ 300 personnes par jours. Durant le trajet, on essaye de dormir tant bien que mal. Pas facile sur une piste défoncée. On aperçoit les phares des véhicules qui nous suivent ou nous précédent pour monter là-haut. Notre chauffeur-guide est très marrant et il conduit parfaitement bien. El Tatio est situé à 100 kms au nord de San Pedro, sur la frontière bolivienne. Arrivés sur place, il fait encore nuit et vraiment très froid. Et bien entendu, je ne me suis pas assez couvert. Je caille vraiment. De tant en tant, je suis obligé d’aller me réchauffer dans le van. Le spectacle des geysers est assez fantastique. Il y a des fumées de vapeur d'eau un peu partout. De temps en temps, un geyser explose et jaillit sur un dizaine de mètres de hauteur. Il faut éviter de toucher l'eau car elle est à 85°C. Il y a déjà eu des accidents. Lorsque le soleil se montre enfin au-dessus des montagnes, la température monte en flèche. Hum que c’est bon ! La température a du monter d'au moins 10°C en à peine un quart d'heure. On peut retirer une couche de vêtements. Pendant que nous assistons au spectacle des geysers, notre chauffeur nous prépare un petit déjeuner avec du café bien chaud et plein de bonnes choses à manger sur une petite table devant la voiture. Tous les autres chauffeurs des autres groupes en font de même.  Cette collation nous fait beaucoup de bien. Et le soleil nous réchauffe. Je revis. Les plus téméraires, dont je ne fais pas parti, vont se baigner dans une piscine naturelle avec une eau à 30°C. La sortie du bain doit être bigrement difficile. Brrr ! Puis, nous redescendons dans la vallée visiter un petit village d'éleveurs de lamas. Il y a une jolie église en pisé. Un paysan du village fait griller des brochettes de lama qu’il vend. C'est délicieux. En redescendant encore, nous nous arrêtons pour nous promener dans un canyon recouvert de cactus où coule une rivière d'eau claire. Mais d'où vient cette eau puisqu'il ne pleut presque jamais ? Ce sont, parait-il, des eaux des geysers et des eaux de nappes souterraines qui rejaillissent. C'est une sorte de petit oasis au milieu du désert. Il y fait plus vrai. C'est un endroit très agréable. Nous parcourons le canyon sur quelques kilomètres. De la marche et un peu d'escalade. Puis nous rentrons à San Pedro vers 14 heures. On est vanné. Surtout par le manque de sommeil et par soleil qui tape. Je tente une sieste sans trop de succès. On va boire une bière dans un bistrot branché du centre, puis retournons à notre resto fétiche où la patronne nous a cuisiné un bon poisson du pacifique.

mercredi 11 novembre 2009

La vallée de la Luna

 Je profite de la matinée libre pour mettre mon blog à jour. Cela fait 4 jours que je n'ai pas accès à internet ou très localement, juste histoire d'envoyer quelques mails. La température est très agréable. Il fait chaud mais sec. À l'ombre, il fait même bon. Le soir, une petite laine s'impose. Nous allons déjeuner avec Marie et Maxime dans un autre petit resto situé à quelques blocs de notre hôtel. Ici, on a le goût pour la déco. Les menus sont simples mais variés et bons, et surtout "barratos". À 15h30, nous allons prendre notre bus pour aller voir la vallée de la Luna et celle de la Muerte. Ce sont des endroits grandioses. On se sent tout petit face à ces étendues désertiques immenses. Nous nous trouvons par hasard, nez à nez avec une équipe de tournage de "Pékin Express". Ils commencent une nouvelle série qui se passera dans le désert d'Atacama. Le présentateur (je ne me souvient plus du nom) est debout sur un rocher et fait la présentation de l’émission. Il répète au moins vingt fois la même phrase. Il est juste accompagné d'un caméraman et d'un perchiste. Quand je pense que c'était le présentateur du "Bachelor". Ma série télé réalité préférée. Bref, on attend qu'ils aient fini pour prendre nos photos. Puis, nous allons marcher dans le désert et sur les dunes. Superbe ! À la tombée du jour, nous allons à la vallée de la Luna pour voir le coucher de soleil et les changements de couleurs sur les montagnes que cela provoque. Je ne discerne pas tout mais c'est beau tout de même. Dès que le soleil disparaît, la température chute de plusieurs degrés. La polaire s'impose. Nous retournons diner dans notre petit resto adoré en face de l'hôtel. Nous nous couchons tôt car demain, on vient nous chercher à 4 heures du matin pour aller voir les geysers d'El Tatio.

mardi 10 novembre 2009

San Pedro de Atacama (Chili)

 Pour pouvoir monter dans le bus qui va à San Pedro de Atacama au Chili, il faut se rendre devant un hôtel qui se trouve à un kilomètre en dehors de Punamarca, le bus ne passant pas par la gare routière du centre ville. Je me rends donc à pied devant cet hôtel vers 9 heures. J'y retrouve trois autres routards espagnols. Ils ont déjà leur billet pris à Salta. Il me conseille de me renseigner à l'hôtel, ce que je fais. La réceptionniste téléphone à Salta pour savoir s'il reste de la place. C'est bon, il en reste une. Je paye le billet plus cher que le prix qu'on m'avait indiqué à la gare routière. Commission de l'hôtel oblige. Il ne me reste plus que 4 pesos (0,90 €) en poche. J'espère ne pas avoir besoin d'argent avant le Chili. Le car arrive à l'heure prévue. Il est flambant neuf. Par contre, pas question de prendre mon sac avec moi. Ils veulent impérativement que je le mette dans la soute. J'obtempère, je n'ai pas trop le choix. Le bus est rempli essentiellement de touristes qui vont ou reviennent à San Pedro. Je suis assis à coté d'un jeune français étudiant à Santa Fé en Argentine. Ses parents sont à coté. Ils sont venu le voir pour leurs vacances. On papote un peu. C'est fou le nombre de touristes français qu'il y a dans cette région. Nous devons de loin surclasser les allemands. La route sinueuse monte au col. C'est la route que j'avais déjà empruntée lors de mon circuit des Salinas Grandes. Mais cette fois-ci, il fait beau. Ça change complètement. Les vitres du car sont immenses. C'est super pour la vue. Nous repassons devant les salines puis continuons vers la frontière. C'est une route d'altitude entourée de vallées et montagnes désertiques. Il ne pleut quasiment jamais ici. On se croirait sur mars ou sur la lune. Des immenses étendues de terre, de gravillons et de pierres. C'est désolé mais beau. Surtout assis dans un bus avec la clim. Seuls quelques petites touffes d'herbes poussent grâce à la petite humidité de l'air. Ce sont les troupeaux de vigognes qui en profitent. Ce doivent être les seuls animaux qui arrivent à vivre dans ce milieu aride. Le poste de frontière argentin est isolé au milieu de nul part. Le coin est balayé par des vents poussiéreux et froids. Les formalités vont relativement vite. Puis remontée dans le car où on nous sert un repas froid genre sandwichs sncf. Nous passons devant le volcan Licancabur, un cône presque parfait. De l'autre coté, c'est la Laguna Verde en Bolivie. J'y étais il y a vingt ans. Séquence émotion. La descente sur San Pedro est magnifique. On domine toute la vallée désertique sur des centaines de kilomètres. Quelques tourbillons de poussières donnent du relief au paysage. Le poste de frontière Chilien est à l'entrée de San Pedro. Ils fouillent au corps 2 ou 3 personnes et quelques sacs puis nous voilà au Chili. Je fais la connaissance d'un couple d'étudiants français. Lui, Maxime, prépare une thèse en math et elle, Marie, vient de terminer son DESS de tourisme et se prépare à rentrer dans la vie active. Nous cherchons ensemble un hôtel pas trop cher. Nous en trouvons un sommaire mais sympa un peu à l'écart du centre. Comme le courant passe bien entre nous, nous décidons de trouver une agence de tourisme pour faire des circuits dans la région. Il ya apparemment pleins de choses à voir. Une autre française qui est sur le départ, nous conseille une agence a priori très bien. Le type nous parait effectivement très bien. En plus, on peut payer en carte bleue. Ce qui nous arrange. Maintenant, il faut récupérer des sous. Ce n'est pas avec mes 4 pesos que je vais aller bien loin. Dans le guide, ils disent que les distributeurs automatiques sont souvent en panne à San Pedro et que parfois, il faut aller jusqu'à Calama (100 kms) pour chercher de l'argent. Heureusement pour moi, ça fonctionne. Par contre ça ne marche pas pour Marie. En fait, on comprend plus tard qu'elle a trop tiré sur sa carte en Argentine. Il faudra qu'elle change ses pesos argentins. Nous allons prendre une bière pression sur une terrasse de la plazza centrale puis dînons dans une gargote juste face de l'hôtel. Bon et pas cher.

lundi 9 novembre 2009

Punamarca

 Je libère ma chambre vers 11 heures puis passe à la gare routière réserver mon bus pour Punamarca. C'est un village situé à 100 kms au sud où je pourrai récupérer un car qui va au Chili, à San Pedro de Atacama. Il partira cet après-midi à 16 heures. Ça me laisse amplement le temps de flâner en ville. Aujourd'hui, c'est jour de marché. Ça fourmille de paysans indiens qui viennent faire leur courses. Malgré le zoom, j'ai encore du mal à "shooter" le portrait des gens. Pourtant, il faut se forcer car les meilleures photos se font quand on ose. Mais il ne faut pas que ça gêne les gens. Et cette limite, elle n'est pas facile à trouver. Puis, je vais déjeuner dans un charmant petit restaurant de gastronomie locale tenu par des indiens. Un peu cher mais très bon. À partir de 14 heures, les rues redeviennent désertes. Je retourne à l'hôtel pour attendre l'heure du départ de mon bus. Un chouette bus d'ailleurs. Une fois n’est pas coutume. Comme il n'y a pas grand monde, je m'assoie tout devant. J'adore cette place. On est comme au cinéma grand écran. On ne met qu'une heure pour parvenir à Punamarca. J'étais déjà passé dans ce village lors de mon circuit aux Salinas Grande. C'est un lieu très touristique et le prix des hôtels s'en fait ressentir. J'en trouve un sans grand charme mais la jeune fille de l'accueil est gentille. Je lui propose de l'épouser et de venir voyager avec moi. Elle me rétorque que ça la branche bien mais il faut qu'elle case son mari et ses deux enfants. Je lui laisse la nuit pour réfléchir. Le soleil commence à se coucher dernière les montagnes. Nous tombons dans l'obscurité rapidement. Pas très bon pour les photos. Je vais me coucher aussi.

dimanche 8 novembre 2009

Iruya

 Aujourd'hui, je veux aller à Iruya. Un petit village complètement perdu dans le nord, non loin de la frontière bolivienne. Il parait que la route est magnifique. Le bus n'est plus tout jeune mais il a l'air costaud. Les fenêtres ne ferment pas complètement. Ça caille un peu. Il y a pas mal de routards assez jeunes. Ça parle toutes les langues. Le bus sert aussi aux indiens pour se rendre d'un village à un autre. Le mélange est cocasse. Tout d'abord, nous empruntons la route nationale goudronnée qui va en Bolivie sur 50 kms, puis nous bifurquons à droite pour 47 kms de piste. Elle est très sinueuse. Il parait qu'elle est impraticable pendant la saison des pluies. Ça ne m’étonne pas car nous traversons de nombreux rios à sec qui doivent être de vrais torrents lorsque la pluie tombe. Nous passons un col à 4 000 mètres d'altitude puis redescendons dans la vallée par une route vertigineuse. Il ne faut pas avoir le vertige. Les paysages sont grandioses. Très semblables à ceux de Bolivie. Un pneu arrière crève. C'est le chauffeur qui change la roue. On en profite pour prendre des photos. J'ai enfin trouvé la technique pour en prendre des pas trop floues à travers la vitre du bus. Le résultat n'est pas si mal. On bouffe un paquet de poussière à cause des fenêtres qui ferment mal. Au bout de 2 heures et demi de piste vertigineuse, on arrive enfin à Iruya. C'est un petit village paisible entouré de montagnes. Les rues sont empierrées et les maisons sont en pisé. Les indiens sont totalement indifférents à notre présence. Ils ne disent presque jamais bonjour. C'est comme si on n'était pas là. Particulier. On aperçoit facilement des condors qui volent autour des montagnes. Mon zoom n'est pas suffisant pour les distinguer correctement. Je déjeune dans un petit « comedor ». Du poulet avec des petites patates du coin. Elles ont un goût sucré bizarre mais bon. Je prends le bus du retour vers 15 heures. Je m'assoie de manière à voir l'autre coté qu'à l'aller. Le soleil ayant changé lui aussi de coté, j'ai l'impression de découvrir de nouveaux paysages. La montée au col est impressionnante. A force d'avaler la poussière, j'ai la gorge sèche et le nez bouché. On arrive à Humahuaca vers 18 heures. J'aurai passé 6 heures de bus dont 5 de pistes bien costauds. Après une bonne douche pour me décrasser, je vais aller manger un bon steak de lama au resto d'hier soir.

samedi 7 novembre 2009

Humahuaca

 Ce matin, il y a de l'orage et il pleut. C'est plutôt une bonne chose car, ici, la sécheresse dure depuis un bon moment. Ça manque d'eau. Mais ce n'est pas cette petite pluie qui va changer grand chose. Elle mouille à peine les rues. En quelques minutes, c'est déjà sec. Par contre, l'air s'est bien rafraîchi. Je quitte l'hôtel en faisant une grosse bise à la patronne. Elle est marrante et elle rigole tout le temps. Elle me promet de venir un jour à Paris. Je prends un taxi pour me rendre à la gare routière. J'apprends que le seul bus direct pour Humahuaca est parti tôt ce matin. J'en prends donc un autre pour Jujuy et de là, j'en trouverai bien un autre pour monter à Humahuaca. Enfin, j'espère. Lorsqu'on achète un billet, ils nous réservent systématiquement la place dans le bus sur leur écran d'ordinateur. On peut ainsi choisir sa place en fonction des disponibilités. En haut, en bas, devant, derrière, couloir ou fenêtre. Mais en fait, le numéro des places ne correspond pas toujours à la réalité. La route de Jujuy n'est pas très intéressante, surtout sous la pluie. Arrivé à la gare routière de Jujuy, je trouve aisément un bus pour Humahuaca. Un bus tout pourri, mais il roule. À bord, il n'y a que des indiens. J'ai l'impression d'être le gringo dans une pub de café. Les indiens sont plutôt réservés et pas très communicatifs. Je m'en étais déjà rendu compte en Bolivie. La route monte doucement mais surement le long de la Quedabra de Humahuaca, un magnifique massif montagneux. Malheureusement, on est dans le mauvais temps. Donc, pas beaucoup de visibilité. Mais on finit par passer au-dessus des nuages. Grand ciel bleu et soleil. Je retrouve mes beaux paysages. Nous faisons une halte à Tilcara, un charmant village accroché à la montagne. Puis le bus repart pour les hauts plateaux. Humahuaca est à 2 936 m d'altitude. Il est 17 heures, le soleil commence à se coucher et le froid s'installe. Cela fait du bien après les grosses chaleur de Salta. Je trouve un petit hôtel très mignon fabriqué en pisé "Hostal La Sonada". Il est tenu avec soin et la déco locale est très jolie. Je vais faire un petit tour dans le village. C'est un endroit paisible. Il n'y a pas grand monde dans les rues. Le coucher de soleil sur les montagnes qui nous entourent est splendide. Je vais diner dans le restaurant de la gare routière. La patronne, une ravissante jeune femme, regarde un match de foot à la télé. Elle vit le match à fond. Je n'avais jamais vu une nana aussi mordue. C'est très marrant à voir. Un jeune couple accompagné de leur bébé de 7 mois s'attable à coté de moi. Ce sont des français, Sébastien et Aurélie, qui viennent de Cusco au Pérou en vélo. Ils ont traversé toute la Bolivie. Le bébé a sa petite carriole à l'arrière. Ils sont très sympathiques. Nous discutons jusqu'à tard le soir. Ils me racontent leurs aventures et moi les miennes. C'est génial ce qu'ils font. Apparemment, le bébé supporte très bien le voyage. Leur prochaine destination est Salta puis le sud. Peut-être nous reverrons-nous sur la route. Nous nous échangeons nos mails. Retour dans le froid et le vent à l'hôtel.

vendredi 6 novembre 2009

Cafayate

 Vers 9 heures, Santiago vient nous chercher pour aller visiter des caves à vin. Il faut savoir que Cafayate est la deuxième région viticole d'Argentine après Mendoza, plus au sud. Le climat doux de la région permet à la vigne de bien pousser. Ici, ils sont spécialisés dans le blanc, mais font aussi du rouge. Les propriétés viticoles sont très bien tenues. Propreté exemplaire. J'ai un peu de mal à goûter au vin si tôt le matin. Je préfère aller prendre des photos aux alentours. Santiago prend ses 2 bouteilles « cadeau » au passage. Nous lui faisons comprendre que la visite de 2 caves nous suffit amplement. Nous reprenons donc la route de Salta. Excellente route goudronnée d'ailleurs. Les paysages sont différents de ceux d'hier mais tout aussi beaux. Nous retrouvons les minibus de touristes sans que cela ne soit vraiment gênant. Santiago et Marcellus adorent parler politique. C'est intéressant et ça change du foot. Comme nous sommes redescendus en altitude, nous retrouvons la grosse chaleur. Nous apprécions la clim de la voiture. Nous avons la chance d'apercevoir quelques animaux sauvages. Un renard, un petit puma et un iguane qui traverse la route. Lors de notre déjeuner dans un restaurant au bord de la route, un type vient de tuer un serpent dont je ne me souviens pas du nom, mais qui est parait-il très dangereux. Un groupe de français assez bruyant déjeunent là aussi. Ils voyagent en motos (6 Transalp) et en 4x4. Ça doit être sympa. Nous arrivons en fin d'après-midi à Salta après avoir parcouru 520 kms. Quel circuit magnifique ! S'il ne faisait pas aussi chaud, j'aimerais bien refaire tout le parcours à pieds pour en profiter encore plus.

jeudi 5 novembre 2009

Cachi

Santiago, le chauffeur d'une Peugeot Partner, vient me chercher à l'hôtel à 7h30. Ouf, c'est bien une voiture et non un minibus. Parfait ! Mes compagnons de voyage sont Lee, un anglais qui ne parle qu'anglais, un couple de brésilien, Marcellus qui baragouine un peu l'anglais et l'espagnol, et sa femme d'origine japonaise qui ne parle pas. Enfin, pas beaucoup. Au début, les conversations se font en espagnol ou en anglais. Puis, petit à petit l'anglais domine pour que Lee puisse comprendre. Santiago le parle parfaitement car il a étudié un an à Miami. Que font un brésilien, un argentin et un anglais lorsqu'ils sont ensemble ? Ils parlent football. Ils comprennent assez rapidement que je suis une vraie burne sur le sujet. Je connais à peine Zidane et Platini, et encore... Pour eux, le joueur français qu'ils préfèrent, c'est Cantona. "This guy is crasy, we love him". En tout cas, ils sont tous très sympathiques. On rigole bien. Dès le début, les paysages sont fabuleux. J'ai la chance d'être assis devant, à coté du conducteur. Royal ! Dès qu'on lui demande, Santiago s'arrête pour qu'on puisse prendre photos. Bien entendu, il fait aussi les inévitables haltes aux boutiques touristiques, tenues essentiellement par des indiens ou des hippies. Apparemment, les chauffeurs sont payés au lance-pierre. Donc, pour mettre du beurre dans les épinards, ils ont un deal avec tous ces petits commerces. Ils leur amène leurs touristes, moyennant quoi ils se font offrir des petits cadeaux ou des repas gratuits. C'est de bonne guerre. Du moment qu'il nous arrête quand on le souhaite, nous acceptons la règle du jeux. Parfois, les boutiques d'artisanat peuvent être intéressantes. Par exemple, nous nous arrêtons dans une vieille maison en torchis qui fabrique des objets à base d'écorces de cactus morts. La route est magnifique. Les paysages changent à chaque tournant. Nous grimpons jusqu'à 4 000 mètres d'altitude. Nous avons la chance d'apercevoir 2 immenses condors en vol. Impressionnant ! La route est plutôt bonne jusqu'à Cachi. Sur les sommets aux alentours qui font plus de 6 000 mètres d’altitude, il y a de la neige éternelle. Malheureusement, ça ne rend pas bien sur les photos. Juste avant Cachi, il y a une forêt de cactus. Ça vaut le coup d'œil. Il n'y a pas grand chose à voir à Cachi, un charmant petit village, hormis sa jolie place de village et son église. C'est là que s'arrêtent tous les touristes avant de retourner sur Salta. Après Cachi, le goudron s'arrête et la piste commence. Il y a, certes, un peu de tôles ondulées, mais dans l'ensemble, elle est plutôt bonne. À partir de maintenant, les bus ne passent plus et donc moins de touristes. Il y a 200 kms pour aller à Cafayate. Les paysages sont tous somptueux. On se croit sur une autre planète. Je me régale en photos. Mais il y a tellement de choses magnifiques à voir qu'on ne sait plus où donner de la tête. Je mitraille. Le choix des photos à mettre sur le web va être très compliqué. On aurait presque envie de poser une caméra sur le toit de la voiture et de tout filmer intégralement. Nous traversons des petits villages balayés par le vent et la poussière. De quoi vivent les gens ici ? Il y a bien quelques vignes et champs d'alpha, une céréale pour l'alimentation des animaux. Peut-être aussi de l'élevage de chèvres et moutons. Nous avons droit à un coucher de soleil extraordinaire. La lumière sur les montagnes est presque divine. Nous arrivons à Cafayate, une petite bourgade, à la tombée de la nuit. On est bien fatigué mais content d'en avoir pris plein les yeux. Nous trouvons sans peine un hôtel et un restaurant pour diner. On nous sert de la barbaque en quantité gargantuesque. Comment font-ils pour manger tout ça ?

mercredi 4 novembre 2009

Les sculptures de Salta

 La température a baissé d'au moins 10°C. Ça devient tout à fait supportable. Je passe à l'agence de tourisme pour leur faire comprendre que je ne veux plus voyager en minibus. Je veux faire la boucle du sud qui passe par Cafayate, mais en voiture qui s'arrête quand on lui demande. Comme elle ne peut rien me proposer pour demain, je change d'agence. Chez le concurrent d'à coté, on me promet une excursion de deux jours à 4 personnes maximum avec un départ demain matin. C'est plus cher mais je n'hésite pas. On verra bien s’ils tiennent leur promesse demain. Je passe voir plusieurs oculistes car j'ai cassé un caoutchouc de mes lunettes. C'est pas dramatique mais si je trouve c'est mieux. Malgré tout le mal qu'ils se donnent, ils ne trouvent pas de pièce qui s'adapte à mes montures. Y a pas d'urgence. Je profite de mon passage dans le centre ville pour visiter une exposition de sculpture en plein air. J'aime bien.

mardi 3 novembre 2009

Las Salinas Grande

 Aujourd’hui, je pars faire une excursion dans le nord vers les grandes salines. C'est une boucle de 500 kms, dont la moitié de pistes assez merdiques. Le minibus vient me chercher à l'hôtel vers 7h30. Nous sommes une quinzaine à bord, la plus part argentins. C'est un peu beaucoup à mon goût, mais bon, un peu de tourisme de masse n'a jamais tué personne. Le plus gênant pour moi, c'est que ce type de transport s'arrête uniquement là où il y a des souvenirs à acheter. Ce dont je me fous complètement. Pour prendre des photos des beaux paysages, il faudra que je me contente de prises à travers la fenêtre. Notre chauffeur s'appelle Fernando "Hola Fernando !" et notre guide Mercedes "Hola Mercedes !". En plus d'être jolie, Mercedes fait très bien son job. Commentaires en espagnol et en anglais. Le début du parcours est splendide. Nous suivons le parcours du «Tren del nubes ». Une voie de chemin de fer qui devait aller jusqu’au Pacifique mais qui s’est finalement arrêtée à la frontière. Il ne sert aujourd’hui qu’à transporter les touristes une fois par semaine, le samedi. On traverse de vrais paysages de western. Des immenses cactus sont accrochés aux flans des montagnes. Ils poussent de quelques centimètres par an seulement. Certains d'entre eux doivent être au moins centenaire. A priori, ils sont protégés. Interdit de les couper. Puis, nous grimpons à un col de 4 000 mètres d'altitude pour nous rendre sur l'altiplano andin. Je retrouve des paysages connus de Bolivie. Immenses étendues désertiques entourées de montagnes. Sur la piste de tôles ondulées, le minibus se traine à 30 à l'heure tout au plus. Ça devient vite lassant. Pour éviter les secousses de la tôle, soit on roule très lentement, soit on roule à plus de 60 km/h pour surfer sur les crêtes. Le chauffeur a opté pour la première solution sans doute afin ménager le dos des touristes. Mais que c'est long… Au moins, on a ainsi le temps de voir les paysages. Au bout de 3 heures d'une interminable piste, nous arrivons dans un petit village minier perdu au milieu de nul part. On prend quelques sandwichs avant de repartir vers les grandes salines. Heureusement qu'il a quelques troupeaux de lamas, ânes, moutons et aussi quelques vigognes (petits lamas sauvages) pour casser la monotonie du voyage. Parfois, une petite ferme complètement paumée fait son apparition. Ici, les maisons sont faites en briques de pisé. Une sorte de mélange de terre et de paille. Les toits sont, comme souvent, en tôles ondulées. On arrive enfin aux grandes salines, les fesses décomposées. Je retrouve les paysages du Salaar de Iyuni en Bolivie. Grande étendue de sel blanc à perte de vue. Puis, après avoir gravis un col, nous redescendons par une route sinueuse mais goudronnée jusqu'à Punamarca. Ça tourne pas mal mais les montagnes sont splendides (Quebradas). On doit s'arrêter de temps en temps pour faire reposer les estomacs fragiles. Punamarca est un petit village touristique mais assez joli. Il est situé sous la fameuse "Montana Colorada". Il parait qu'elle a 7 couleurs différentes. Il parait... La nuit tombe et il y a encore 200 kms à parcourir avant d'arriver à Salta. C'est une très bonne route avec quelques tronçons d'autoroutes. Il est 22 heures lorsque nous apercevons les lumières de Salta. Belle journée bien crevante.

lundi 2 novembre 2009

Promenade dans Salta

 Aujourd'hui, c'est journée "glande". J'avais prévu d'aller voir des musées mais j'apprends qu'ils sont fermés le lundi. Je passe donc voir ma petite agence de tourisme pour organiser une expédition. J'opte finalement pour cette solution. La location d'une voiture me reviendrait aussi cher sans compter les risques, car je veux aller dans des endroits où les pistes sont plutôt en mauvaise état. Il y aurait deux autres personnes qui seraient intéressées pour faire le même circuit. Il s'agit de faire une boucle pour aller à Cafayate dans le sud en passant par Cachi. Il parait que les paysages de montagnes et de déserts sont fabuleux. Comme nous sommes en basse saison, les prix des excursions et des hôtels sont environ 30% moins chers. Une chose qui me marque ici en Argentine, c'est le nombre de cireurs de chaussures. Je ne me souviens pas en avoir vu au Brésil. Comme j'ai des chaussures en toiles, je ne suis pas trop sollicité. Après avoir fait une bonne promenade en ville, je rate la rue de mon hôtel et me retrouve bien plus au sud dans les quartiers populaires. Fatigué de marcher, je m'arrête dans une gargote pour savoir s'il est possible de manger une omelette et de la salade. Le type a l'air tout étonné de me voir là. J'ai dû dépasser le périmètre des touristes. Comme il n'a pas d'œuf, il me propose une salade avec du poulet froid. Cela me convient parfaitement. Je vais m'assoir à une table pourvue d'une nappe en plastique qui colle bien. Je sirote ma bière locale (Guilmès) d'un litre qui sort du frigo. Au début, on est que deux dans le resto, puis petit à petit, il se rempli complètement. Des gens simples comme je les aime. Le patron, toujours étonné de ma présence chez lui, me soigne comme un pape. Il me conseille de déguster son bouillon de poule maison pour faire passer le tout. Délicieux ! Je n'ose donner le montant de la cuenta tellement c'était peu cher. Je laisse un bon pourboire pour l'accueil. J'ai droit à une accolade en partant. Je suis un peu pompette à cause du litre de bière et du soleil qui tape bien. Mais j'arrive tout de même à retrouver le chemin de l'hôtel. Ça a été un bon moment.

dimanche 1 novembre 2009

Panorama de Salta

 Au petit déjeuner, je discute avec un jeune couple de belges. Il viennent d'arriver en avion de Bariloche, dans le sud de l’Argentine. Ils ont eu bien froid avec beaucoup de vent et de pluie. Ici, ils crèvent de chaud. Ils n'ont que 3 semaines de vacances. Comme ils veulent en voir un maximum, ils foncent partout. Le genre de voyage que je déteste. Moi, j'aime prendre mon temps. Comme dis le proverbe "Ménage ta monture et tu iras plus loin". Ce matin, je vais aller faire un tour sur la montagne qui domine la ville. Il y a un téléphérique qui monte là-haut. Malgré la chaleur, je tacherai de redescendre à pieds. Ils annoncent 38°C aujourd'hui. Comme on est dimanche matin, il n'a presque personne dans les rues. Tous les commerces sont fermés. Il me faut une petite heure de marche pour me rendre au pied du téléphérique. La montée dure à peine 10 minutes. Je discute dans la cabine avec deux couples d'argentins très sympas. Les argentins discutent d'une manière générale très facilement. On gravit les quelques 300 mètres d'altitude. Comme toujours le panorama sur la ville est splendide. La visibilité est réduite à cause de la chaleur. J'hésite même à redescendre à pieds tellement il fait chaud. J'ai oublié d'emporter une bouteille d'eau. Et puis tant pis, j’y vais. J’ai de grande chance d’être tout seul sur le chemin. Enfin, c'est ce que je pensais car, en fait, beaucoup de gens font la montée comme exercice, certains même en courant. On se croirait un dimanche matin au bois de Vincennes. Ils doivent perdre plusieurs kilos à chaque montée. Faut dire que certains en ont bien besoin. Finalement, j'ai bien fait, la descente se fait finalement assez facilement. Mais je crève de soif. Je vais me boire une bonne cerveza bien fraiche dans un bistrot climatisé de la plaza major. Sur le chemin du retour, je m'arrête dans une agence de tourisme pour savoir quelles excursions ils organisent. Il y a plusieurs circuits intéressants. J'hésite à prendre des circuits organisés ou louer une voiture pour quelques jours. Je me déciderai demain. Vers 15 heures, je rentre à l'hôtel pour la sieste obligatoire. On sent bien les 38°C.