jeudi 5 novembre 2009

Cachi

Santiago, le chauffeur d'une Peugeot Partner, vient me chercher à l'hôtel à 7h30. Ouf, c'est bien une voiture et non un minibus. Parfait ! Mes compagnons de voyage sont Lee, un anglais qui ne parle qu'anglais, un couple de brésilien, Marcellus qui baragouine un peu l'anglais et l'espagnol, et sa femme d'origine japonaise qui ne parle pas. Enfin, pas beaucoup. Au début, les conversations se font en espagnol ou en anglais. Puis, petit à petit l'anglais domine pour que Lee puisse comprendre. Santiago le parle parfaitement car il a étudié un an à Miami. Que font un brésilien, un argentin et un anglais lorsqu'ils sont ensemble ? Ils parlent football. Ils comprennent assez rapidement que je suis une vraie burne sur le sujet. Je connais à peine Zidane et Platini, et encore... Pour eux, le joueur français qu'ils préfèrent, c'est Cantona. "This guy is crasy, we love him". En tout cas, ils sont tous très sympathiques. On rigole bien. Dès le début, les paysages sont fabuleux. J'ai la chance d'être assis devant, à coté du conducteur. Royal ! Dès qu'on lui demande, Santiago s'arrête pour qu'on puisse prendre photos. Bien entendu, il fait aussi les inévitables haltes aux boutiques touristiques, tenues essentiellement par des indiens ou des hippies. Apparemment, les chauffeurs sont payés au lance-pierre. Donc, pour mettre du beurre dans les épinards, ils ont un deal avec tous ces petits commerces. Ils leur amène leurs touristes, moyennant quoi ils se font offrir des petits cadeaux ou des repas gratuits. C'est de bonne guerre. Du moment qu'il nous arrête quand on le souhaite, nous acceptons la règle du jeux. Parfois, les boutiques d'artisanat peuvent être intéressantes. Par exemple, nous nous arrêtons dans une vieille maison en torchis qui fabrique des objets à base d'écorces de cactus morts. La route est magnifique. Les paysages changent à chaque tournant. Nous grimpons jusqu'à 4 000 mètres d'altitude. Nous avons la chance d'apercevoir 2 immenses condors en vol. Impressionnant ! La route est plutôt bonne jusqu'à Cachi. Sur les sommets aux alentours qui font plus de 6 000 mètres d’altitude, il y a de la neige éternelle. Malheureusement, ça ne rend pas bien sur les photos. Juste avant Cachi, il y a une forêt de cactus. Ça vaut le coup d'œil. Il n'y a pas grand chose à voir à Cachi, un charmant petit village, hormis sa jolie place de village et son église. C'est là que s'arrêtent tous les touristes avant de retourner sur Salta. Après Cachi, le goudron s'arrête et la piste commence. Il y a, certes, un peu de tôles ondulées, mais dans l'ensemble, elle est plutôt bonne. À partir de maintenant, les bus ne passent plus et donc moins de touristes. Il y a 200 kms pour aller à Cafayate. Les paysages sont tous somptueux. On se croit sur une autre planète. Je me régale en photos. Mais il y a tellement de choses magnifiques à voir qu'on ne sait plus où donner de la tête. Je mitraille. Le choix des photos à mettre sur le web va être très compliqué. On aurait presque envie de poser une caméra sur le toit de la voiture et de tout filmer intégralement. Nous traversons des petits villages balayés par le vent et la poussière. De quoi vivent les gens ici ? Il y a bien quelques vignes et champs d'alpha, une céréale pour l'alimentation des animaux. Peut-être aussi de l'élevage de chèvres et moutons. Nous avons droit à un coucher de soleil extraordinaire. La lumière sur les montagnes est presque divine. Nous arrivons à Cafayate, une petite bourgade, à la tombée de la nuit. On est bien fatigué mais content d'en avoir pris plein les yeux. Nous trouvons sans peine un hôtel et un restaurant pour diner. On nous sert de la barbaque en quantité gargantuesque. Comment font-ils pour manger tout ça ?

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